=530=,
4, +Romans+.--C.-à-d. les auteurs qui écrivent en roman. La langue
romane a pris naissance au moyen âge; elle était alors dénommée «le
nouveau langage», et est, à proprement parler, l’origine de la langue
française.
5, +Equos+.--Les chars romains s’attelaient généralement à trois
chevaux de front: un dans les brancards, _funalis_ ou d’attelage, les
deux autres en dehors, à droite et à gauche; ces deux derniers, ou l’un
d’eux seulement, étaient parfois montés. Montaigne appelle celui de
droite _dextrarius_; ce mot ne se trouve que chez certains auteurs du
moyen âge.--Les _desultorii_ étaient des chevaux de selle accouplés,
desquels on passait, on sautait, comme l’indique leur nom, de l’un sur
l’autre.
9, +Gendarmes+.--Le gendarme était anciennement l’homme de guerre, à
cheval, armé de toutes pièces et accompagné de ses suivants; ici ce mot
désigne les cavaliers numides.
23, +Coustillier+.--Valet qui portait la coustille (sorte d’épée ou
de long poignard) et se tenait près de l’homme d’armes.
24, +Maistre+.--HÉRODOTE, V.--La manière de faire du cheval
d’Artibius était connue, et l’écuyer d’Onésilus l’avait rassuré en lui
disant qu’il se chargeait de l’animal. Le fait se passait en =493=, au
début de la première guerre médique; Artibius fut tué, mais dans ce
même combat périt Onésilus.
28, +Vray+.--Ce cheval s’appelait Savoye; c’était, dit PHILIPPE DE
COMINES, le plus beau cheval de son temps; il avait 29 ans; un poète
de l’époque lui a consacré des vers. A cette même bataille de Fornoue
(1495), le cardinal archevêque de Lyon demeura constamment près du roi,
à cheval, la mitre en tête et la croix à la main.
35, +Bons hommes de+.--Var. de 80: _bien à_.
=532=,
2, +Carriere+.--Faire prendre carrière à un cheval, c’était,
en langage des gens de cheval du temps, le faire galoper à toute
vitesse.--PLUTARQUE, _César_, 5.
7, +Toreau+.--D’où son nom «Tête de taureau». Alexandre était de
première jeunesse quand ce cheval vint en sa possession, lui-même
le dompta et dressa; l’animal ne se laissait monter que par lui et
à plusieurs reprises il sauva la vie à son maître en le tirant de
la mêlée; il mourut vers 17 ou 18 ans, de fatigue suivant les uns,
suivant d’autres de blessures reçues à la bataille livrée contre Porus.
Alexandre le fit enterrer et sur l’emplacement éleva une ville qu’il
appela Bucéphalie. Bucéphale avait été acheté treize talents (65.000
fr.); on peut rapprocher ce prix de ceux payés de nos jours pour un
cheval de course, Gladiateur, et un taureau, Duke of Connaught, vendus
aux enchères le premier 200.000 fr., le second 118.125 fr. Disons
encore qu’il y a un siècle et demi, en 1764, d’Eclipse, le père de tous
les chevaux pur sang anglais, il a été refusé 300.000.
12, +Venus+.--SUÉTONE, _César_, 61.
15, +Platon+.--_Lois_, VII.
15, +Pline+.--Liv. XXVIII, 4.
17, +Xenophon+.--_Cyropédie_, IV, 3.
17, +Loy+.--Add. des éd. ant.: _de Cyrus_.
18, +Iustinus+.--Liv. XLI.
29, +Combat+.--Quand le sort des armes était douteux, dit SUÉTONE,
_César_, 60, il renvoyait tous les chevaux, à commencer par le sien,
afin d’imposer à ses soldats l’obligation de vaincre, en leur ôtant les
moyens de fuir.--Dans les temps modernes, les régiments de dragons ont
été créés dans ce double but de pouvoir combattre soit à cheval, soit à
pied; actuellement, toute la cavalerie (les cuirassiers exceptés, qui
n’ont d’autre raison d’être que la gloriole des potentats du jour de
les voir leur servir d’escorte) est dressée en vue de semblable utilité.
29, +Tite-Liue+.--Liv. IX, 22.
33, +Grand Seigneur+.--Appellation sous laquelle on désignait le
sultan de Constantinople.
=534=,
1, +Anglois+.--La guerre de Cent Ans, commencée en 1337 sous Philippe
VI de Valois, à l’occasion de la protection accordée par Édouard III,
roi d’Angleterre, à Robert, comte d’Artois, condamné par les Pairs
de France à la perte de son comté, entremêlée de trêves, et terminée
après de nombreux combats et fortunes diverses par l’expulsion hors de
France, en 1453, des Anglais qui, au début, y possédaient de nombreux
fiefs, l’Anjou, la Guyenne, etc., représentant à un moment beaucoup
plus que ce qui demeurait à la France elle-même.
1, +Assignées+.--Ayant lieu pour ainsi dire de commun accord, d’où
le nom de batailles rangées où chacun des adversaires avait pris ses
dispositions essentielles de combat avant le commencement de l’action;
la guerre de Cent Ans en fournit de nombreux exemples cités par
Froissart. Ce qui jadis était presque de règle, est devenu aujourd’hui
l’exception; on cherche surtout maintenant à surprendre l’ennemi, et
la victoire s’obtient plus par les mouvements subséquents opérés une
fois l’action engagée, que par suite des dispositions préliminaires
conduites fréquemment davantage en vue de tirer profit de la victoire
que de la remporter.
5, +Xenophon+.--_Cyropédie_, IV, 3.--Chrysanthe, seigneur perse, fut,
auprès de Cyrus, le promoteur de l’usage qui s’établit chez ce peuple,
de ne se déplacer qu’à cheval, au point de trouver déshonorant d’aller
à pied, sauf le cas de force majeure.
19, +Respondre+.--C.-à-d. les armes les plus courtes sont les
meilleures, ce que corroborait cet adage du temps: «A vaillant homme,
courte épée.» Cette assertion n’est vraie que pour le combat corps à
corps; exacte pour les guerres anciennes, elle ne l’est plus pour les
guerres actuelles, où cette sorte de combat se fait de plus en plus
rare.
22, +Rouët+.--L’un des moyens employés à cette époque pour
l’inflammation de la poudre dans les armes à feu portatives, consistait
en un silex (pierre à fusil), dont on tirait des étincelles par
l’action d’une roue en acier, dite rouet.
29, +Nostres+.--L’auteur avait vraisemblablement l’intention de
traiter ultérieurement en détail cette question des armes; il ne l’a
pas fait et s’est borné à cette addition insérée dans l’édition de 1595
qu’on trouve quelques lignes plus bas, commençant à ces mots: «Celle de
quoy les Italiens» pour se terminer à ceux-ci: «representoient de bien
pres nos inuentions».
32, +L’vsage+.--On ne prévoyait pas à ce moment à quel degré de
puissance et de rapidité de tir en arriveraient canons et fusils; nul
doute qu’aujourd’hui Montaigne ne penserait pas ce qu’il dit de leurs
effets et de leur abandon.
32, +Italiens+.--Les Italiens des temps anciens, avant même la
fondation de Rome, ainsi qu’il ressort de la citation de Virgile, qui
se rapporte à des événements antérieurs à cette fondation et fait
expressément mention de cet engin de guerre.
34, +Iaueline+.--Sorte de trait pouvant être lancé à la main, qui se
distinguait du javelot par une plus grande longueur de hampe ou hante,
comme on disait et écrivait alors.
=536=,
14, +Destinassent+.--Cette adresse évoque le souvenir d’Aster,
habile archer qui, au siège de Méthone (Macédoine), creva l’œil droit
de Philippe de Macédoine avec une flèche sur laquelle était écrit,
dit-on: «Aster, à l’œil droit de Philippe.» A quoi le roi répondit en
en faisant lancer dans la place une autre portant: «Si Philippe prend
la ville, Aster sera pendu»; ce qui eut lieu (=353=).--Ou encore, celle
de Guillaume Tell abattant d’une flèche une pomme placée sur la tête
de son fils (1307), fait discuté qui se retrouve également dans les
légendes du Danemark.
17, +Asie+.--Les Galates, mélange de Gaulois et de Grecs qui, en l’an
=278=, envahirent l’Asie et s’établirent dans la partie N. de l’Asie
Mineure.
24, +Retraitte+.--Effectuée après la bataille de Cunaxa. V. N. =I=,
396: Païs; =I=, 524: Perses.
28, +Armé+.--XÉNOPHON, _Anabase_, V, 2.
28, +Engeins+.--Catapultes qui lançaient des pierres énormes et des
pièces de bois dont la tête était armée de fer et dont la longueur
atteignait jusqu’à 15 pieds (5 mètres). ELIEN, _Var. Hist._, VI, 12, en
attribue l’invention à Denys; DIODORE DE SICILE, XIV, 42, se borne à
dire qu’elle fut inventée de son temps à Syracuse; PLINE, VII, 56, dit
que ce furent les Syro-Phéniciens qui s’en servirent les premiers.
31, +Inuentions+.--Au temps de Montaigne, les armes à feu
commençaient à faire leur apparition. L’arquebuse n’excédait guère en
portée l’arbalète, une centaine de mètres, sa justesse était moindre,
elle lui était encore plus inférieure sous le rapport de la rapidité
du tir; le canon avait un effet notablement supérieur aux balistes et
ses boulets de pierre portaient à plusieurs centaines de mètres, un
kilomètre, tandis que les quartiers de roche que lançaient celles-ci
allaient à peine à cent ou cent cinquante mètres.--Aujourd’hui le
fusil, sous un angle de 32°, porte à 3.600m; avec la hausse de 400m,
il atteint de 0m à 400m tout homme debout ou à genou; l’écart à cette
distance n’est que de 0m,12 (à 800m, de 0m,30); sa balle, à cette même
distance de 400m, pénètre de 0m,60 dans de la terre, traverse une
lambourde de sapin de même épaisseur et une plaque de fer de 0m,005;
la vitesse du tir peut atteindre 12 coups par minute... Le canon de
campagne, du calibre de 0m,075, a sous un angle de 17 une portée de 6
kilomètres; son écart à 2 k. est de 10m; à la même distance son obus
à mitraille traverse sans se rompre un mur de maçonnerie de 0m,50
d’épaisseur; indépendamment de ses fragments d’enveloppe, il projette
en éclatant 180 balles qui, à 200m du point d’éclatement, sont encore
meurtrières; sa vitesse de tir peut atteindre seize coups par minute.
Les pièces de la marine, pour ne prendre que le canon de 0,305, et il
en est de calibre supérieur, ont une portée qui atteint 12 kilomètres;
le _Variag_, lors de la guerre russo-japonaise, a été coulé à la
distance de 6 kilomètres; leurs projectiles percent des cuirasses
d’acier de 0m,28 d’épaisseur et ils peuvent tirer jusqu’à trois
coups en cinq minutes.--Quant aux effets de destruction des engins
dont usèrent les anciens, si ingénieusement conçus et si puissants
qu’ils aient été, peuvent-ils être comparés pour leurs effets aux
énormes projectiles incendiaires de nos jours, qui, chargés de cent
à cent cinquante kilos de mélinite (la mélinite est six à huit fois
plus brisante que la poudre), qui écrasent les voûtes de maçonnerie
de plusieurs mètres d’épaisseur les plus solidement construites,
formant en éclatant des entonnoirs qui ont jusqu’à cinq ou six mètres
de profondeur et dix ou douze de diamètre; ou à ces torpilles dont
une seule suffit pour anéantir en quelques minutes ces colosses que
sont les cuirassés d’escadre dont quelques-uns jaugent jusqu’à 18.000
tonneaux, portent un millier d’hommes et coûtent trente millions et au
delà!
32, +Sur sa mule+.--Var. des éd. ant.: _à cheual_.
33, +Paris+.--_Et ailleurs_, aj. les éd. ant.
=538=,
1, +Gascons+.--MONSTRELET, I, 66; il y joint les Lombards.
4, +Mots+.--Add. des éd. ant.: _Ie ne sçay quel maniement ce pouuoit
estre, si ce n’est celuy de noz passades_ (les carrousels de nos jours).
4, +Suede+.--CÉSAR, _De Bello Gall._, IV, 1.--Il s’agit des Suèves,
peuple de Germanie, devenus plus tard les Souabes. Les Bretons, dit
César quelques lignes plus bas, avaient un usage semblable.
11, +Autresfois+.--Dans son voyage en Italie, en 1581, à Rome, du
fait d’un Italien qui avait été longtemps esclave en Turquie.
19, +Alphonce+.--Alphonse XI, roi de Léon et de Castille.
22, +D’argent+.--Le marc de Castille était de 230 gr., d’une
valeur par suite de 46 fr. de notre monnaie, abstraction faite de la
plus-value de l’argent à cette époque.
28, +Mules+.--En Judée, au temps des Hébreux, l’âne servait de
monture aux personnages les plus considérés, c’était d’ailleurs la
mieux appropriée à la configuration accidentée du pays; c’est sur un
âne que Notre-Seigneur fit à Jérusalem l’entrée triomphale que l’Église
célèbre le dimanche des Rameaux.--Par contre, dans les pays musulmans
où le Juif est un objet de mépris, monter un cheval ou un mulet lui
sont interdits; l’âne est la seule monture qui lui soit tolérée. Dans
ces mêmes pays, il n’y a pas longtemps encore, un chrétien ne pouvait
davantage aller à cheval.
28, +Xenophon+.--_Cyropédie_, III, 3.
=540=,
2, +Metellus+.--En =118=. «Boire leur urine et celle de leurs chevaux
ne leur réussit pas; ils excitaient par là leur soif plus qu’ils ne
l’apaisaient, et cela leur occasionna des souffrances que le vainqueur
lui-même ne les eût pas contraints à endurer.» VALÈRE MAXIME, VII, 6.
9, +Indes+.--Les Indes occidentales; nom donné à l’Amérique lors de
sa découverte.
13, +Viandes+.--Vivres, du latin _vivandus_, qui sert à vivre. V. N.
=III=, 550.
16, +Deçà+.--Les Indes orientales; l’Hindoustan actuel.
20, +Seul+.--ARRIEN, _Hist. Ind._, 17.
23, +Rutilianus+.--Ou plutôt Rullianus, TITE-LIVE, VII, 30.--En
=322=, Papirius Cursor étant dictateur. L’idée première d’enlever leurs
brides aux chevaux vint de L. Cominius, tribun militaire. Ce combat,
où les Romains eurent l’avantage et où périt, dit-on, 20.000 ennemis,
fut livré par Fabius, maître de la cavalerie, en l’absence et contre
les ordres de Papirius Cursor qui, à l’exemple de Manlius, voulut punir
cette désobéissance; et, malgré son nom et sa victoire, Fabius eût
payé de mort ce succès, si Rome, toute entière, ne s’était employée à
fléchir le dictateur.
34, +Transcurrerunt+.--TITE-LIVE, XL, 40.--L’an =180=; cette mesure
procura cette fois encore le résultat attendu, la cavalerie romaine
rompit les Celtibériens contre lesquels s’était brisée l’infanterie et
fixa la victoire en faveur de Rome.--A Waterloo, en 1815, la cavalerie
anglaise chargeant la nôtre lors de notre première attaque du plateau
de Mont Saint-Jean, avait aussi enlevé, dit-on, les gourmettes à ses
chevaux.
=542=,
1, +Delices+.--Les Tartares font, avec le lait de jument fermenté,
une boisson enivrante appelée kumisse, qu’on a employée parfois en
Europe comme médicament.
3, +Langue+.--Cette servitude, qui avait commencé vers le milieu du
XIIIe siècle, se maintint jusque vers la fin du XVe.
7, +Vitale+.--Dans la campagne de Russie de 1812, on a vu des blessés
se réfugier dans l’intérieur de chevaux morts.
8, +Tamburlan+.--En 1402, à la bataille d’Ancyre (auj. Angora),
en Asie Mineure, où Bajazet, sultan de Constantinople, fut battu et
fait prisonnier par Tamerlan Mogol qui, dit-on, mais le fait semble
controuvé, l’enferma dans une cage de fer et le traîna ainsi à la suite
de ses hordes. Dans cette bataille, qui dura trois jours et deux nuits,
un million d’hommes se combattirent et 240.000 furent mis hors de
combat.--Bajazet était borgne; Tamerlan, par suite de blessures reçues
à la main et au pied, était manchot et boiteux.
8, +Belle erre+.--En grande hâte; on retrouve ce mot avec ce sens
dans une ballade de LA FONTAINE:
«Et je maintiens, comme article de foi,
Qu’en débridant matines à grand’erre,
Les Augustins sont serviteurs du roi.»
16, +Prodige+.--Un mauvais présage pour lui. HÉRODOTE, I, 78.
18, +Oreille+.--Montaigne ne parle que des crins et de la queue;
contre son habitude, il se tient sur la réserve; pour être exact, il
eût dû ajouter: et est propre à la reproduction.
18, +Montre+.--C.-à-d. et on n’en admet pas d’autres dans les montres
ou revues.
21, +Triomphe+.--PLUTARQUE, _Nicias_, 10. V. N. =I=, 528: Contraire.
24, +L’autre+.--QUINTE-CURCE, VII, 7.
30, +Second+.--Premier écuyer du roi; Montaigne, lors de son premier
voyage à Paris, vers 1555, a pu le voir, dans l’exercice de ses
fonctions, donnant aux fils de Henri II leur leçon d’équitation, et
peut-être est-ce le souvenir qu’il en a conservé qui lui a fait écrire
au ch. VII du liv. III (=III=, 326): «Vn cheual qui n’est ny flateur ny
courtisan, verse le fils du Roy par terre, comme il feroit le fils d’vn
crocheteur.»
35, +Estrier+.--Vers 1840, en Algérie, le commandant de Bonnemain,
alors sous-officier de spahis, accomplit un tour de force équestre
analogue, mais plus étonnant encore. Élevé depuis l’âge de onze ans
parmi les indigènes, même aux yeux des Arabes, c’était un cavalier
émérite. Cheminant un jour, avec une troupe nombreuse, dans la plaine
des Haractas, un lièvre fut aperçu. Si Mustapha, c’était le nom qu’il
avait reçu des indigènes, se lança à sa poursuite, le suivit dans
tous ses tours et détours, le força à la course et sans s’arrêter ni
descendre de cheval, vidant d’un pied l’étrier et y conservant l’autre,
il le saisit et l’enleva à la main.
36, +Viuoit+.--C’est ce même Italien dont il est question plus haut.
V. N. =I=, 538: Autresfois.
38, +A tours+.--Tour à tour.
=544=,
8, +Reales+.--Petite pièce de monnaie d’Espagne, en argent, valant
environ 25 centimes.