=18=,
+Enfants+.--Ce chapitre est un des plus beaux des Essais, on y trouve
partout du bon sens, de la raison, un jugement exquis. Montaigne y
parle en philosophe qui a beaucoup observé, et ses idées sages et
réfléchies sur ce sujet de première importance sont exposées d’une
manière simple et naturelle dans l’ordre où elles se sont offertes à
son esprit. NAIGEON.
1, +D’Estissac+.--Louise de la Béraudière, veuve du baron d’Estissac,
devint la maîtresse d’Antoine de Navarre (le père de Henri IV), et
épousa, en secondes noces, de Combaut, premier maître d’hôtel du roi.
Sa fille, mariée à un de la Rochefoucauld, a apporté à une branche
cadette de cette famille le nom d’Estissac qu’elle porte encore.
12, +Extrauaguant+.--C’était l’avis de Pascal (V. N. =I=, 678:
Vicieux), auquel Voltaire répondait: «Le charmant projet que Montaigne
a eu de se peindre naïvement, comme il a fait; car il peint la nature
humaine. Si Nicole, Malebranche avaient toujours parlé d’eux-mêmes, ils
n’auraient pas réussi. Mais un gentilhomme campagnard du temps de Henri
III, qui est savant dans un siècle d’ignorance, philosophe parmi les
fanatiques et qui peint, sous son nom, nos faiblesses et nos folies,
est un homme qui sera toujours aimé.»
17, +L’honneur+.--_Et reuerence singuliere_ (add. des éd. ant.).
=20=,
3, +Fils+.--Fut un des compagnons de Montaigne, quand celui-ci fit
son voyage en Italie en 1580-81; tué en duel en 1586.
6, +Puerilité+.--Jeunesse, ou mieux enfance, comme portent les
éditions antérieures et l’exemplaire de Bordeaux; vient du latin
_puerilitas_, qui a cette même signification.
24, +Grande+.
«L’affection, comme les fleuves,
Descend et ne remonte pas.» NADAUD.
24, +Aristotelique+.--ARISTOTE, _Morale à Nicomède_, IX, 7.
28, +Estre+.--D’autant que nous regardons l’être, l’existence, comme
une chose précieuse.
=22=,
8, +Moy+.--Je préférais les voir mis en nourrice (V. N. =I=, 462:
Nourrice).
17, +Nostre... hommes+.--Var. des éd. ant.: _le plaisir que nous en
receuions, non pour eux-mesmes_.
22, +Mesme+.--Au moment, sur le point de le quitter.
32, +Effect+.--En Guyenne, la législation sur la puissance
paternelle, conforme au droit romain, admettait que ce que le fils
mineur et non marié acquérait, appartenait au père; dans certaines
régions, quel que fût son âge, fût-il marié et père de famille
lui-même, il demeurait sous l’autorité paternelle tant qu’il n’était
pas émancipé et que, du consentement du père, la vie commune n’avait
pas été interrompue pendant dix ans.
=24=,
21, +Moins+.--Les Gascons paraissent avoir eu à cette époque assez
mauvaise réputation; ce passage de Montaigne implique en eux une
certaine tendance à s’approprier le bien d’autrui; ce que confirme
Rabelais, III, 42, en y ajoutant encore: «Le Gascon semble vouloir se
battre avec tout le monde; il est enclin à dérober; bonnes femmes,
prenez garde à votre ménage.»
23, +En+.--Var. de 80: _de Gascogne_.
27, +Contrées+.--Add. de 80: _de la France_.
37, +Aristote+.--_Morale à Nicomède_, IV, 3.
=26=,
16, +Coups+.--A deux reprises différentes.
18, +Nourrisse+.--Pendant l’allaitement (V. N. =I=, 462: Nourrice).
19, +Infortune+.--Léonor de Montaigne, dont il est encore parlé au
ch. V du liv. III (=III=, 208), née en 1571, morte en 1616, épousa en
premières noces, en 1590, un seigneur de la Tour, mort en 1594; elle en
eut une fille, dont la postérité s’éteignit à la première génération.
Remariée en 1608 à un vicomte de Gamaches, de cette deuxième union
naquit une deuxième fille, dont la descendance est représentée
aujourd’hui par les familles de Puysegur, de Segur et Pontac.
38, +Questuaire+.--C.-à-d. dans les autres états où l’on est
obligé de travailler, de rechercher le gain pour vivre; du latin
_quæstuarius_, mercenaire.
41, +Ans+.--«Le vingt-trois septembre 1565, i’espousai Françoise de
la Chassaigne», a inscrit Montaigne dans ses éphémérides.
42, +Aristote+.--_Politiq._, VII, 16; porte trente-sept, et non
trente-cinq.
42, +Trente+.--_République_, VI; de trente à trente-cinq, y est-il
dit.--«Conduis ta femme à ta maison en temps opportun, quand tu
auras ni beaucoup moins ni beaucoup plus de trente ans; c’est l’âge
convenable pour te marier.» HÉSIODE.
=28=,
2, +Engeance+.--Leur lignée, leur progéniture; ce mot ne s’emploie
plus guère qu’en mauvaise part:
«Quand de ces médisants l’engeance tout entière
Irait, la tête en bas, rimer dans la rivière.» BOILEAU.
5, +Temps+.--DIOGÈNE LAERCE, I, 26.
6, +Gaulois+.--Ce que Montaigne attribue ici aux Gaulois,
probablement d’après CÉSAR, celui-ci le dit, non des habitants de la
Gaule, mais de ceux de la Germanie, _De Bello Gall._, VI, 21.
18, +D’enfants+.--Mahomet, le père de ce roi de Tunis dont il a déjà
été question au ch. LV du liv. I (V. N. =I=, 576: Thunes), avait eu,
de différentes femmes, trente-quatre enfants.--J’ai connu, en 1860, un
cheikh du Ferdjoua (Province de Constantine, Algérie), Bou Akkas, le
dernier chef arabe ayant conservé son indépendance, laquelle a pris fin
à cette époque, qui, alors âgé de près de quatre-vingts ans, passait
pour en avoir eu soixante-douze dans les mêmes conditions.
19, +D’autres+.--PLATON, _Lois_, XI.--Jecus, Astylus, etc., étaient
des athlètes.
20, +Olympiques+.--Jeux qui se donnaient durant les fêtes célébrées
dans l’ancienne Grèce, à Olympie, en l’honneur de Jupiter Olympien.
L’origine de ces fêtes se perd dans les temps fabuleux; elles
revenaient tous les quatre ans, avaient lieu au solstice d’été et
duraient cinq jours; elles servirent pendant des siècles, pour la
supputation du temps. De =776= à =292=, les Grecs ne comptèrent que par
olympiades.
21, +Palæstrine+.--Lieu public chez les Grecs et les Latins, où on
se formait aux exercices du corps; se disait également des luttes qui
constituaient le principal de ces exercices.
37, +Pompes+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _et de ses riches atours_.
=30=,
7, +Acquise+.--Charles-Quint, empereur d’Allemagne et roi d’Espagne,
abdiqua la couronne d’Espagne en 1555 (il avait alors 55 ans),
en faveur de son fils Philippe II; et, l’année suivante, il céda
l’empire à son frère Ferdinand, se retirant au monastère de S.-Just en
Estramadure (Espagne), où il demeura jusqu’à sa mort (1558); on dit
qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis.
9, +Ducat+.--Boileau a traduit, ainsi qu’il suit, ces deux vers
d’Horace:
«Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant,
De peur que tout à coup, efflanqué, hors d’haleine,
Il ne laisse, en tombant, son maître sur l’arène.»
14, +Monde+.--«Les vieillards ne se croient jamais vieux; ils parlent
de leur passé, parce que la faiblesse se plaît à revivre le temps de la
force, et la souffrance dans le temps des plaisirs; de leur expérience,
qui est la chose du monde à laquelle on croit le moins. Ils exigent des
respects qui sont des aumônes; tenus dans une dépendance universelle,
ils n’obtiennent qu’une compassion sèche. Un homme qui a vécu,
c’est-à-dire observé, réfléchi, trouve dans le mépris de toutes choses
la seule consolation du vieil âge.» LAMENNAIS.
28, +Accoustumé+.--Les éd. ant. aj.: _de produire librement ce qui me
vient à la bouche_.
=32=,
17, +Commodité+.--Cette cohabitation des parents avec les enfants à
même de vivre de leur vie propre et ainsi tenus en tutelle, aboutit
rarement au résultat qu’on avait espéré. Montaigne n’en a pas fait
l’expérience; il n’a pas vécu jusqu’à un âge où une vie aussi calme que
possible devient un impérieux besoin, ce que, malgré les apparences,
les conditions qu’il préconise réalisent rarement. Chacun chez soi, ou
à sa chacunière, suivant sa propre expression, est, à cet égard, ce que
l’on peut faire de mieux.
21, +Reume+.--On comprenait alors sous ce nom de rhume: les
catarrhes, la goutte et plusieurs autres maladies. PAYEN.
37, +Authorité+.--Comme si la nature n’avait pas assez bien pourvu à
notre autorité.
38, +Famille+.--Henri IV introduisit pareillement cette réforme dans
sa famille, «car il ne voulait pas, dit PÉRÉFIXE, que ses enfants
l’appellassent monsieur, nom qui semble rendre les enfants estrangers
à leur pere et qui marque la servitude et la sujetion; mais qu’ils
l’appellassent papa, nom de tendresse et d’amour» (_Hist. de Henry le
Grand_).
=34=,
6, +Cheneuiere+.--Mannequins ou drapeaux servant à mettre en fuite
les oiseaux qui viennent manger les graines en terre, dans les champs
où croît le chanvre, ou tous autres ensemencés.
22, +Addonne+.--S’attache à lui.
=36=,
12, +Desseignée+.--Faite à dessein, préparée d’avance.
14, +Œconomies+.--Soins de ménage, administration de maison; c’est
dans ce même sens qu’on dit: l’Économique d’Aristote, de Xénophon.
14, +Effect+.--C.-à-d. j’ai vu assez de ménages où les choses,
pendant un temps souvent long et d’une façon continue, se passaient
exactement ainsi.
16, +Maris+.--Montaigne veut dire: «Les femmes ont toujours du
penchant à contrarier la volonté des maris» et sa phrase est passée à
l’état de dicton.
«Ci-gît ma femme... Oh! quel bien
Pour son repos et pour le mien!»
«Qui femme a, noise a.» _Proverbe._
«A qui Dieu veut aider, sa femme lui meurt.» _Proverbe._
«Gai, gai, de profundis!
Ma femme
A rendu l’âme.
Qu’elle aille en Paradis.
Dieu, faut-il lui survivre?
Me faut-il la pleurer?
Non, non, je veux la suivre...
Pour la voir enterrer.» Béranger.
16, +Couuertures+.--Prétextes, moyens détournés.
32, +D’ennemis+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 47; MACROBE, _Saturnales_, I, 11,
etc.
=38=,
21, +De Montluc+.--L’auteur des _Commentaires_.--Son fils Bertrand,
dit le capitaine Peyrot, se rendait en Afrique avec trois vaisseaux
qu’il avait équipés, pour y tenter aventure et s’y créer un
établissement. Une tempête le porta sur l’île de Madère où, bien qu’on
fût en paix avec les Portugais, ils firent feu sur lui; il descendit à
terre, prit la place et se fût emparé de l’île, s’il n’eût été blessé à
mort (1568).
=40=,
4, +Tyrannique+.--«Je ne puis lire qu’avec les larmes aux yeux (dans
les Essais de Montaigne) ce que dit le maréchal de Montluc du regret
qu’il a de ne s’être pas communiqué à son fils, et de lui avoir laissé
ignorer la tendresse qu’il avait pour lui. Mon Dieu, que ce livre est
plein de bon sens.» Mme DE SÉVIGNÉ, _Lettre à sa fille_.
7, +Science+.--Les éd. ant. à 88 port.: _souuenance_.
9, +Amy+.--Cette invocation s’adresse au souvenir de La Boétie.
12, +Obseques+.--De m’en remémorer à tout jamais, constamment, le
souvenir.--«Il devrait y avoir dans le cœur des sources inépuisables de
douleur pour certaines personnes.» LA BRUYÈRE.
18, +Cæsar+.--_De Bello Gal._, VI, 18.
30, +Escus+.--Il y avait le petit écu et l’écu de six livres. Quand
la valeur n’était pas spécifiée, c’était toujours du petit écu qu’il
était question; il valait trois livres, soit environ trois francs de
notre monnaie.
36, +Dot+.--Sa femme, Françoise de Chassaigne, lui avait apporté
7.000 livres de dot, et renoncé à tous droits sur la succession de ses
père et mère.
37, +Maisons+.--La maison est ce qui porte le nom.--La dot apportée
par la femme demeurant sa propriété, ce pouvait être, dans l’idée,
une cause de ruine, si elle était considérable, parce qu’elle était
tenue en dehors des dépenses d’ordre général, qu’il fallait qu’elle se
retrouvât intacte lors de la dissolution du mariage, pendant lequel la
femme avait tendance à l’accroître au préjudice de la communauté et
aussi à s’en prévaloir pour augmenter son luxe tout en en laissant la
charge au mari.
=42=,
19, +Mere+.--Les livres saints (_Proverbes_, XXXI, 3) disent: «Ne
donnez point votre bien aux femmes.»
=44=,
7, +Masculines+.--Attribution à des héritiers mâles, d’héritages
qui devraient revenir à des femmes, afin d’empêcher que par elles ils
ne passent dans des maisons étrangères.--A sa mort, Montaigne n’a pas
été conséquent avec lui-même; cédant précisément à ces préoccupations
masculines qu’il condamne quelques lignes plus bas, mû par le désir de
perpétuer son nom, ce à quoi son livre a surabondamment pourvu, il a
fait un testament par lequel il disposait de plus qu’il ne possédait
et instituait le puîné de ses descendants héritier de sa terre et de
son nom, ce qui a donné lieu à un procès qui ne s’est terminé que deux
siècles après; le seigneur et le philosophe, en cette circonstance,
se sont tenus nettement en contradiction. Le fait s’est produit dans
les conditions ci-après: En 1590, lors du mariage de sa fille Eléonore
avec François de la Tour, Montaigne attribua par contrat de mariage,
avec substitution graduelle et perpétuelle au second des enfants mâles
qui naîtraient de ce mariage, la terre de Montaigne, ses dépendances
et une somme de 30.000 livres. François de la Tour mourut en 1594,
laissant une fille, Françoise, qui, en 1600, n’ayant que six ans, fut
fiancée à Honoré de Lur qui n’en avait que neuf; le contrat définitif
de mariage fut passé en 1607. L’année suivante, Eléonore se remariait
au vicomte de Gamaches, et dès ce moment la disposition insérée par
son père dans son premier contrat devint un sujet de difficultés entre
les deux branches. Françoise de la Tour était morte en 1613, laissant
un fils, le vicomte d’Orellian, né l’année précédente; Eléonore, en
1616, lorsqu’elle mourut, le nomma à la substitution de la terre de
Montaigne. De son second mariage, elle avait eu une seconde fille,
Marie de Gamaches, qui épousa Louis de Lur, baron de Fargues, frère
d’Honoré, le mari de sa sœur Françoise (V. N. =I=, 74: Salusse). Un
accord survenu en 1627 entre les deux frères régla à l’amiable le
différend pendant par suite de la substitution; mais la mort du vicomte
d’Oreillan, tué en 1639, au siège de Salces, dans le Roussillon,
rouvrit les revendications de la branche cadette et il en résulta une
série de procès qui durèrent deux cents ans.
21, +Platon+.--_Lois_, XI.
29, +Delphique+.--«Γνωθὶ σεαυτόν (Connais-toi toi-même)», inscription
qui était gravée au fronton du temple d’Apollon à Delphes. V. N. =I=,
28: Congnoy.
=46=,
12, +Loy+.--La loi salique, code civil et pénal des Francs Saliens.
Un de ses articles fixe que les mâles seuls peuvent succéder au fief
donné au guerrier en vue du service militaire; appliquée jusqu’alors
uniquement aux propriétés particulières, elle le fut, pour la première
fois, à la couronne de France, en 1316, à la mort de Louis le Hutin.
26, +Petits+.--Add. des éd. ant.: _ny goust de parenté_.
31, +Charge+.--Ce qui n’empêche que les siens, «il ne les souffrait
pas volontiers nourris près de lui» (=II=, 22), «et qu’il en a mis
deux ou trois en nourrice» (=I=, 462 et N. Nourrice).--Ce qui convient
sur ce point, en ces temps-ci où les santés et les constitutions sont
si délabrées par l’hérédité de parents déjà malingres ou avariés dans
le sens général du mot comme dans celui plus spécial dans lequel on
l’emploie aujourd’hui, par la vie à outrance que chacun mène soit
pour ses plaisirs, soit par nécessité de situation et les habitudes
nouvelles, et aussi par la sophistication la plus étendue et la
plus éhontée de toutes les denrées alimentaires, semble être que
l’enfant est à mettre en nourrice si la mère est vraiment hors d’état
de l’allaiter dans de bonnes conditions et qu’elle est coupable
lorsqu’elle s’affranchit de le nourrir elle-même, étant à même de le
faire.
36, +Nostres+.--Il en est malheureusement encore ainsi; pourtant la
législation est récemment intervenue pour, dans une certaine mesure,
prévenir les abus: elle interdit notamment de priver tout enfant de
moins de trois mois, du lait de sa mère pour le donner à un nourrisson.
Dans sa comédie des «Remplaçantes», M. Brieux combat ces mêmes
errements si contraires aux lois de l’humanité; mais plus nous allons,
moins on a de propension à faire passer avant toute autre considération
l’intérêt de l’enfant, d’après lequel toute femme qui peut nourrir
son enfant et ne le fait pas commet un crime, et que celle qui, ne
le pouvant pas, s’y obstine pouvant faire autrement, tout en étant
excusable, parce qu’elle obéit à un sentiment naturel, n’en commet pas
moins une faute grave.
=48=,
17, +Indifferemment+.--Si dans certaines contrées les femmes étaient
en commun, il en était d’autres où les mariages se faisaient à la
criée, conte également HÉRODOTE. En Babylonie, une fois l’an, dans
chaque bourgade, les filles nubiles étaient réunies et divisées en
deux catégories: les belles, et celles qui ne l’étaient pas, étaient
estropiées, etc. On commençait par les premières et dans celles-ci par
la plus belle, chacune était successivement attribuée au plus offrant;
on passait ensuite aux autres en procédant par la moins avenante. Le
prix d’adjudication des premières était payé par les acheteurs, et
pour les secondes remis aux acquéreurs, l’argent versé pour les belles
servant de la sorte à constituer des dots aux laides.
19, +Pas+.--HÉRODOTE, IV, 180, dit que l’on regarde alors comme le
père de chaque enfant celui auquel il ressemble le plus.
21, +Autres nous mesmes+.--Les éd. ant. port.: _chair de nostre chair
et os de nos os_.
32, +Platon+.--Dans _Phèdre_.
=50=,
2, +Fille+.--NICÉPHORE, XII, 34.--Ses histoires éthiopiques qui
comprennent entre autres l’histoire amoureuse de _Théagène et
Charyclée_, qu’appréciait tellement Racine que, dit-on, il la savait
par cœur. Le fait raconté par Montaigne est contredit par BAYLE,
_Héliodore_.
20, +Estudes+.--Ce genre de peine, qui ne s’applique plus
aujourd’hui, s’est longtemps maintenu de pratique courante; et, jusqu’à
la Révolution, on condamnait au feu et on brûlait un peu partout,
en France, en Angleterre, aussi bien qu’à Rome, les livres frappés
d’interdit et notamment ceux entachés d’hérésie.--En 1735, Voltaire
eut ses Lettres philosophiques, ou Lettres anglaises, brûlées à Paris
par la main du bourreau; et en 1760, il en fut de même, à Genève, de
l’_Émile_ de J.-J. Rousseau.
28, +Ensemble+.--SÉNÈQUE LE RHÉTEUR, _Controverses_, V.--Ce Labienus
n’est pas le fils, mais le petit-fils du lieutenant de César, qui,
devenu son adversaire, périt à la bataille de Munda (=45=). Quintus son
fils alla, après la mort de César, chez les Parthes pour les décider
en faveur de Brutus, et fut vaincu, pris et mis à mort par Ventidius,
lieutenant d’Antoine.
37, +Manger+.--TACITE, _Ann._, IV, 34.--En 20; c’était la première
fois qu’une accusation de ce genre était portée; elle le fut à
l’instigation de Séjan: l’auteur se défendit avec énergie en présence
même de Tibère. L’ouvrage condamné échappa nonobstant à la destruction;
on le cacha et plus tard il reparut.
=52=,
4, +Bouche+.--TACITE, _Ann._, XV, 70. En 65; Lucain avait participé
à la conjuration de Pison contre Néron, par ressentiment de ce que ce
dernier, par jalousie littéraire, cherchait à étouffer la gloire de
ses vers et lui avait défendu de les montrer. Tandis que, les veines
ouvertes, son sang s’échappait et qu’il allait s’affaiblissant, il se
rappela un passage où il avait décrit chez un soldat blessé une mort
analogue et s’éteignit en les récitant. V. =II=, 66 et N. Lucain.
10, +Epicurus+.--DIOGÈNE LAERCE, X, 22; CICÉRON, _De Finibus_, II, 30.
22, +Enfans+.--Saint Augustin, d’après ses Confessions, aurait eu des
enfants, avant sa conversion; mais cette appréciation de Montaigne,
qui est de celles qu’on lui a reprochées, ne saurait être incriminée
que par des critiques par trop superficiels, ce n’est chez lui qu’une
manière de dire.
33, +Rome+.--Les éd. ant. port.: _France_.
34, +Aristote+.--_Morale à Nicomaque_, IX, 7.
38, +Lacedemoniens+.--DIODORE DE SICILE, XV, 87.--Épaminondas blessé
mortellement à la bataille de Mantinée (=363=), ses amis l’entouraient
et l’un d’eux s’écria en pleurant: «Ah! Épaminondas! faut-il que
tu meures sans enfants!»--«De par Jupiter, répondit celui-ci, cela
n’est pas; je laisse deux filles, la victoire de Leuctres et celle
de Mantinée.»--D’après CORNÉLIUS NÉPOS, _Épaminondas_, 10, ce grand
capitaine n’aurait parlé que d’une fille, la bataille de Leuctres,
ignorant peut-être à ce moment que son nouveau succès qui lui coûtait
la vie fût aussi complet (V. N. =I=, 314: Reng; N. =III=, 18:
Epaminondas).
39, +D’eschanger... gorgiasses+.--Var. des éd. ant.: _à eschanger
celles-là aux mieux nées et mieux coiffées_.
=54=,
1, +Estre+.--Tous deux en eurent: Alexandre en eut un, Hercule,
de Barsine, fille d’Artabase, du sang des rois d’Arménie, ce fils
atteignit l’âge de dix-sept ans; et un autre posthume, Alexandre, de
Roxane, fille d’un satrape de Perse. Cassandre, fils d’Antipater, les
fit mourir tous deux avec leurs mères (V. N. =III=, 14: Possession).
L’histoire conserve encore le souvenir d’un troisième, né de Cléophis,
reine d’un royaume des Indes, qui reçut son nom et régna sur les états
de sa mère.--De César, on connaît Césarion, qu’il eut de Cléopâtre
(V. N. =II=, 634: Cæsarion); on lui attribuait aussi la paternité de
Brutus, l’un de ses assassins, fils de Servilia, sœur de Caton d’Utique.
1, +Phidias+.--Ses œuvres les plus célèbres sont: le Jupiter
Olympien, les sculptures du Parthénon, dont il fut l’architecte, et la
statue de Minerve, qui en surmontait le fronton.
6, +Filles+.--Attila avait un grand nombre de femmes parmi lesquelles
se trouvait une de ses filles, nommée Esca; ces alliances incestueuses
n’étaient pas réprouvées par les Huns.--Dans des conditions
particulières, l’histoire des filles de Loth nous présente quelque
chose d’analogue (GENÈSE, XIX).
6, +Fils+.--Cette assertion de Montaigne évoque le souvenir
de la réplique de Marie-Antoinette accusée, devant le Tribunal
révolutionnaire, d’avoir corrompu son fils, dans la tour du Temple: «La
nature se refuse à pareille question faite à une mère; j’en appelle à
toutes celles qui sont ici» (1793).--Et cependant on a accusé Agrippine
d’avoir cherché à retenir, par ce moyen, son influence sur son fils
qu’elle sentait lui échapper; mais ce fils était Néron, et l’une comme
l’autre étaient des prodiges de vice.
8, +Pygmalion+.--Devint amoureux de la statue de Galathée qui était
son propre ouvrage, obtint de Vénus que ce marbre s’animât et l’épousa.
_Myth._--Cette fable est le sujet d’un charmant opéra-comique de Massé,
paru en 1852.