CHAPITRE XII.

+Chapitre XII+.--Le plus long et, au jugement de bien des gens, le

plus important et le plus curieux des Essais.--RAYMOND SEBOND, dans

son ouvrage la _Théologie naturelle_, ou _Livre des créatures_, paru

pour la première fois en 1487, écrit en un latin barbare, et qui

fut condamné au concile de Trente, a voulu démontrer que les seules

lumières de la raison suffisent, sans la révélation, pour admettre

les bases de la religion, à l’encontre de ceux qui soutiennent, au

contraire, qu’on ne peut prouver par des moyens humains l’existence

de Dieu et de sa Providence. Il voit la preuve de son assertion dans

l’infériorité et la soumission de tous les animaux vis-à-vis de

l’homme, qui ne peut avoir reçu que d’un Dieu cette supériorité en

toutes choses, d’où il conclut à quels devoirs de reconnaissance il

est tenu envers son Créateur et qu’il peut s’élever jusqu’à lui, par

l’observation de ses commandements.--Montaigne, lui, dans ce chapitre,

fait plus l’apologie de la religion révélée que celle de l’ouvrage de

Sebond, il tient à l’encontre de celui-ci que notre première illusion

est de nous imaginer supérieurs aux autres animaux; leurs actes sont

de fait semblables aux nôtres: Nous prétendons que c’est l’instinct

seul qui les guide; quel avantage, si cela est, n’ont-elles pas sur

nous, de faire d’elles-mêmes ce à quoi notre raison nous conduit

d’un pas si incertain et sans toujours aboutir? Puis, laissant les

bêtes, il s’attache à l’homme lui-même; nous montre les mieux doués,

ceux-là mêmes qui ont fait de la raison l’étude de toute leur vie, en

arriver à reconnaître que l’esprit humain est hors d’état d’atteindre

à la vérité et de la distinguer de l’erreur. Passant en revue, d’une

manière succincte et un peu confuse, mais cependant complète, les

systèmes philosophiques des anciens et, sous prétexte de défendre

Sebond qu’il a traduit, exposant ses propres idées, il va, en réalité,

directement à l’opposite de la pensée et du dessein de l’auteur qu’il

prétend appuyer; il fait ressortir de quelle incertitude est empreint

le témoignage de nos sens, par lequel nous communiquons avec ce qui

est en dehors de nous; combien la raison est elle-même limitée dans

ses connaissances, que d’erreurs elle commet dans ses déductions; et,

devant son impuissance à conduire l’homme à aucune vérité certaine,

il conclut que dans le chaos des contradictions humaines, la foi en

la religion chrétienne apparaît comme le parti le plus simple et le

plus probable; et il l’adopte, non par conviction, mais par esprit

de conduite et par insouciance, s’y abritant comme dans un port

tranquille où il cherche le repos et un certain engourdissement de

l’âme. En somme, il sacrifie la philosophie à la théologie, acceptant

et mettant hors de cause tout ce que la foi nous enseigne, à l’opposé

d’Abailard qui soutenait «qu’il ne faut croire que les choses qui se

peuvent prouver par des raisons naturelles», ce qui, du reste, le fit

considérer comme hérétique; mais les motifs qui le font se montrer

aussi exclusivement chrétien, c’est encore chez lui du scepticisme,

c’est uniquement parce que la raison humaine courte et débile ne le

mène à rien et que l’Église assure l’avenir, sans qu’il ait à s’en

inquiéter davantage.--Scaliger, qui était un critique de parti pris de

Montaigne, dit de ce chapitre: «Il y a de tout, et cela produit le même

effet que Magnificat à matines.»

+Sebonde+.--Montaigne écrit indifféremment Sebon, Sebond, Sebonde,

Sabonde.

15, +Contens+.--DIOGÈNE LAERCE, VII, 165.

17, +L’ignorance+.

«Du vieux Zénon l’antique confrérie

Disait tout vice être issu d’ânerie.»

=112=,

8, +Luther+.--A la suite de persécutions amenées par une protestation

de sa part contre la vente des indulgences, Luther se sépara de

l’Église catholique, ne reconnaissant d’autre autorité que celle

des livres saints, attaquant le Pape et l’Église romaine, les vœux

monastiques, le célibat des prêtres, la hiérarchie ecclésiastique, la

possession de biens temporels par le clergé, rejetant le culte des

saints, le purgatoire, les commandements de l’Église, la confession,

le dogme de la transsubstantiation, la messe, la communion sous

une seule espèce, ne conservant d’autres sacrements que le baptême

et l’eucharistie sous les deux espèces.--Excommunié en 1520, il

n’en devint que plus ardent, parcourut l’Allemagne, propageant ses

idées nouvelles; il fit de nombreux prosélytes qui résistèrent aux

persécutions par les armes et, après de nombreuses vicissitudes, ses

sectateurs obtinrent définitivement, par la paix de Nimègue (1582), la

liberté de conscience. Conséquent avec lui-même, Luther s’était marié

en 1526.--Vers 1538, Calvin se faisait, en Guyenne, l’initiateur de

cette même doctrine.

12, +Atheisme+.--En matière d’athéisme, les hommes, à peu près dans

tous les temps, ont communément traité d’athées ceux qui simplement ne

pensent pas comme eux; si bien que, de fait, nous en sommes arrivés à

confondre dans une même acception ces deux termes de théiste et d’athée

qui, grammaticalement parlant, sont tout l’opposé l’un de l’autre.

En fait, l’athée n’existe pas; il n’est personne qui nie l’existence

d’un principe inconnu, qui n’a pas eu de commencement, qui n’aura pas

de fin et qui fait que l’univers existe; mais son essence, la façon

dont il s’exerce, la raison d’être de toutes ses créatures, des mondes

et des êtres animés et inanimés dont ils se composent, échappent à

la faiblesse de notre intelligence, et tous nous errons quand nous

cherchons à le pénétrer, parce qu’il est au-dessus de toute conception

de notre part et que nous n’avons de données sur ce point que de

soi-disant révélations contestables et contestées. En cette recherche

stérile qui ne saurait aboutir et qui ne conduit à aucun résultat autre

que le doute, non sur l’existence de Dieu, mais sur sa nature et sur

notre fin, l’esprit humain s’égare et s’attriste; reste la foi, mais la

foi ne se commande pas.

12, +Vulgaire+.--Les éd. ant. aj.: (_et tout le monde est quasi de ce

genre_).

14, +Mesmes+.--Les éd. ant. aj.: _et par la raison_.

32, +Foible+.--C’est le cas des Essais traduits en langage de nos

jours. Le style de l’auteur a un cachet, un charme si particuliers, la

langue française de son époque, surtout sous sa plume, avait tellement

plus d’énergie qu’actuellement, que toute traduction, quoi qu’on fasse,

sera toujours inférieure au texte primitif pour ceux à même de le lire

à peu près couramment.

37, +Mort+.--Montaigne commença cette traduction en 1567; il l’avait

terminée en 1568. Elle fut imprimée une première fois en 1569, mais

d’une façon si incorrecte que les éd. ant. des Essais aj. ici: _auec la

nonchalance qu’on void, par l’infiny nombre de fautes, que l’imprimeur

y laissa, qui en eust la conduite luy seul_. Elle a été réimprimée, en

1581, dans de meilleures conditions.

=114=,

9, +Turnebus+.--Les éd. ant. port.: _Tournebeuf_.

11, +D’Aquin+.--Le plus grand théologien de l’Église d’Occident et

le plus grand philosophe du moyen âge. Ses ouvrages principaux sont:

la Somme de la foi, établissant toutes les vérités catholiques d’après

les Écritures, et la Somme théologique longtemps classique, où l’auteur

discute les principales questions de la théologie, de la philosophie et

de la morale (somme, terme de théologie, signifie ouvrage abrégé d’un

plus grand; de la même étymologie vient sommaire).

25, +Bonté+.--Les éd. ant. port.: _sacrosaincte bonté_.

=116=,

30, +Sua+.--Vers imités de Virgile, faits par un auteur inconnu à la

louange de Ronsard.

=118=,

2, +Chrestiens+.--Socrate n’était pas chrétien, ce qui n’a pas

empêché qu’il soit parvenu à un si haut degré de vertu, que le

paganisme peut l’opposer à tous ceux que le christianisme présente en

ce genre: sa mort excite l’admiration; jusqu’à son dernier soupir, il

se montra aussi grand qu’il avait vécu; on peut apprendre de lui à

bien vivre et à bien mourir.--Erasme, cet autre sage de son temps, dit

quelque part: «Peu s’en faut que je ne dise: Saint Socrate, priez pour

nous!»

4, +Martyres+.--Il y a des martyrs dans toutes les religions;

TERTULLIEN disait: «Ce n’est pas le supplice qui fait le martyre, mais

la cause.»

8, +Tartare+.--JOINVILLE, 19.--Le pape Innocent VII avait envoyé,

pour y prêcher le christianisme, des missionnaires en Tartarie, dont

le roi projeta d’envoyer une ambassade à Rome, pour vérifier les

assertions de ces missionnaires; mais eux-mêmes, par crainte de la

mauvaise impression qu’elle pourrait en rapporter, le dissuadèrent d’y

donner suite. Ce qui a pu porter Montaigne à penser que c’était saint

Louis qui l’en avait détourné, c’est qu’à ce moment il était en Chypre,

se rendant en Terre sainte, et l’ambassade vint l’y saluer, mais ne

poussa pas plus loin.

18, +Vicieuses+.--Montaigne paraît avoir emprunté cette histoire du

_Décaméron_ de BOCCACE, 2e journée, 2e nouvelle, où le juif Abraham,

pressé par un ami de se faire chrétien, s’y résout, après un voyage à

Rome, par les raisons indiquées ici.

20, +Parole+.--_Évangile_ selon S. MATTHIEU, XVII, 19 et S. PAUL,

_Épître aux Corinthiens_.

23, +Credas+.--Cette citation est de Quintilien qui n’était pas

chrétien, c’est dire que Montaigne la détourne du sens qu’elle a dans

le texte latin.

34, +A nos passions+.--Les éd. ant. port.: _aux hommes_.

=120=,

19, +Celle là+.--Allusion à la situation de Henri III après le

traité de Loches (1576). Mécontents des concessions faites par le roi

aux Protestants, les Catholiques, qui jusqu’alors avaient marché avec

lui, se liguent contre lui, tandis que ses adversaires de la veille se

déclarent pour lui.

20, +Besoing+.--C.-à-d. n’admettre pour vrai que ce qu’il est de

notre intérêt qu’on croie tel.

21, +Dire+.--BAYLE, dans son dictionnaire, remarque I de l’art.

_Hotman_, cite et commente ce passage, disant: «Tant que le monde

sera monde, il y aura partout des doctrines ambulatoires dépendantes

des lieux et des temps.» C’est ce qu’à notre époque nous appelons

l’opportunisme, qui, quoi qu’on en puisse dire, est l’une des lois

les plus sensées de la politique, dont les principes sont tout autres

que ceux de la morale avec lesquels ils sont rarement du tout au tout

conciliables; celle-ci est la théorie, celle-là la pratique.

32, +Remuent+.--Au début des troubles qui agitèrent la France à

cette époque, les Protestants, visant à renverser Charles IX et à

faire arriver au trône Henri de Navarre, mettent en avant le droit de

déposer les rois et de tuer les tyrans; les Catholiques, au contraire,

repoussent tout principe autre que la légitimité. A la mort de Henri

III, le roi de Navarre se trouvant, par droit d’hérédité, appelé à

lui succéder, ce sont les Catholiques qui contestent ce principe de

la légitimité qu’a pour lui Henri IV et qui revendiquent le droit de

passer outre et de lui substituer un prétendant de leur choix; chaque

parti se trouvait ainsi avoir changé de thèse et adopté celle de ses

adversaires.

35, +Chrestienne+.--C.-à-d. il n’est point d’hostilités qui se

prêtent mieux à la satisfaction de nos passions que celles qui ont pour

cause l’intérêt de la religion.

37, +Detraction+.--Larcin, du latin _detractio_ qui a même

signification.

=122=,

1, +Vices+.--Sous-entendu: et, au contraire.

2, +Dict+.--C.-à-d. frauder la dîme, en ne donnant que de la paille

sans grain; Dieu est mis ici pour les ministres du culte, par un tour

d’expression dont l’usage est aussi ancien que le monde. COSTE..--De ce

dicton qui signifie se moquer, aussi bien que frustrer quelqu’un de ce

qui lui est dû, on donne encore une autre explication, cela voudrait

dire: «Faire la barbe avec un bouchon de paille.» PAYEN.--Rabelais, I,

11, l’emploie avec une variante: «Gargantua faisoit gerbe de feurre aux

Dieux.»

14, +Bigue+.--C.-à-d. voulut échanger l’un pour l’autre.--Bigue

signifiait échanger, troquer.

17, +Orpheus+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 4.--Les initiés composaient une

secte dissidente des philosophes pythagoriciens; ils avaient en vue la

pratique de la vertu, croyaient à l’expiation des crimes dans l’autre

monde et s’abstenaient de manger la chair des animaux; ils prétendaient

avoir reçu d’Orphée les dogmes qu’ils professaient.

26, +Prestre+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 39.

35, +Iesus-Christ+.--S. PAUL, dans son _Épître aux Philipp._, I, 23.

36, +Donnoit+.--CICÉRON, _Tusc._, I, 34; CALLIMAQUE, _Epigr._, 24;

OVIDE, _in Ibin_, v. 495; S. AUGUSTIN, _De Civit. Dei_, I, 22.

=124=,

1, +Alemans+.--VOLTAIRE, dans _Zaïre_, exprime la même idée:

«Je le vois trop: les soins qu’on prend de notre enfance,

Forment nos sentiments, nos mœurs, notre croyance.

J’eusse été, près du Gange, esclave des faux dieux,

Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux:

L’instruction fait tout; et la main de nos pères

Grave en nos faibles cœurs ces premiers caractères.»

9, +Ne ramene+.--Var. des éd. ant. à 88: _vne extreme douleur ou

voisinage de la mort, ne ramenent par force_...

13, +Plato+.--_Lois_, au commencement du liv. X, passage déjà cité

dans les Essais, =I=, 580.

17, +Dit-il+.--PLATON, _République_, I.

23, +Loix+.--C’est le résultat de ce que dit PLATON sur la fin du

second livre au commencement du troisième de sa _République_.

29, +Bion+.--DIOGÈNE LAERCE, IV, 4.--Cette réflexion même, si juste

et si naturelle, est de Diogène Laërce, qui d’ordinaire s’abstient de

tout commentaire.

31, +Force+.--Les sectateurs d’Aristippe et d’Épicure fondaient la

religion sur la crainte; la loi, sur l’utilité; la justice, sur la

coutume.

=126=,

29, +Luy-mesmes+.--S. PAUL, _Épître aux Romains_.--C’est Dieu qui est

présenté comme tenant ce langage parce que l’apôtre est considéré comme

parlant en son nom.

32, +Facteur+.--«Tout ainsi que par ce peu de lumiere que nous

auons la nuict, nous imaginons la lumiere du soleil qui est esloignée

de nous; de mesme, par l’estre du monde que nous connoissons, nous

argumentons l’estre de Dieu, qui nous est caché...» R. SEBOND,

_Théologie naturelle_, 24, traduction de Montaigne.

=128=,

4, +Œuures+.--Dans l’_Épître aux Romains_.--S. Paul, surnommé

l’apôtre des Gentils parce qu’il a évangélisé en dehors de la Judée,

n’est ni du nombre des douze apôtres proprement dits, quoiqu’il soit

toujours compté comme tel, ni même des disciples de Jésus-Christ. Né de

parents juifs, il se nommait Saul et fut d’abord un persécuteur violent

du christianisme; mais, sur le chemin de Damas, il eut une vision,

se convertit, devint un des plus ardents propagateurs de la religion

nouvelle et finit par obtenir le martyre à Rome. On a de lui les _Actes

des apôtres_ qui sont sa propre histoire et quatorze lettres aux

Églises avec lesquelles il était en relation, elles se distinguent par

la logique et la sagesse des principes qu’il expose.--Godeau, évêque de

Grasse (1605-1672), dit de lui:

«Et la grâce en son cœur ayant fait des miracles,

Sa bouche expliquera les plus sacrés oracles.»

9, +Leges+.--Les éd. ant. aj.: _Si mon imprimeur_ (de la Théologie

naturelle) _estoit si amoureux de ces prefaces questées et empruntées,

de quoy par l’humeur de ce siecle il n’est pas liure de bonne maison,

s’il n’en a le front garny, il se deuroit seruir de tels vers, que ceux

cy qui sont de meilleure et plus ancienne race que ceux qu’il est allé

planter_.

=130=,

3, +Couche+.--On incline, on penche en faveur.--Les éd. ant. port.:

_Celui qui est d’ailleurs imbu d’vne creance reçoit bien plus aisément

les discours qui lui seruent, que ne fait celuy qui est abreuué d’vne

opinion contraire, comme font ces gens icy_, au lieu de: «On couche...

en soy».

21, +Ἑαυτόν+.--Cette pensée est d’HÉRODOTE, qui la met dans la bouche

d’Artaban cherchant à détourner Xerxès de son expédition contre les

Grecs.

24, +Platon+.--Dans le _Timée_.

32, +S. Augustin+.--_De civitate Dei_, XXI, 5.--Le premier des Pères

de l’Église. Eut une jeunesse fort dissipée, se convertit, fut baptisé

à 32 ans et devint, par la parole et la plume, un des plus ardents et

solides défenseurs du christianisme. Ses principaux ouvrages sont: _La

Cité de Dieu_, son chef-d’œuvre, admirable peinture de la religion

chrétienne; ses _Confessions_, où il fait l’histoire de ses erreurs et

de sa conversion, et le _Traité sur la grâce et le libre arbitre_; on

a encore de lui nombre de sermons, de lettres et d’écrits contre les

hérétiques de son temps.

=132=,

3, +Philosophie+.--S. PAUL, _Aux Colossiens_, II, 8.

5, +Dieu+.--S. PAUL, _Aux Corinthiens_, I, 3, 19.

5, +Vanitez+.--Pensée tirée de l’_Ecclésiaste_ et de PLINE.

7, +Sçauoir+.--Pensée tirée de LUCRÈCE et de l’_Épître_ de S. PAUL

_aux Corinthiens_.

8, +Trompe+.--Cette pensée se trouve également dans LUCRÈCE et dans

S. PAUL, _Épître aux Galates_.

=134=,

1, +Cestuy-la+.--Le philosophe stoïcien Balbus qui, dans Cicéron,

s’exprime comme le porte la citation qui suit.

=136=,

6, +Mouuements+.--On croyait encore généralement alors que le soleil

tournait autour de la terre, etc.

13, +Plutarque+.--Plutarque dit bien que, peut-être, la Lune est

habitée, que ses habitants doivent y être plus dispos, plus légers au

physique, plus faciles à nourrir que nous, mais il ne parle pas de

colonies.

19, +Quant et quant+.--Les éd. ant. aj.: _dict Pline_.

23, +Trois+.--C.-à-d. avec les animaux vivant sur terre, et, par cela

même, de pire condition que ceux des deux autres espèces: les oiseaux

qui volent dans les airs, et les poissons qui nagent dans les eaux.

34, +D’elle+.--Cette pensée a été traduite en vers par Senecé:

«Mais sait-on, dit Montaigne,

Quand avec son chat d’Espagne

Un homme prend ses ébats,

Si le chat n’a pas en tête

Que l’homme est une bête

Propre à divertir les chats.»

Observons, en passant, que cette rime, dans les deux premiers vers,

de Montaigne avec Espagne, montre bien comment encore à cette époque

(1717) on prononçait le nom de l’auteur des Essais.--A propos de chat,

Mahomet en avait un qu’il aimait au point qu’un jour, dit-on, cet

animal dormant sur un pan de son caftan, et le moment de la prière

étant venu, le prophète coupa son vêtement, afin de ne pas troubler le

sommeil de l’animal.

=138=,

2, +Saturne+.--Dans _la Politique_.--Chassé du ciel par Jupiter,

et accueilli sur terre par Janus, roi du Latium, auquel il succéda,

Saturne apprit aux Latins l’art des semailles, fit fleurir la paix,

l’abondance, la justice, et son règne fut l’âge d’or pour l’Italie.

_Myth._

18, +Troglodytes+.--Ancien peuple de l’Afrique qui vivait dans des

cavernes ou dans des trous creusés dans la terre. Mais, dans bien des

contrées, voire même en France, existent des vestiges de pareilles

habitations établies dans des anfractuosités naturelles, grossièrement

aménagées et qui remontent aux temps préhistoriques; on a qualifié de

ce même nom de Troglodytes, ceux dont elles ont été la demeure.

20, +Thyaneus+.--PHILOSTRATE, _Apollonius de Thyane_, I, 20.

20, +Melampus+.--APOLLODORE, I, 9, 11.

20, +Tirasias+.--APOLLODORE, III, 6, 7, etc.

22, +Roy+.--Dans l’intérieur de l’Afrique, dit PLINE, _Hist. nat._,

IV, 30, au delà de la Nubie, se trouvent les Ptoemphanes, qui ont pour

roi un chien, dont ils consultent les divers mouvements.--Cette erreur

ne proviendrait-elle pas de la similitude du mot latin _canis_ (chien)

avec les mots qui dans plusieurs langues signifient le roi ou seigneur

comme, par exemple, Khan chez les Tartares, King en anglais, Kœnig en

Allemagne? PAYEN.

24, +Nous+.--«Les enfants des hommes sont en eux-mêmes semblables aux

bêtes, ils ont même destinée; l’homme n’a pas d’avantage sur la bête.»

_Ecclésiaste_, III.

25, +Intelligence+.--Les éd. ant. aj.: _de leurs mouuemens et_.

34, +Qu’il y a+.--Add. des éd. ant. à 88: _de la menasse et_.

36, +Voix+.--C.-à-d. qui ne profèrent aucun son.

=140=,

27, +Cestuy-cy+.--Ce langage par gestes.

32, +Langue+.--Aux extrémités de l’Éthiopie, dit PLINE, VI, naissent

des animaux et des hommes de formes monstrueuses; l’excessive mobilité

des feux solaires varie les corps et les multiplie à l’infini; et,

parmi ces phénomènes, il en est certains qui n’ont d’autre langage que

les gestes et les signes.

37, +Mot+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.

=142=,

6, +Prudence+.--Les éd. ant. port.: _prouidence_.

39, +Par art+.--Les éd. ant. aj.: _et par industrie_.

=144=,

33, +Vniforme+.--Les éd. ant. aj.: _la foiblesse de nostre naissance

se trouue à peu pres en la naissance des autres creatures_.

40, +Souffrir+.--Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux aj.: _le visage,

les pieds, les mains, les iambes, les espaules, la teste, selon que

l’vsage nous y conuie_.

=146=,

3, +Nombril+.--Louis XIII avait une profonde répugnance pour cette

exagération qui se maintint jusqu’au milieu du XVIIIe siècle; on cite

de lui à cet égard plusieurs anecdotes.--Voulant, un jour, s’emparer

d’une lettre qu’une dame de sa cour avait cachée dans son sein et

qu’il avait intérêt à connaître, il alla l’y chercher avec des

pincettes.--Une autre fois, se trouvant à table et voyant s’approcher

de lui une femme habillée et découverte suivant cette mode, il retint

une gorgée de vin dans la bouche et la lui lança dans le sein, ce qui

la fit se retirer toute honteuse.

6, +Plier+.--PLUTARQUE, _Lycurgue_, 13.

21, +Labourage+.--Les éd. ant. aj.: _sans aucune nostre industrie_.

22, PLANTÉ.--En abondance.--Ce mot dérive de plénité, qui vient du

latin _plenitas_ qui a ce même sens: saturation complète, plénitude.

=148=,

6, +Ichneumon+.--Appelé aussi mangouste et rat de Pharaon; carnassier

de la grosseur d’un chat et de la forme de la martre; les Égyptiens le

révéraient parce qu’il détruit les œufs de crocodile.

7, +Crocodile+.--Appelé aussi alligator, reptile de l’ordre des

sauriens, amphibie à quatre pattes de la forme d’un énorme lézard, mais

atteignant jusqu’à 3 et 4 mètres de longueur; se rencontre sur les

bords de grands cours d’eau de la zone tropicale en Afrique, en Asie

et en Amérique; le crocodile était à Thèbes, en Égypte, l’objet d’une

grande vénération.

13, +Faire+.--Ce fait s’est rencontré en Allemagne (Gaspard

Hauser), en France (le sauvage de l’Aveyron), et on pourrait en

citer d’autres.--Gaspard Hauser qui, de 1828 à 1833, excita vivement

l’attention en Bavière, fut découvert à l’âge apparent de 15 à 16

ans; il semblait n’avoir jamais rien vu, rien appris, être absolument

étranger à la vie commune; il n’avait aucune idée du temps, des

distances, était presque inconscient de ses mouvements.--Le sauvage

de l’Aveyron, enfant trouvé en 1800 dans les forêts de cette région,

pouvait avoir une dizaine d’années, il se trouvait physiquement

et moralement en même état que Gaspard Hauser; il fut placé à

l’institution des sourds et muets, où plusieurs années de soins assidus

parvinrent à éveiller, mais bien faiblement, son intelligence et le

langage.

22, +Oyseaux+.--C.-à-d. ne conversons-nous pas avec eux dans un autre

langage et en employant d’autres termes qu’avec les oiseaux.

27, +Lactance+.--_Inst. div._, III, 10.

28, +Encore+.--Quant au rire, cela se rencontre parfois chez le

chien; on en a vu riant comme fait une personne, sans éclat de voix

cependant. Pour ce qui est de la parole proprement dite, il en est

qui pensent que les animaux, ou au moins certains d’entre eux, la

possèdent; toujours est-il que jusqu’ici on n’en trouve que trois

qui, d’après la Bible et la fable, aient usé de la même langue que

l’homme: l’ânesse de Balaam, le berger de Phryxus et le cheval

d’Achille.--Balaam, dit la Bible, était un prophète madianite; l’ânesse

qu’il montait, effrayée par la vue d’un ange, demeuré invisible

à Balaam, ayant à trois reprises fait un écart, et son maître la

frappant, elle finit par protester en paroles très nettes; et ses yeux

se dessillant alors, Balaam aperçut l’ange et reconnut que tout cela

s’était accompli par la volonté de Dieu.--Phryxus, fils du roi de

Thèbes, fuyant une accusation d’inceste, avait traversé sur un bélier

à toison d’or le détroit qui sépare l’Europe de l’Asie, et abordant

sur la côte opposée, s’y était endormi. Les habitants le découvrirent

et se disposaient à lui faire un mauvais parti, lorsque son bélier le

réveilla et lui apprit avec une voix humaine le danger auquel il était

exposé. _Myth._--Dans l’_Iliade_, lorsque Achille s’élance pour venger

Patrocle, Xanthe, un de ses chevaux, avec la permission de Junon, lui

prédit sa mort prochaine.

30, +Aristote+.--_Hist. des animaux_, IV, 9.

37, +Deuination+.--Conjecture.

=150=,

24, +Desespoir+.--«L’homme n’a qu’un privilège, celui de

l’imagination, et il le paie cher.» SAINTE-BEUVE.--Est-il prouvé que

les animaux n’ont pas d’imagination?

31, +Meilleure+.--Cette question de l’âme des bêtes, leur

connaissance, leur raisonnement, discutée à toutes les époques, a donné

lieu à de nombreux ouvrages où sont cités à l’appui d’innombrables

exemples dont quelques-uns sont reproduits dans les pages suivantes.

Montaigne, dans cette controverse, semble pencher pour l’affirmative,

au point que Bayle prétend que son intention a été que l’apologie de

Raymond Sebond fût en partie celle des bêtes. Les auteurs qui ont agité

ce problème, inclinant soit dans un sens, soit dans un autre, abondent

aussi bien dans l’antiquité que de nos jours; parmi eux: Aristote,

Pline, Descartes, Leibnitz, Locke, Toussenel.

=152=,

17, +S’auancer+.--PLUTARQUE, _De l’Industrie des animaux_, 12.

22, +Paix+.--Argumentation souvent citée en logique et connue sous le

nom de «Sorite du renard»; sorite signifie une série de propositions

si bien liées entre elles, que la dernière est ou semble la conclusion

naturelle de la première.

31, +Climacides+.--Mot dont la signification est

échellières.--PLUTARQUE, _Comment on peut discerner le flatteur d’avec

l’ami_, 3.

35, +Concubines+.--Ce terme n’éveillait dans l’antiquité aucune

idée d’immoralité; c’était une femme au même titre que l’épouse dite

légitime, mais de condition sociale inférieure à celui qui l’épousait.

36, +Mary+.--Chacun, dit HÉRODOTE, V, 5, a plusieurs femmes;

lorsqu’il vient à mourir, il s’élève entre elles de grandes

contestations pour savoir celle qu’il aimait le mieux; ses amis

s’intéressent vivement à la dispute. Celle en faveur de qui on s’est

prononcé reçoit les éloges de l’assistance; son plus proche parent

l’immole ensuite sur le tombeau de son mari et on l’enterre avec lui;

les autres femmes sont très affligées de cette préférence, qui est pour

elles un très grand affront.--Voir aussi POMPONIUS MELA, II, 3, etc.

40, +Capitaines+.--Le chef des Sotiates, peuple de l’Aquitaine

(Gaule), dit CÉSAR, _De Bello Gall._, III, 22, était accompagné de 600

hommes dévoués, liés à lui par un pacte tel qu’ils jouissaient de tous

les biens de la vie dont ce chef lui-même avait la jouissance, mais

par contre, s’il venait à périr de mort violente, ils participaient à

son sort et se tuaient de leurs propres mains; institution à laquelle

certains font remonter l’origine du régime féodal.

=154=,

5, +Seruice+.--PÉTRONE, _Sat._, 117.

15, +Tombe+.--HÉRODOTE, IV, 71 et 72.

23, +Sert+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 75.

36, +Partons+.--Du verbe partir, partager, diviser en plusieurs

parts. Ce mot vieilli n’est plus d’usage que dans cette phrase

proverbiale: «Ils ont toujours maille à partir entre eux»; mais on le

retrouve dans ses dérivés: répartir, répartition, etc.

38, +Chasseurs+.--PLINE, X, 8.

43, +Colliers+.--Collets, lacs à prendre des lièvres, des lapins, etc.

44, +Seche+.--PLUTARQUE, _De l’Industrie des animaux_, 28.--La sèche,

ou seiche, mollusque de mer, qui projette autour de lui un liquide

noirâtre, quand il cherche à se dérober à un ennemi, liquide duquel on

extrait la sépia.

=156=,

10, +Sylla+.--Allusion à la maladie pédiculaire dont il mourut

(=78=), conséquence des débauches auxquelles il se livra toute sa

vie. Cette maladie, connue sous le nom de phtiriase, est très rare;

elle est caractérisée par la génération rapide d’une telle quantité

de vermine, qu’elle finit par ronger vivant le malheureux atteint

de cette affection. Le roi Hérode, l’empereur Galère périrent de la

sorte, et les premiers chrétiens y virent une punition céleste du

premier pour le massacre des innocents, du second pour la persécution

dont eux-mêmes furent l’objet sous le règne de Dioclétien et dont il

avait été le principal instigateur; il s’en produirait encore des cas,

particulièrement chez les alcooliques invétérés.--PASCAL a exprimé

d’une façon analogue cette fragilité de l’homme: «Cromwell allait

ravager toute la chrétienté; la famille royale était perdue et la

sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans

son urètre; Rome même allait trembler sous lui, mais ce petit gravier

qui n’était rien ailleurs, mis en cet endroit, le voilà mort, sa

famille abaissée et le roi rétabli.» Seulement, Pascal a fait erreur:

Cromwell n’est pas mort de la pierre, mais de la fièvre.

11, +Empereur+.--Du latin _imperator_, titre qui se décernait, à

Rome, aux généraux victorieux; c’est le sens dans lequel il est employé

ici.

15, +Rubarbe+.--Rhubarbe; plante dont la racine est stomachique et

purgative.

15, +Polypode+.--Sorte de fougère qui s’emploie contre la toux.

17, +Dictame+.--Plante aromatique et vulnéraire.

19, +Origanum+.--Origan; plante aromatique qui ne croît qu’aux hautes

altitudes.

19, +Dragon+.--Petit lézard inoffensif.

20, +Fenoil+.--Fenouil; plante aromatique et apéritive.

21, +Elephans+.--Le plus gros des animaux de notre époque; mammifère

de l’ordre des pachydermes, remarquable par sa taille, ses défenses

et sa trompe; on distingue l’éléphant d’Afrique et celui d’Asie, ce

dernier notablement plus grand que le premier. Dans l’Inde, on emploie

l’éléphant comme bête de trait et de somme; il y est l’objet d’une

grande vénération; on lui prête des vertus et des vices; des mœurs

raisonnées, jusqu’à l’observance d’un culte, celui du soleil et de la

lune; il vit en société. Anciennement il était fort employé à la guerre

par certains peuples (V. N. =II=, 56: Elephans); plus tard à Rome,

dans les divertissements publics; on en cite de capables de tracer des

caractères, d’autres se distinguant dans la danse, l’acrobatie.

23, +Porus+.--PLUTARQUE, _De l’Industrie des animaux_, 13.

31, +Chrysippus+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrrh. hypot._, I, 14.

34, +A la queste... poursuite+.--Var. des éd. ant.: _estant à la

suyte de son maistre (lequel il a esgaré pour s’estre endormy et ne

l’auoit vu partir du logis) ou à la queste_.

36, +Ratiocination+.--Add. des éd. ant.: _et sans discours_.

=158=,

37, +Plutarque+.--_De l’Industrie des animaux_, 18.

38, +Pere+.--Vespasien le père de Titus et de Domitien.

=160=,

8, +Reuenu+.--Ranimé. Se revenir, du latin _se recolligere_, a cessé

d’être pronominal, et on dit aujourd’hui: revenir d’un profond sommeil,

d’un évanouissement.

12, +Languedoc+.--C’étaient des roues à chapelet ou à godets, qu’en

Espagne on nomme _norias_, appellation qui est passée dans notre

langue; leur usage est très répandu en raison même de la rusticité du

système.

16, +Court+.--PLUTARQUE, _De l’Industrie des animaux_, 20.--Les

paysans vendéens disaient: «Nos bœufs connaissent le dimanche et ne

veulent pas travailler ce jour-là.»

20, +Democritus+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 14.

22, +Tistre+.--Vieux mot qui signifie faire quelque ouvrage de fil,

de soie ou de cheveux.

24, +Aristote+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 18; PLINE, _Hist.

nat._, X, 29.

38, +Arrius+.--ARRIEN, _Hist. Indic._, 14.--Arrius est une faute

d’impression qui se trouve dans toutes les éditions originales, qui

devraient porter Arrianus.

=162=,

4, +Apprendre+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 12.

7, +Maistres+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 12; PLINE, VIII,

3.--Le fait est donné comme s’étant produit du temps de l’empereur

Domitien; battu pour n’avoir pas bien exécuté sa leçon, un de ces

animaux fut vu la répétant de lui-même, la nuit suivante, au clair de

lune.

8, +Respondant+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 18.

23, +Dit+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 12.

32, +Barbarie+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 12.--La Barbarie,

partie septentrionale de l’Afrique depuis Tripoli jusqu’au Maroc, ainsi

nommée au moyen âge des Berbers, ses premiers habitants, qui subsistent

encore sous les noms de Kabyles, de Touareg, absolument distincts des

Arabes.

34, +Iuba+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 10.--Juba avait passé

une grande partie de sa jeunesse à Rome, et s’était adonné à l’étude

de l’histoire et de la nature; il a écrit, en grec, divers ouvrages

aujourd’hui perdus.

=164=,

12, +Cendre+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 10.--Dans le même

genre, on cite encore ce trait d’un éléphant qu’un peintre voulant

peindre la trompe élevée, son cornac, pour le maintenir en cette

position, feignait de lui jeter du pain. Ennuyé d’être ainsi dupé,

l’animal remplit sa trompe d’eau et, ne se trompant pas sur la cause de

la mauvaise plaisanterie qu’on lui faisait, en aspergea le peintre et

son tableau que celui-ci dut renoncer à terminer.

16, +Elephans+.--Add. des éd. ant.: _qu’on y mesloit_.

21, +Tyrio+.--Annibal est qualifié de tyrien par le poète, comme

étant de Carthage fondée elle-même par une colonie phénicienne (=870=).

39, +Aspreté+.--C’est ce que plusieurs peuples de l’antiquité

avaient déjà pratiqué. PLINE, VIII, 40, conte: «En vue de la guerre,

les Colophoniens et aussi les Castabalenses organisent des troupes

de chiens qu’ils font combattre en première ligne et qui jamais

ne cèdent; ce sont là des auxiliaires qui ne le cèdent pas aux

mercenaires.»--STRABON dit, de son côté, que les anciens Gaulois se

servaient à la guerre de chiens d’Angleterre aussi bien que de ceux

de leur pays.--Cet emploi s’est depuis reproduit souvent en Amérique

et en Afrique, dans les rencontres d’Européens avec des adversaires

d’autre race; il était rendu possible surtout par la quasi-nudité de

ceux-ci et la différence d’odeur qu’ils exhalent; et, dans la chasse

des nègres fugitifs, du temps où l’esclavage existait, il était d’usage

courant. On s’est occupé, en ces dernières années, de leur utilisation

dans la guerre moderne: les expériences n’ont pas été satisfaisantes;

en tout cas, si jadis il a pu être question de meutes lâchées sur

l’ennemi, leur action ne saurait être aujourd’hui qu’individuelle et

fort restreinte, par exemple, comme auxiliaire d’une sentinelle pour

éventer l’approche ou la présence de quelqu’un.--On semble devoir

éprouver moins de déconvenue dans l’essai que l’on tente aujourd’hui

de les adjoindre à la police, dans ses rondes de nuit; leur concours

paraît devoir être précieux contre ces rôdeurs et assassins dont le

nombre et l’audace vont croissant dans des proportions excessives dans

les grandes villes et leurs banlieues, et dont on n’aura raison que par

le rétablissement des peines corporelles.

=166=,

3, +Passé+.--Les éd. ant. port.: _Nous viuons, et eux et nous, sous

même tact, et humons vn mesme air; il y a, sauf le plus et le moins,

entre nous, vne perpetuelle ressemblance_, au lieu de: «C’est vne... le

passé» (lig. 1 à 3).

20, +Murene+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 24.--La murène est

un poisson de mer qui ressemble à l’anguille; il était fort estimé des

anciens Romains qui en conservaient dans des viviers.

22, +Arethuse+.--Les eaux de cette source passaient pour conserver

toute leur pureté à travers les eaux amères et fangeuses dans

lesquelles elles vont se perdre.--L’éd. de 80 aj. ici: _et d’autres

poissons_.

28, +Religion+.--PLINE, VIII, 1.--Démocrite, Xénocrate et plusieurs

autres philosophes dans l’antiquité ont accordé une religion aux

animaux.

35, +Part+.--C.-à-d. nous ne pouvons prendre ni en bonne ni en

mauvaise part les actions dont les mobiles nous sont absolument

inconnus.

38, +Vid+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 12.

39, +Fourmis+.--Fourmi, aujourd’hui féminin, était autrefois masculin.

=168=,

9, +Par là+.--Les éd. ant. aj.: (_encore qu’à son iugement les bestes

soient incapables de raison_).

17, +Nauale+.--Bataille d’Actium (auj. Arta), sur la côte orientale

de la mer Ionienne; bataille gagnée par Agrippa, qui, en donnant la

supériorité à Octave (devenu depuis l’empereur Auguste) sur Antoine son

rival, mit fin de fait à la république romaine (=31=).

29, +Dehors+.--PLINE, XXXII, 1.--Remora signifie en latin

retardement, obstacle.--Le remora est un petit poisson qui s’attache

aux vaisseaux, aux rochers, quelquefois à d’autres poissons; mais qu’il

puisse retarder la marche même d’une simple barque, et a fortiori

l’arrêter, est pure fable.--Les anciens lui attribuaient du reste

bien d’autres propriétés: il servait à composer des poisons capables

d’amortir et d’éteindre les feux de l’amour, d’arrêter l’action de

la justice, de prévenir les accidents chez les femmes enceintes;

conservé dans du sel, il avait pouvoir de retirer du fond d’un puits

l’or qui pouvait y être tombé. Quant à sa propriété capitale d’arrêter

la marche d’un bateau, il la partageait avec cette coquille du genre

porcelaine, du nom de conque de Vénus, qui lui aurait été donné en

mémoire du fait suivant: Périandre, tyran de Corinthe, ayant envoyé un

navire portant l’ordre de mutiler, en vue de les rendre impropres à la

reproduction, trois cents enfants nobles de Corcyre, un grand nombre

de ces coquillages s’attachèrent à la carène du vaisseau qui ne put

avancer malgré toute la fureur du vent.

34, +Tirer+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 15.

35, +Assis+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 28.

=170=,

6, +Nous+.--Toute cette partie de l’apologie de Sebond, dans laquelle

Montaigne a exalté les animaux comparés à l’homme, et qui a eu pour

objet de rabaisser ce dernier et de lui faire sentir la débilité de

sa nature et le ridicule de son orgueil, a été approuvée par PASCAL

qui a soutenu la même thèse; BOSSUET, au contraire, l’a réfutée.

Dans son troisième sermon pour la Toussaint, prêché devant le roi,

en 1669, après avoir nommé Montaigne, il l’apostrophe ainsi: «Mais

dites-moi, subtil philosophe, qui vous riez si finement de l’homme,

parce qu’il s’imagine être quelque chose, comptez-vous donc pour rien

de connaître Dieu? en connaître le principe, adorer son éternité,

admirer sa toute-puissance, louer sa sagesse, s’abandonner à sa

Providence, obéir à sa volonté, n’est-ce là rien qui nous distingue

des bêtes?» C’est là une belle période oratoire mais qui, au fond,

n’est qu’une manifestation de plus de l’immense orgueil de l’homme

uniquement étayée sur le magnifique langage propre à Bossuet, qui

en outre a le tort de prendre ainsi de la sorte Montaigne à partie

comme entaché d’athéisme, rien dans son livre ni dans sa vie ne l’y

autorisant.--CICÉRON, beaucoup plus rationnel, concilie ainsi, dans les

Tusculanes, ces opinions si divergentes: «Toutes les âmes renferment

je ne sais quoi de mou, de lâche, de bas, d’énervé, de languissant:

s’il n’y avait que cela en lui, rien ne serait plus hideux que l’homme;

mais, en même temps, il s’y trouve bien à propos cette maîtresse, cette

reine absolue, la raison, qui, par les efforts qu’elle a d’elle-même

le pouvoir de faire, se perfectionne et devient la suprême vertu. Or,

pour être vraiment homme, il faut lui donner pleine autorité sur cette

autre partie de l’âme dont le devoir est d’obéir.» Dans le même ordre

d’idées, Cicéron écrit ailleurs: «Quand on a dit à l’homme: Connais-toi

toi-même, ce n’était pas seulement pour rabaisser son orgueil, c’était

aussi pour lui faire sentir ce qu’il vaut.»

8, +Oyseaux+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrr. hypot._, I, 14.

16, +Torpille+.--Poisson du genre de la raie, qui présente

la propriété d’être une source d’électricité, dont la décharge

engourdit qui la touche, et se transmet dans l’eau, en raison de la

conductibilité de ce liquide, à tout corps à distance suffisamment

courte; de là l’appellation donnée à l’engin de guerre de ce nom,

destiné à couler les navires ennemis.

38, +Nostre+.--Les éd. ant. aj.: _Car à nos enfans il est certain

que bien auant en l’aage, nous n’y découurons rien sauf la forme

corporelle, par où nous en puissions faire triage_.

=172=,

6, +Beste+.--BOERHAAVE, médecin célèbre du XVIIIe siècle, laissa en

mourant un gros registre, dans lequel on comptait trouver de précieux

renseignements sur son art; on y lut seulement ce conseil, aphorisme

populaire dont l’origine se perd dans la nuit des temps: «Tenez-vous

la tête fraîche, le ventre libre, les pieds chauds, et moquez-vous des

médecins.» PAYEN.

10, +Effectuelle+.--Add. des éd. ant.: _et plus naturelle_.

30, +Hyrcanus+.--PLUTARQUE, _De l’Ind. des anim._, 13.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 436 / 504 题