=174=,
15, +Iour+.--St Pierre, dit-on, à un moment de son existence, ne
mangeait que des olives, et même que des mauves d’après St Grégoire de
Nazianze; mais avec, il mangeait du pain. PAYEN.
25, +Saisissant+.--La présence d’étrangers, même en petit nombre,
suffit à altérer l’âme d’un peuple. Ce fut l’infiltration pacifique
des Barbares, bien plus que leurs invasions guerrières, qui amenèrent
la transformation de la civilisation romaine; et c’est là un danger
pour les États-Unis qu’envahit l’émigration étrangère, aujourd’hui
presque entièrement composée d’éléments inférieurs; de 1880 à 1890,
ils ont reçu près de 6.000.000 d’émigrants.--Il en est de même de la
France, pays riche dont la population ne s’accroît plus (l’excédent des
naissances sur les décès n’a été en 1905 que de un sur mille), entouré
de pays pauvres dont la population s’accroît constamment et dont les
tendances à l’émigration sont favorisées par les exigences croissantes
de nos ouvriers qui les rendent nécessaires pour les besoins de
l’agriculture et de l’industrie. Ils n’étaient pas 400.000, il y a
cinquante ans; ils dépassent aujourd’hui un million et demi et arrivent
en rangs chaque jour plus pressés.--Parmi les moyens préconisés pour
ralentir ce mouvement, sont: le service dans la légion étrangère pour
ceux âgés de moins de vingt-cinq ans et ayant deux ans de présence;
une taxe militaire pour ceux plus âgés; suppression à peu près absolue
de la naturalisation; impôt du quart des revenus et des salaires pour
tous les individus d’origine étrangère, naturalisés ou non, établis en
France depuis moins de cinquante ans (G. Lebon).
26, +Sont+.--Add. des éd. ant.: _à la verité_.
=176=,
2, +Tettins+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 17.--Les éléphants
semblent prêter volontiers à des histoires de ce genre: JUBA en
mentionnait un qui aimait une marchande de parfums et lui versait dans
le sein les pièces de monnaie qu’il recevait; on en cite un autre qui,
passionné pour un jeune syracusain de l’armée de Ptolémée, refusait de
manger chaque fois qu’il ne le voyait pas.
4, +Glaucia+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 17.
6, +Parenté+.--OPPIEN, _Poème de la chasse_, I, 236.--VARRON dit:
«Il s’est produit à cet égard un fait incroyable. On voulait faire
saillir à un cheval la jument de laquelle il était né; ne pouvant l’y
amener, on lui couvrit les yeux; quand, après la monte, on les lui
découvrit, il se précipita contre un mur et se tua net» (V. N. =I=,
634: Desdaigner).
22, +Finesse+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 15; ELIEN, _Hist.
des anim._, VII, 42.--LA FONTAINE a traité ce sujet à peu près de même
façon dans sa fable «L’âne chargé d’éponges et l’âne chargé de sel».
=178=,
31, +Duello+.--Il s’agit ici de la guerre de Troie, l’événement
le plus célèbre des temps mythologiques.--Cette guerre causée par
l’enlèvement par Pâris, prince troyen, d’Hélène femme de Ménélas, roi
de Sparte, dura dix ans et se termina par la prise de la ville et la
destruction de ce royaume par les Grecs confédérés, sous les ordres
d’Agamemnon, roi d’Argos (1200 av.). V. N. =III=, 512: _Pomme_.
35, +Trouble+.--LA FONTAINE, dans sa fable des _Deux coqs_, a exprimé
la même idée à sa façon:
«Deux coqs vivaient en paix; une poule survint,
Et voilà la guerre allumée!
Amour, tu perdis Troie; et c’est de toi que vint
Cette querelle envenimée
Où du sang des dieux même on vit le Xanthe teint.»
45, +Futuam+.--Subjonctif de _futuere_, qui vient du grec φυτεύω
(je plante), signifiait accomplir l’acte de génération et uniquement
entre hommes et femmes; contrairement à _pædicem_ qui s’entendait du
commerce avec les garçons, parfaitement admis avant le christianisme;
_mentula_, membre indicateur du sexe masculin, est souvent employé dans
Martial. Le grave Théodore de Bèze, docteur du protestantisme, s’est
laissé aller à en faire le sujet d’une petite pièce qui ne manque pas
d’agrément (V. N. =III=, 208: Fouteau).
49, +Canant+.--Cette épigramme est de l’empereur Auguste; elle
nous a été conservée par MARTIAL, qui en la reproduisant dit, avec
juste raison, que ses propres vers n’offrent rien de pire. FONTENELLE
s’est risqué à la traduire, mais, à la différence du poète latin, il
a transformé les quelques mots, et particulièrement ceux relatifs à
Manius, qui constituent la satire la plus mordante à l’égard de Fulvie:
«Parce qu’Antoine est charmé de Glaphyre,
Fulvie à ses beaux yeux pense m’assujettir.
Antoine est infidèle: eh bien, serait-ce à dire
Que des fautes d’Antoine on me fera pâtir?
Qui? moi! Que je serve Fulvie!
Suffit-il qu’elle en ait envie?
A ce compte, on verrait se retirer vers moi
Mille épouses mal satisfaites.
Aime-moi, me dit-elle, ou combattons? Mais quoi,
Elle est bien laide! Allons, sonnez trompettes.»
=180=,
1, +Donné+.--Marguerite de France, femme du roi de Navarre, depuis
Henri IV, à laquelle, croit-on, Montaigne adressait cette apologie de
Sebond.--Sœur de Charles IX, son mariage, né de la politique, ne fut
pas heureux: mari et femme étaient aussi dévergondés l’un que l’autre:
leur union se termina par une annulation prononcée par le Pape en
1599. Longtemps Marguerite (Margot comme on l’appelait) s’y refusa,
«ne voulant pas, écrivait-elle en 1593 à Duplessis, que cette bagasse
(ancienne prostituée,--il s’agissait de Gabrielle d’Estrées) soit mise
à sa place sur le trône de France». Elle finit cependant par céder,
mais sa rivale n’en bénéficia pas: la demande d’annulation, faite en
février, fut prononcée en décembre; dans l’intervalle, en avril, la
favorite était morte subitement.
2, +Mouuements+.--C.-à-d. une armée.
3, +Lybico+.--Les anciens donnaient le nom de mer de Libye aux deux
golfes formés par la mer Méditerranée sur les côtes de la Tripolitaine
et de la Tunisie et qui, remplis de bas-fonds, étaient très redoutés
des navigateurs.
9, +Brouée+.--Brouillard épais, brume qui souvent règne l’hiver, dans
la matinée.
10, +Terre+.--PASCAL s’est inspiré de cette idée: «L’esprit du plus
grand homme du monde n’est pas si indépendant, qu’il ne soit sujet à
être troublé par le moindre tintamarre qui se fait autour de lui; il ne
faut pas le bruit du canon pour empêcher ses pensées, il ne faut que le
bruit d’une girouette ou d’une poulie.»
18, +Poëte+.--Allusion aux abeilles que chante Virgile, et aux
essaims desquels on se rend maître en les enfumant.
21, +Armes+.--PLUTARQUE, _Sertorius_, 6.--Ce ne fut pas contre Pompée
que Sertorius se donna l’avantage de combattre un adversaire aveuglé
par la poussière, mais contre les Caracitaniens, peuple d’Espagne,
qui s’étaient réfugiés dans de profondes cavernes creusées dans le
roc, dont il parvint à les déloger en plaçant devant l’entrée des tas
de terre qu’il avait remarqués se réduisant facilement en poussière
qu’un vent contraire, qui persista pendant deux jours, emporta dans
le repaire de l’ennemi qui, suffoqué, dut capituler (=82=).--Dans
les guerres d’Algérie, le maréchal Pelissier, alors colonel, eut
recours à un procédé analogue, pour avoir raison au Dahra (1845)
d’insurgés réfugiés avec leurs familles et leurs biens dans des gorges
inaccessibles. Il les y enfuma en mettant le feu à des broussailles
amoncelées à l’entrée; cinq cents périrent.
21, +Antigonus+.--Le fait s’est bien produit dans un combat entre
Eumène et Antigone et où le premier eut l’avantage; mais il fut
indépendant de sa volonté et profita également à son adversaire qui,
grâce à cette même poussière produite par le piétinement des chevaux
sur un sol sablonneux et qui obscurcissait la vue, sauva ses bagages
des mains de l’ennemi.
21, +Crassus+.--A la bataille de Carrhes, en Mésopotamie (Asie), où
les Romains, commandés par Crassus, furent vaincus par les Parthes et
perdirent 30.000 h. (=55=); la cavalerie adverse souleva des nuages si
épais de poussière que les Romains, sur lesquels le vent la faisait
refluer, ne pouvaient ni se voir, ni se parler; mais ce fut là un
fait qui n’avait pas été prémédité.--Inversement à la grande bataille
de Verceil où Marius anéantit les Cimbres (=101=), par suite des
mouvements de ces multitudes, une poussière intense s’éleva protégeant
les Romains contre les efforts de leurs adversaires, soutenant leur
courage en leur cachant la supériorité numérique considérable des
ennemis qui avaient encore ce désavantage d’avoir le soleil en face
et d’être incommodés par une chaleur (on était à la fin de juillet) à
laquelle ils n’étaient pas habitués. PLUTARQUE.
33, +Dire+.--Le roi Emmanuel, qui dirigeait ce siège, y fut blessé
d’une flèche; cette circonstance et le peu d’importance de la place le
décidèrent à lever le siège (1510).--Les gens de Tamly utilisant les
abeilles pour se défendre, eurent recours, certainement à leur propre
insu, à un procédé mentionné dans la Bible: «J’enverrai devant toi les
frelons, dit Jéhovah à Moïse sur le Sinaï, qui chasseront loin de ta
face les Hévéens, les Chananéens et les Héthéens». _Exode_, XXIII, 28.
34, +Sauatier+.--Savetier. Savatier, qui vient plus directement de
savate, prévalait jadis; c’est ainsi qu’on trouve dans Villon: «Et
vous, Blanche la savatière.»
34, +Moule+.--Cette phrase: «Les âmes des empereurs et des savetiers
sont jetées dans le même moule», a servi d’épigraphe en 1792 à un
journal de la Révolution, intitulé «Journal des Sans-culottes».--L’idée
s’en retrouve dans _La Servitude volontaire_ de LA BOÉTIE: «Nature le
ministre de Dieu et la gouvernante des hommes, nous a tous faits de
même forme, et, comme il semble, à même moule.»
37, +Importantes+.--«Quelquefois, quand les rois sont en conseil,
les peuples croient qu’ils parlent de changer le pôle arctique de
l’antarctique; et le plus souvent ils prennent des mouches» (MALHERBE),
ainsi que faisait Domitien qui, au début de son règne, s’enfermait
des heures entières dans son cabinet, se livrant à cette occupation.
SUÉTONE.--«Ces grandes et éclatantes actions qui éblouissent les
yeux, sont représentées par les politiques comme les effets de grands
desseins, au lieu que ce sont d’ordinaire les effets de l’humeur et
de la passion; ainsi la guerre d’Auguste et d’Antoine, qu’on rapporte
à l’ambition qu’ils avaient de se rendre maîtres du monde, n’était
peut-être qu’un effet de jalousie.» LA ROCHEFOUCAULD. On pourrait
inférer de l’épigramme d’Auguste: _Quod futuit Glaphyran..._, qu’a
reproduite Montaigne à la page précédente, que la guerre entre Antoine
et lui a été amenée par un caprice de Fulvie auquel il s’est dérobé,
mais il y a lieu d’observer que celle-ci est morte en =40=, alors que
n’avait pas encore éclaté leur rupture définitive dont fournirent
l’occasion les amours d’Antoine avec Cléopâtre, reine d’Égypte, qui
lui firent délaisser Octavie, sa seconde femme, sœur d’Octave (nom de
l’empereur Auguste avant son avènement à l’empire).--Pareillement,
cette visite de l’empereur d’Allemagne à Tanger qui, en 1905, fit de
la question marocaine une question européenne, visite attribuée à une
politique préconçue, est née d’une simple boutade, parce qu’on se
trouvait dans le voisinage, et que la mer était quelque peu forte.
Si elle n’avait pas eu lieu, trois grandes puissances ne seraient
pas revenues sur des accords déjà pris, nous ne nous retrouverions
pas avoir les mains liées à tout jamais à l’égard du Maroc et nous
n’aurions pas été réduits au ridicule d’accepter d’y exercer en
coopération la police sous le contrôle de l’Europe, tâche qui n’offre
que des difficultés en perspective, et où notre impuissance n’aura
d’égale que la responsabilité que nous assumons.
43, +Plus+.--«Les grands et les petits ont mesmes accidents, mesmes
fascheries et mesmes passions; mais les uns sont en haut de la roue,
les autres près du centre et ainsi moins agités par les mesmes
mouvements.» PASCAL.
43, +Ciron+.--Très petit insecte de la famille des parasites, qui
s’attache à la peau.
=182=,
8, +Iustice+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 12.--C’est sur
un acte de même nature que repose la légende du chien de Montargis:
«Sous Charles V, un gentilhomme aurait été assassiné dans la forêt de
Bondy; ce gentilhomme avait un chien qui, témoin du meurtre, après
l’avoir fait découvrir en s’obstinant à demeurer près du corps,
s’acharnant ensuite contre l’assassin chaque fois qu’il l’apercevait,
fit soupçonner la vérité. Un combat singulier fut ordonné entre eux,
et l’homme, vaincu, avoua son crime.» Mais le même fait, avec des
acteurs de même nom, se retrouvant dans une chanson de geste du temps
de Charlemagne, on estime aujourd’hui que la scène finale ne s’est pas
passée à Montargis, comme on le répète généralement, et que ce n’est
que parce qu’elle a été reproduite par hasard, en peinture, dans la
salle du château, lors de sa restauration par Charles VIII, que cette
croyance s’est formée.
10, +Maistre+.--PLUTARQUE, _ibid._; PAUSANIAS, IX, 31.
27, +Siecle+.--PLUTARQUE, _ibid._; ELIEN, _De Animal._, VII, 13.
30, +Spectateur+.--C’est AULU-GELLE, V, 14, qui rapporte le fait
comme le tenant d’Appion qu’il déclare sujet à caution; mais il est
confirmé par SÉNÈQUE qui dit: «Nous avons vu dans l’amphithéâtre un
lion qui, ayant reconnu un homme auquel il avait appartenu autrefois,
le protégea contre les autres bêtes qui allaient fondre sur lui.»
ELIEN, _De Animal._, VII, 48, en nomme le héros Androclès au lieu
d’Androdus.--Cet épisode a été mis en vers français.
=184=,
13, +Embatis+.--Je rencontrai, je gagnai. S’embattre, c’était arriver
fortuitement en un lieu, et aussi intentionnellement.
16, +Mussé+.--Caché, blotti; mot d’étymologie grecque.
24, +En hors+.--Désormais, depuis ce moment, dès lors.
35, +L’empereur+.--D’après Appion, cet empereur serait Caracalla;
mais si Sénèque en a été témoin, ce ne peut être que Néron ou l’un de
ses prédécesseurs. V. N. =II=, 182: Spectateur.
46, +Ora+.--PLINE, VIII, 42, affirme expressément lui aussi que les
chevaux pleurent quelquefois la mort de leur maître et assure que le
roi Nicomède ayant été tué, son cheval se laissa mourir faute de manger.
=186=,
7, +Escare+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 26.
12, +Barbiers+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 26.--Le barbier
est un poisson de mer du genre osseux.
17, +Balaine+.--Énorme cétacé qui atteint 20 à 25 mètres de long
et un poids de 100.000 kilos; sa peau a jusqu’à trois centimètres
d’épaisseur. Sa pêche, à peu près épuisée dans les mers du Nord,
s’effectue actuellement plutôt dans les mers australes; l’espèce tend
à disparaître. On utilise surtout, dans la baleine, l’huile, le lard
et les fanons, lames cornées, au nombre de 7 à 800, qui garnissent la
bouche.
19, +Guide+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 32.--Le requin
serait, pareillement, constamment accompagné d’un poisson, qu’on
appelle «pilote», jouant le même rôle.
28, +Gouuernail+.--Le caracal, carnassier du genre chat, qui a
l’odorat aussi développé que le lion l’a peu, en agirait à peu près de
même avec celui-ci. Faible, pas plus gros qu’un renard, il va devant
le lion, lui découvre une proie et l’en avertit; le lion met à profit
l’avertissement et laisse en rémunération une partie de la victime à
son batteur d’estrade.
39, +L’offenser+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 32; PLINE,
VII, 25; ELIEN, _De Animal._, III, 11, etc.--Le crocodile (V. N.
=II=, 148: Crocodile), dans l’eau, absorbe des sangsues; à terre,
des fourmis pénètrent dans sa gueule béante; les unes et les autres
s’y attachent sans que, en raison de la disposition de sa langue, il
puisse s’en débarrasser; le pluvier entre dans sa bouche et lui rend
service, becquetant ses dents, son palais, ses gencives. HÉRODOTE.--Un
autre oiseau, le piquebœuf, rend au buffle les mêmes offices: avide
des tiques qui le dévorent, il l’en débarrasse et celui-ci endure
patiemment des coups de bec dont il reconnaît l’utilité; de plus, si
l’oiseau aperçoit un chasseur, il pousse un cri et s’envole, ce qui est
un avertissement pour le buffle. _Cosmos._
40, +Nacre+.--La nacre n’est pas un coquillage, mais une matière
blanchâtre et brillante qui forme l’intérieur de beaucoup de coquilles
marines univalves et bivalves; la partie est ici prise pour le tout.
40, +Pinnothere+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 32; CICÉRON, _De
Nat. deor._, II, 48.--Le pinnothère est une espèce de crabe qui vit
ordinairement dans les coquilles des testacés bivalves.
=188=,
4, +Tuns+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 29, 31; ARISTOTE, _De
Animal._, VIII, 13; ELIEN, _De Animal._, IX, 42.--Le thon est un gros
poisson qui va par bande et se trouve principalement sur les côtes de
la Méditerranée.
5, +Mathematique+.--Ailleurs (=I=, 226 et N. Mathematique), Montaigne
compte quatre parties dans les mathématiques; ici, il en distrait la
musique qu’on y comprenait.
16, +Longueur+.--Les oies sauvages, dans leurs migrations, se forment
bien géométriquement en triangle, par bandes de quarante à cinquante
individus. L’oie qui est en tête fend la première la résistance de
l’air: cette fonction est très fatigante et, pour la remplir, toutes
se relèvent successivement, celle qui la quitte se mettant à la queue.
Lorsqu’elles s’arrêtent, quelques-unes font sentinelle et chacune y
passe à son tour.--Les canards sauvages voyagent aussi par troupes,
mais moins bien organisées et ne s’élevant pas aussi haut dans les airs.
23, +Luy+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 14.
27, +Mourir+.--ARRIEN, _Hist. Indic._, 14.
32, +Hoste+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 19.
37, +Halcyons+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 34; PLINE, X, 32;
ELIEN, _De Animal._, X, 17.--L’alcyon est un oiseau assez semblable à
l’hirondelle, qui fréquente la mer et les marécages.
=190=,
1, +Latone+.--Neptune, d’un coup de son trident, fit sortir cette
île du fond de la mer, pour assurer à Latone, persécutée par Junon, un
lieu où elle pût mettre au monde Apollon et Diane. Dans la suite, par
reconnaissance, Apollon, dont elle devint le sanctuaire principal, de
flottante qu’elle était, la rendit immobile. _Myth._
21, +Desmeut+.--Dérange, disjoint; du latin _dimovere_ qui a ce même
sens.
30, +Seulement+.--Cette description du nid de l’alcyon rappelle une
des plus gracieuses pages de saint François de Sales. Chez Montaigne,
la description est plutôt technique et scientifique, d’une grande
habileté, exacte et pittoresque; chez saint François de Sales, elle est
plutôt poétique, d’une grâce et d’une fraîcheur incomparables, et il
en tire des inductions mystiques, pleines de justesse, de charme et de
profondeur. ABBÉ SAGETTE.
=192=,
40, +Appetit+.--LA BRUYÈRE est d’un avis opposé; il dit au ch. _Des
femmes_: «L’agrément est arbitraire; la beauté est quelque chose de
plus réel et de plus indépendant du goût et de l’opinion.»
41, +Color+.--PROPERCE, II, 17, 26.--Les populations du N. de
l’Europe ont le teint plus pâle que celles du Midi, chez lesquelles
il est plus basané, ce qui peut tenir à ce qu’elles vivent davantage
au grand air, sous un soleil plus ardent, et à un effet d’atavisme se
joignant à cette cause première.
=194=,
9, +Oreille+.--WILLIAM DALTON rapporte qu’il est de coutume chez
les Bernias de se percer dans le lobe de l’oreille un large trou que,
suivant sa richesse ou sa position, chacun remplit par un ornement
d’or, d’argent, de papier doré et de bois; et qu’invariablement, quand
cette ouverture n’est pas occupée autrement, hommes, femmes et enfants
l’utilisent comme porte-cigarette lorsque, pendant qu’ils fument, ils
viennent à être interrompus dans cette occupation, y plaçant alors
machinalement le bout non allumé.
10, +Soing+.--L’usage du bétel, plante de l’Inde, dont les Hindous
mâchent les feuilles, produit cet effet.
14, +Pline+.--Livre IV, 13.
20, +Massiue+.--Chez les Hollandais, c’est bien autre chose encore;
on peut en juger en comparant les tableaux de Rubens, Rembrandt, etc.,
avec ceux de Raphaël, Léonard de Vinci, etc.
20, +Estrillée+.--Mince et svelte, ce que Montaigne appelle (=I=,
460) un corps bien espagnolé.
26, +Aualler+.--Comprendre, admettre, adopter; se dit encore
aujourd’hui dans ce sens en langage trivial: Faire avaler quelque chose
à quelqu’un, lui en conter.
26, +Boule+.--Dans le _Timée_; voir également CICÉRON, _De Nat.
deor._, I, 10.
=196=,
7, +Constitution+.--Décrites par PLATON et CICÉRON: par le premier
dans le _Timée_; par le dernier dans son traité _De la Nature des
dieux_, II, 54 etc.
13, +Vitales... c’est+.--Les éd. ant. port.: _et plus nobles, c’est à
ce que disent les médecins_.
17, +Excusables+.--Les éd. ant. aj.: _puis que l’homme n’auoit pas de
quoy se presenter nud à la veue du monde_.
20, +Soye+.--Les éd. ant. aj.: _et autres commoditez empruntées_.
25, +Libre+.--Add. des éd. ant.: _connoissance_.
31, +Refroidie+.--Les éd. ant. port.: _desgoutée_.
32, +Cognoissance+.--Var. des éd. ant.: _iouyssance_.
33, +Autres+.--C’est ce qu’exprime cet adage ancien:
«Après trois jours, l’homme s’ennuie
De femme, d’hôte et de pluie.»
=198=,
4, +Ordre+.--C.-à-d.: ce que je dis là ne concerne que le commun des
hommes et des femmes, et je ne serai pas sacrilège au point...
5, +Sacrilege+.--Var. des éd. ant.: _Temeraire_.
8, +Terrestre+.--Compliment à l’adresse de la reine Marguerite. V. N.
=II=, 180: Donné.
13, +Raison+.
«De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air,
Qui marchent sur la terre ou nagent dans la mer,
De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome
Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme.»
BOILEAU, _Sat._, VIII.
17, +Faire+.--Les Latins disaient: «Se bien porter, est la première
des choses»; les Grecs: «Qui n’a santé, n’a rien»; c’est ce que nous
disons tous quand nous l’avons perdue.
18,--+Stoïque+.--PLUTARQUE, _Des communes conceptions contre les
Stoïciens_.
23, +Circé+.--A fourni à l’_Odyssée_ d’HOMÈRE un de ses principaux
épisodes: Ulysse ayant abordé dans son île (l’île d’Æa, au S. de
l’Italie), elle transforma, par ses breuvages enchantés, tous ses
compagnons en pourceaux; seul il échappa, grâce à un antidote que
Mercure lui avait donné. Devenue éprise de lui, Circé rendit à ses
compagnons leur forme première et les retint près d’elle une année
entière.
36, +Abandon+.--Cette phrase, ainsi qu’en témoigne du reste sa
contexture, est une ironie de la part de Montaigne.
38, +Vaine fantasie+.--L’éd. de 80 port.: _biffe et piperie_.
41, +Insensé+.--Les éd. ant. aj.: _C’est donc toute nostre perfection
d’estre homme_.
=200=,
3, +Discours+.--C.-à-d. par de bonnes raisons.
5, +Societé+.--Voir N. =II=, 170: Nous.
11, +Surpayé+.--Exalté cette belle raison.
15, +Socrates+.--XÉNOPHON, _Mémoires sur Socrate_, I, 4, 12.--L’éd.
de 88 port.: _la philosophie_.
34, +Grecs+.--Varron et Aristote.--Varron, homme de loi, fut aussi
tribun du peuple, exerça un commandement militaire en Espagne; d’une
immense érudition, était surnommé par ses contemporains «le plus savant
des Romains»; a écrit plus de cinq cents volumes dont il ne nous reste
que fort peu.--Aristote, V. N. =I=, 32: Aristote.
=202=,
1, +Sienne+.--Aristote fut l’objet de nombreuses imputations, mais
qui sont loin d’avoir été prouvées. On a dit que, dans sa jeunesse,
il avait dissipé son patrimoine; qu’à Athènes, il aurait joué le rôle
d’espion, lorsqu’en 348 av. J.-C. la guerre éclata entre les Athéniens
et Philippe de Macédoine; qu’il aurait comploté contre Alexandre, parce
que Callisthène, son parent et disciple, s’était attiré la haine de ce
prince; enfin, il fut accusé d’impiété comme ayant rendu un culte à sa
femme, en l’érigeant en divinité à l’égal de Cérès.
4, +Rigent+.--«Au jeu d’amour, le muletier fait rage,» répond LA
FONTAINE.
11, +Tient... choses+.--Var. des éd. ant.: _est encore moins_.
13, +Plus comme+.--L’ex. de Bordeaux ajoute: _la beauté_.
36, +Epicurus+.--Ou plutôt l’épicurien Colotès, ainsi qu’on peut voir
dans le traité que PLUTARQUE a écrit contre lui.--Un autre philosophe
de cette même école a dit: «Si tous les hommes pouvaient voir les
choses de la même manière et se ressouvenir à propos du parti le plus
utile à prendre, ils n’auraient pas besoin de lois.»
=204=,
1, +Cuider+.--La présomption, la prétention, une confiance exagérée
en soi.
5, +Sereines+.--Par la douceur de leur chant, les Sirènes
entraînaient les voyageurs pour lesquels elles étaient invisibles à se
précipiter dans la mer, où ils se noyaient.--Dans l’_Odyssée_, XII,
188, Ulysse, prévenu, ne leur échappe qu’en bouchant avec de la cire
les oreilles de ses compagnons et se faisant attacher lui-même au mât
de son navire. V. aussi CICÉRON, _De Fin._, V, 18.
11, +Cecy+.--Add. des éd. ant.: _pour le moins_.
14, +Nous+.--Var. des éd. ant.: _La science ne nous décharge point de
douleur, de crainte, de desir et de reume_, au lieu de: «Mais... nous».
17, +Pituita+.--Pituite; humeur blanchâtre et visqueuse que, dans
certaines indispositions, on rejette par la bouche.
20, +Presumption+.--L’éd. de 80 aj.: _et la gloire_.
20, +Epictete+.--_Manuel_, 11.
26, +Braues+.--C.-à-d.: entendez ce pauvre et malheureux animal faire
le brave, se pavaner.
31, +Offense+.--CICÉRON, _Tusc._, I, 26.
=206=,
7, +Cestuy-cy+.--Lucrèce. Un breuvage que lui donna sa femme ou sa
maîtresse lui troubla la raison et il finit par se donner la mort.
_Chron._ d’EUSÈBE.
9, +Sapience+.--«Folie et génie sont congénères»; c’est une
des applications fréquentes de cet autre proverbe: «Les extrêmes
se touchent», et les exemples à l’appui sont nombreux. En tout
cas, il faut reconnaître que beaucoup d’hommes de génie et de
personnages illustres se sont trouvés affectés d’une demi-aliénation
mentale et sujets à un état anormal du système nerveux: Socrate,
Malebranche, Newton, Descartes, J.-J. Rousseau, Le Tasse, étaient
hallucinés; Lucrèce, Pierre le Grand, Balzac, Michel-Ange étaient
maniaques.--CICÉRON dit qu’«il ne se trouve pas d’esprit sublime sans
quelque mélange de folie, et que la mélancolie est le propre des
natures excellentes».--Mme DE STAEL: «La mélancolie est le sceau du
génie.»
10, +Choses+.--CICÉRON, _Acad._, II, 23.
11, +Mortels+.--CICÉRON, _De Fin._, II, 13.
12, +Dieu+.--PLUTARQUE, _Des communes conceptions_, etc., 30.
14, +De soy+.--Add. des éd. ant.: _et aquis par ses estudes_.
17, +Surmonte+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 23, à la fin.
19, +Il n’y a+.--Les éd. ant. font précéder ces mots de: _et
toutesfois ie reconnoy qu’il_.
27, +Poules+.--Il usera jusqu’à épuisement de toutes ses
ressources.--«Faire de ses œufs poules», c’est s’abuser sur sa
richesse, ses ressources; c’est un proverbe qui a le même sens que le
proverbe anglais: «Tout homme prend ses oies pour des cygnes.»
28, +Chemise+.--Proverbe; c.-à-d. le réduire à la pauvreté la plus
absolue, presque à la nudité.
32, +Mal+.--CICÉRON, _Tusc._, II, 25.
34, +Secte+.--Add. des éd. ant.: _ce n’est que vent et paroles_.
35, +Carneades+.--CICÉRON, _De Fin._, V, 31.--Un des familiers
d’Épicure, par suite, autre que le fondateur de la nouvelle académie
qui est postérieure de 60 ans à ce dernier.
=208=,
5, +Stoïques+.--Le fait est donné par CICÉRON, _Tusc._, II, 25, qui,
dans un autre passage, dit que ce même philosophe, ayant mal aux reins,
criait à tue-tête que tout ce qu’il avait jugé auparavant de la douleur
était faux.
6, +Rabattre+.--Les éd. ant. aj.: _quelque chose des pointes de la
douleur et de_.
8, +Pyrrho+.--DIOGÈNE LAERCE, IX, 69.--Pyrrhon, chef de l’école des
Sceptiques, posait en principe que rien n’est certain; qu’à chaque
proposition on peut opposer une proposition contraire également
probable; que, par suite, le sage doit suspendre son jugement et tout
soumettre à l’examen (en grec Σκέπτις). On a prêté à Pyrrhon mille
folies que dément la réputation de sagesse dont il jouissait auprès de
ses contemporains.
17, +Naturelle+.--Add. des éd. ant.: _Certes la cognoissance nous
esguise plutost au ressentiment des maux qu’elle ne les allege_.
19, +Ignorance+.--Certains ont voulu voir là une allusion à la
castration; le texte s’explique cependant très bien sans semblable
hypothèse; de ce que l’enfant ne s’attend pas à une opération quelle
qu’elle soit, qu’on va lui faire subir, et que chez un cheval, il ne
s’en rend pas compte davantage, n’éprouvant pas d’appréhensions, ils
s’en défendent moins.
22, +Discours+.--Sorte de gens sur lesquels, dans _Le Malade
imaginaire_, Molière a si spirituellement exercé sa verve satirique.
23, +Science+.--C’est la médecine que Montaigne met ici en cause; ce
qu’il indique lui-même plus loin, en ajoutant du reste que ce qu’il en
dit s’applique à toutes autres.
27, +Indisposition+.--Critique à l’adresse de la chiromancie qui,
ainsi que l’astrologie, avait encore nombre d’adeptes à cette époque.
=210=,
2, +Philosophes+.--Des philosophes sceptiques. V. N. =II=, 208:
Pyrrho.
13, +Viure+.--Allusion aux avances qui lui étaient faites pour
obtenir qu’il rentrât dans la vie publique, dont il s’était déjà retiré.
14, +Maladies+.--Les éd. ant. aj.: _et de foiblesse_; et 80 aj. en
plus: _Les hommes engagés au seruice des Muses m’en sçauroient bien que
dire_.
24, +Homme+.--Idée qu’a traduite La Fontaine. V. N. =II=, 202:
_Rigent_.--Avant Montaigne et lui, MAROT avait dit:
«Six ou sept fois, ce n’est point le mestier
D’homme d’honneur; c’est pour le muletier.»
=212=,
14, +Ouurages+.--Un oratorien, Thomassin (1619 à 1695), homme d’une
érudition profonde, qui avait fait de nombreuses conférences sur les
Pères de l’Église, les conciles, l’histoire, oublia sur la fin de sa
vie tout ce qu’il avait su et ne se souvenait même plus d’avoir rien
écrit. PAYEN.
15, +Informes+.--Il s’agit ici du Tasse, l’auteur de la _Jérusalem
délivrée_, qui, lorsque Montaigne voyageait en Italie, en 1580, était
enfermé comme fou dans un couvent de Ferrare où il demeura ainsi
pendant sept ans, de 1579 à 1586. Le texte pris à la lettre implique
que Montaigne l’a vu dans sa prison et la gravure a reproduit cette
visite; néanmoins il ne semble pas qu’elle ait eu lieu et il n’en dit
rien dans son journal de voyage. Le mot «voir» serait, dans ce cas, mis
pour avoir appris, savoir, sens dans lequel il est assez fréquemment
employé, en parlant d’un fait accompli.
18, +Assagir+.--St PAUL, _Épître aux Romains_, a dit de même en
renversant la proposition: «Ils allaient disant vouloir devenir des
sages, ils sont devenus des sots.»--Assagir, rendre sage, n’est pas
demeuré dans la langue française, qui a retenu abestir, rendre bête,
stupide; dans La Boétie, on trouve de même formation assotir, pour
rendre sot.
19, +Guider+.--«Prenez de l’eau bénite, faites dire des messes, cela
vous fera croire et vous abêtira; étrange moyen de nous rapprocher de
Dieu, que d’étouffer la raison qui est un don de lui et nous fait à son
image.» PASCAL.--TERTULLIEN n’a-t-il pas dit: «_Credo quia absurdum_
(_j’y crois par cela même que c’est une absurdité_)»;--et BOSSUET:
«Nous ne sommes capables d’entendre Dieu, que par une entière cessation
de notre intelligence»;--JOUBERT: «Ferme les yeux et tu verras»;--HUET:
«Pour arriver à croire, il est utile de ne pas croire»;--DIDEROT:
«Le premier pas vers la philosophie, c’est l’incrédulité»;--la reine
CHRISTINE: «En matière de foi, il faut se crever les yeux pour voir
clair»;--enfin l’Évangile: «Heureux les pauvres en esprit, car le
royaume des cieux est à eux.»
24, +Fuir+.--Les éd. ant. port.: _à desirer qu’à craindre_, au lieu
de: «à coup qu’à fuir».
32, +Valentem+.--Ces vers sont tirés de la _satire_ de LA BOÉTIE,
dont il a été question liv. I, ch. XXVII, =I=, 306.
34, +Volupté+.--La secte d’Épicure.--Les éd. ant. aj.: _et l’a montée
à son plus haut pris_.
36, +Auoir de bien+.--Var. des éd. ant.: _heureux bien estre_.
38, +Mali+.--Citation que Montaigne fait précéder de sa traduction.
=214=,
7, +Plombée+.--Dans un tel état d’apathie.
13, +Sentir+.--CICÉRON, _Tusc._, III, 7.
=216=,
1, +Soufferts+.--CICÉRON, _Tusc._, III, 45.
2, +Oubly+.--C’est pourtant là le moyen le plus efficace, peut-être
le seul de retrouver le calme et de n’être pas trop malheureux.
Ressasser constamment, au contraire, en son esprit, les griefs vrais ou
imaginaires que l’on peut avoir contre les hommes ou contre les choses,
rend l’existence insupportable. «Ce qui est passé, est mort,» dit un
proverbe arabe; et, quand on s’y applique, il n’est pas si malaisé que
le dit Montaigne. La nature nous y aide, en atténuant avec le temps nos
souvenirs; mais il faut pour cela écarter résolument et aussi souvent
qu’ils se présentent à nous, les sujets dont nous voulons nous dégager;
et, si nous y joignons une occupation suivie qui empêche que nous ne
demeurions sans cesse en tête-à-tête avec nos pensées, sur ce point
comme sur bien d’autres, la volonté finit par avoir raison de toute
obsession, quelle qu’elle soit.
13, +Perdre+.--«On s’en souvient, en songeant qu’il faut qu’on
l’oublie.» MONCRIF.
17, +Ausus+.--D’Épicure.
31, +Acceptassent+.--Il est douteux que semblable marché soit accepté
de quiconque a encore du sang dans les veines. Cette vie agréable et
tranquille que les Italiens qualifient de _vita del beato porco_ (_vie
béate du porc_) ne saurait convenir à qui a du cœur et se sent capable
de faire mieux, état d’âme que RACINE a mieux su rendre que Montaigne,
quand il fait dire à Achille:
«Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d’ans sans gloire,
Ou peu de jours suivis d’une longue mémoire;
Mais, puisqu’il faut enfin que j’arrive au tombeau,
Voudrais-je, de la terre inutile fardeau...
Et toujours de la gloire évitant le sentier,
Ne laisser aucun nom et mourir tout entier?»
=218=,
7, +Desplaisir+.--Cette histoire et celle de Lycas qui précède sont
tirées d’ATHÉNÉE, XIII.
9, +Βίος+.--Montaigne a traduit ce vers avant de le citer.
10, +Ecclesiaste+.--Ch. 1, versets 17 et 18.
18, +Resiste+.--Le commencement de cette citation est un passage
altéré de Sénèque; le reste est de Cicéron.
20. Cette réflexion sur la transformation du B en V ne doit s’appliquer
ici qu’à _bibat_; introduite dans _abeat_, elle n’aurait aucun sens;
le proverbe latin: «_Aut bibat, aut abeat_ (_qu’il boive ou qu’il
s’en aille_)» qui signifie: «Il faut s’accoutumer à l’humeur de ceux
avec qui on vit ou s’en séparer», devient alors avec la prononciation
gasconne: «_Aut vivat aut abeat_ (_qu’il vive ou qu’il meure_).»--C’est
cette même transformation de lettres familière aux Gascons qui a fait
dire d’eux: «_Beata gens, cui bibere idem est ac vivere_ (_Heureuses
gens pour qui boire et vivre ne font qu’un_)»; ou encore: «_Felices
quibus bibere, vivere est_ (_Heureux ceux pour lesquels boire, c’est
vivre_).»
32, +Pendre+.--PLUTARQUE, _Contredits des philosophes stoïques_, 14.