20, +Salade+.--Casque léger sans cimier, ou armet, à l’usage des
hommes à cheval du XVe au XVIIe siècle, qui venait des Italiens qui
l’appelaient _celata_, dont par corruption on a fait salade.
24, +Esloigner+.--S’éloigner de; cette même construction se rencontre
en CORNEILLE dans sa tragédie de _Pompée_:
«... Ses vaisseaux en bon ordre,
Ont éloigné la ville...»
29, +Cortex+.--Il s’en fabrique aujourd’hui pour les colonies,
confirmant le proverbe que rien n’est nouveau sous le soleil; il est
vrai que ce n’est pas comme défense contre le plomb ou le fer, mais
contre les rayons solaires.
=56=,
8, +Tacitus+.--_Annales_, III, 43.
11, +Lucullus+.--PLUTARQUE, _Lucullus_, 13.
12, +Garentir+.--On l’a essayé; les cuirasses des navires, les
tourelles et coupoles cuirassées en acier chromé qui protègent les
pièces d’artillerie, les bétonnages épais qui revêtent les parapets ou
recouvrent les abris, réalisent dans une certaine mesure cette garantie
contre le canon; on a été moins heureux pour les abris mobiles offrant
dans la guerre de campagne une protection tant soit peu efficace,
où les tranchées-abris et les boucliers métalliques des pièces
d’artillerie d’usage récent donnent seuls des résultats appréciables.
19, +Elephans+.--Les éléphants jouèrent un grand rôle dans les
guerres d’Alexandre et de ses successeurs, dans celles de Pyrrhus
en Italie, durant les guerres puniques du côté des Carthaginois.
On leur protégeait la tête et le poitrail, on garnissait leurs
défenses de pointes d’acier et on les surmontait de tours portant
généralement de six à huit hommes; la Bible parle de 32, cela semble
exagéré.--Actuellement, on les emploie encore aux armées, dans les pays
où on peut s’en procurer aisément, dans les Indes, aux transports,
voire même à celui de pièces d’artillerie légères.--En certaines autres
contrées, notamment en Afrique, dans le Sahara, entre l’Algérie et
Tombouctou, on utilise de même, pour les expéditions qui s’y font, le
méhari, dromadaire de selle, qui peut soutenir, pendant une quinzaine
de jours, des marches quotidiennes de 70 kilomètres et franchir en cas
de besoin 120 kilomètres en douze heures; le méhari est la monture
habituelle des Touareg, seuls habitants de cette région. Déjà, en
1798, lors de la campagne d’Égypte, avait été constitué un régiment de
dromadaires pour pouvoir excursionner dans le désert et y atteindre
l’ennemi en fuite.
21, +Chausse-trapes+.--Clou de 12 à 15 centimètres de long, formé de
quatre pointes dont une se trouve toujours en l’air.--En Espagne, en
=124=. VALÈRE MAXIME, III, 7, 2, dont le fait est tiré, ne le présente
que comme une idée proposée à Scipion qui la repoussa; aujourd’hui on
n’en agirait pas de même; on estime avec raison que tout, en dehors de
ce qui est déloyal, est licite à la guerre, qui de fait n’est soumise
qu’à la loi du plus fort et à celle, fort élastique et peu précise, de
la conscience des belligérants.
28, +Gauche+.--PLUTARQUE, _Apophth. de Scipion le Jeune_,
18.--Allusion à ce que le bouclier, arme défensive, se portait au bras
gauche, et que les armes offensives, armes de main et armes de jet, se
maniaient avec la main droite et qu’à la guerre attaquer vaut mieux que
se défendre.
36, +Caracalla+.--XIPHILIN, _Caracalla_.
38, +Morion+.--Casque à l’usage des hommes à pied, assez semblable à
celui du nom de «salade», affecté aux gens à cheval (V. N. =II=, 54:
Salade).
38, +Escu+.--Bouclier; vient du latin _scutum_, provenant lui-même du
grec _scutos_ (cuir), parce qu’anciennement les boucliers étaient en
cuir.
=58=,
2, +Paux+.--Pieux, palissades; pluriel de pal, du latin _palus_ qui a
cette signification.
3, +Poix+.--Dans nos dernières guerres, le chargement du fantassin
s’élevait à une vingtaine de kilos, soit un tiers de moins que celui
du soldat romain. Malgré cette énorme différence, ce poids est devenu
écrasant pour notre époque où tout ce qui est à peu près valide est
appelé sous les drapeaux, et n’a pas la force des soldats de métier
des temps passés; aussi s’évertue-t-on à réduire ce chargement à
l’indispensable, ce qui permettra de le ramener à douze ou treize
kilos. Mais, au lieu de supprimer l’excédent, on en surcharge les
trains régimentaires, perdant de vue que fréquemment, avec nos armées
à gros effectifs, ils ne rejoindront pas et qu’en outre, il est bien
inutile de les encombrer d’effets de remplacement, alors qu’on peut si
facilement en assurer le renouvellement par les services de l’arrière
au fur et à mesure des besoins.
5, +Haste+.--PLUTARQUE, _Marius_, 4.--Ses exigences envers ses
soldats leur avaient fait donner le sobriquet de «mulets de Marius»;
toutefois on assigne encore une autre origine à cette appellation:
Au siège de Numance, Scipion examinait les chevaux et mulets de ses
troupes, pour vérifier en quel état ils se trouvaient; Marius amena
les siens qu’il soignait lui-même et les présenta en si bon état
qu’il passa dès lors en proverbe, pour louer avec raillerie un homme
laborieux, assidu et patient, et en particulier un soldat présentant
ces qualités, de dire que c’était un mulet de Marius.
9, +Cuit+.--PLUTARQUE, _Apophth. du second Scipion_.--En =133=.
Scipion, nommé consul pour la seconde fois, vint prendre en Espagne le
commandement de l’armée qui, devant Numance, était depuis dix ans tenue
en échec. Il y trouva un grand désordre. Il chassa du camp deux mille
femmes de mauvaise vie, les aruspices, les devins qui la transformaient
en un lieu de débauche et un champ de foire; en bannit le luxe; ordonna
que l’on dînât debout, sans manger de viande chaude; au souper, on
pouvait s’asseoir, mais on devait se borner à de la soupe et un plat de
viande; lui-même s’était mis à ce régime et, vêtu d’un manteau noir,
disait qu’il portait le deuil de son armée. A ses soldats, il fit
élever des murailles, creuser des fossés qu’il renversait et comblait
ensuite: «Qu’ils se couvrent de boue, disait-il, puisqu’ils ne veulent
pas se couvrir de sang.» Il temporisa pour attaquer à nouveau l’ennemi,
jusqu’à ce qu’il se crût en mesure de l’emporter, et finit par les
réduire à s’entr’égorger. Après la prise de la ville, les vieillards
reprochaient à leurs défenseurs de s’être laissé battre par des gens
qu’ils avaient battus tant de fois; un d’eux leur répondit: «Les
moutons sont bien les mêmes, mais le berger a été changé.»
14, +Marcellinus+.--AMMIEN MARCELLIN, XXIV, 7.--Fit longtemps la
guerre en Germanie, dans les Gaules, et accompagna l’empereur Julien
dans son expédition contre les Perses (V. N. =II=, 532: Marcellinus).
17, +Romaine+.--Les éd. ant. aj.: _Or, par ce qu’elle me semble bien
fort approchante de la nostre, i’ay voulu retirer ce passage de son
autheur, ayant pris autresfois la peine de dire bien amplement, ce que
ie sçauois sur la comparaison de nos armes, aux armes Romaines: mais
ce lopin de mes brouillars m’ayant esté desrobé auec plusieurs autres,
par vn homme qui me seruoit, ie ne le priueray point du profit, qu’il
en espere faire: aussi me seroit-il bien malaisé de remascher deux fois
vne mesme viande._
21, +Lieu+.--AMMIEN MARCELLIN, XXV, 1.
38, +Bardes+.--Avec son armure et celle de son cheval.
41, +Soixante+.--PLUTARQUE, _Démétrius_, 6.--Montaigne fait quelque
changement au récit de l’historien qui dit qu’Alcymus revêtait une
armure de cent vingt livres, tandis que celles de Démétrius et de tous
autres n’étaient que de soixante; et que le roi en fit faire deux
pour Alcymus et pour lui-même, qui n’en pesaient que quarante, mais
se distinguaient par la trempe du métal, si bien qu’à la distance
de vingt-six pas, un trait lancé par une machine de l’époque n’y
produisait qu’une empreinte très légère, à peine perceptible.