22, +Huict ans+.--PLUTARQUE, _Caton d’Utique_, 20.
24, +S’entretiennent de+.--_Se consolant en_ (var. des éd. ant.).
=596=,
4, +Esperable+.--On meurt de vieillesse, ou pour mieux dire d’usure,
à tout âge, suivant le degré de force vitale que l’on a reçue en
naissant, et les épreuves survenues postérieurement. Toutefois on peut
admettre qu’aucune autre cause de mortalité n’intervenant, ce degré
de force est normal, quand il fait durer l’homme jusqu’à 70 ans, et a
fortiori au delà. Les tables de mortalité de Duvillard établissent que
sur un million d’êtres humains qui viennent au monde viables: 117.000
arrivent à l’âge de 70 ans; 35.000 à celui de 80 ans; 4.000 à 90; 207
à 100; 1 à 109; aucun à 110.--Des cas de longévité plus considérable
sont cependant accusés, même en assez grand nombre, dans les temps
reculés, mais seule la tradition les rapporte et nous n’avons rien qui
permette de les contrôler. Les plus saillants sont, d’après la Bible:
Adam, qui vécut 930 ans; Mathusalem, 969; d’après les auteurs profanes:
la Sibylle d’Erythrée, 1000 ans; Épiménide, en Crète, 157 ans. On cite
aussi, et celui-là avec un certain caractère d’authenticité, le cas
d’un Anglais, qui serait né en 1483 et mort en 1651, ayant vécu 169
ans; dix rois, dans ce laps de temps, se sont succédé sur le trône
d’Angleterre.
19, +Durer+.--Les chances théoriques, mais non effectives, que
nous avons d’arriver à tel ou tel âge, varient suivant celui auquel
nous sommes parvenus. Ces chances sont actuellement assez exactement
déterminées par les tables de mortalité: Montaigne, par exemple, qui
avait quarante-deux ans, quand, vers 1574, il écrivait ce chapitre,
avait plus de chances de longévité, infirmités à part, que lorsque,
n’ayant que trente-neuf ans, il écrivait le ch. XIXe de ce même livre.
V. =I=, 112 et N. Autant.--Toutefois ces indications, résultat de
statistiques, qui vont acquérant de jour en jour plus d’exactitude,
ne sont pas immuables; elles accusent un accroissement constant de
longévité. La vie moyenne qui, avant la Révolution, était de 29 ans,
semble, en France, être de 46 ans (45 pour les hommes, 47 pour les
femmes), grâce surtout aux mesures prises pour la conservation des
nouveau-nés et des enfants en bas âge, aux progrès de l’hygiène et à
une plus grande préoccupation de l’homme pour sa conservation, quelque
peu aussi à l’avancement des sciences médicales, mais ce, il faut bien
le dire, au détriment de la santé, de plus en plus compromise par le
maintien à l’existence, à force de soins et de précautions, d’individus
chétifs et perpétuellement souffreteux; la sélection qui s’opérait
jadis, se faisant moins bien aujourd’hui, ils vont transmettant à ceux
qu’ils engendrent les tares dont ils sont eux-mêmes affectés, que
viennent aggraver à chaque génération le surmenage intellectuel et
physique, moins d’exercices fortifiants, moins de grand air, l’abus de
l’alcool, les excès et la continuité des jouissances de toute nature,
et aussi les falsifications de plus en plus nombreuses et nocives des
denrées alimentaires. En somme, la durée de la vie humaine s’accroît,
mais à tous les âges on se porte notablement plus mal; est-ce progrès?
25, +Trente ans+.--SUÉTONE, _Auguste_, 12.--Les lois fixaient chez
les Romains l’âge de 31 ans pour l’obtention de la questure; 37,
pour l’édilité; 40, pour la préture; 43, pour le consulat; mais on
accordait souvent des dispenses, témoin Scipion Émilien postulant le
consulat et répondant à quelqu’un qui lui objectait qu’il n’avait pas
l’âge: «Je l’aurai, si je suis nommé.» En =81=, Sylla fit rendre une
loi complémentaire interdisant de commander une armée avant d’être
questeur, et consul avant d’en avoir commandé une; et elle interdisait
d’être nommé une seconde fois à une même charge avant deux ans
d’intervalle.
27, +Guerre+.--AULU GELLE, X, 28.
28, +Seiour+.--Repos, retraite.
32, +Cettuy-ci+.--Auguste, dont il vient d’être parlé.
34, +Trente+.--Cette émancipation des souverains est générale, et
partout on les voit exercer le pouvoir royal à un âge où, simples
particuliers, ils ne pourraient gérer leurs propres intérêts. Il
semble qu’il y ait pour la gestion des affaires publiques des grâces
d’état, car indépendamment de cette anomalie, en partie justifiée par
l’éducation spéciale dont ces princes sont l’objet, combien de nos
hommes politiques gèrent les nôtres, qui, au su et connu de tout le
monde, ne savent pas gérer les leurs et auxquels nous ne confierions
pas nos intérêts privés; que les incrédules aillent se renseigner,
auprès des trésoriers de nos deux Chambres, sur les oppositions dont
sont l’objet les traitements, au début de leurs mandats, de nos députés
et sénateurs.
35, +Estre+.--Montaigne se prononce ici pour l’émancipation complète
de l’homme à 20 ans. De son temps, les coutumes, sur ce point, étaient
variables; cependant, en général, la majorité légale était, à peu près
partout, fixée à 21 ans, mais les droits qu’elle concédait étaient
restreints; la majorité parfaite, qui seule permettait de disposer des
immeubles, n’avait lieu qu’à 26 ans. Depuis la Révolution, sauf sous
le rapport du mariage, exception dont se poursuit l’abrogation, on est
absolument hors tutelle à 21 ans.
37, +Arre+.--Arrhe, marque, témoignage.--PHILIPPE DE COMINES dit de
même: «Il faut noter que tous les hommes qui jamais ont été grands
et fait de grandes choses, ont commencé fort jeunes; cela tient à
l’éducation, ou vient de la grâce de Dieu.»
=598=,
29, +Tard+.--Les éd. ant. port.: _longtemps_.
[F.427] LIVRE SECOND