Ce chapitre est numéroté XL dans les éd. ant. et l’ex. de
Bordeaux.
10, +Couples+.--Épicure et Sénèque d’une part, Cicéron et Pline le
Jeune de l’autre.
14, +Registres+.--Pline ne mérite pas ce reproche. Cicéron, _Epist.
fam._, V, 12, écrivant à Lucceius, le prie, en effet, de ne pas
s’attacher simplement à son endroit aux règles de l’histoire, et de
franchir hardiment, en sa faveur, les bornes de la vérité; tandis
que Pline, _Epist._, VII, 33, déclare expressément à Tacite qu’il ne
demande pas qu’il donne la moindre atteinte à ce qui est: l’histoire,
ajoute-t-il, doit émaner de la vérité qui suffit pour que soient
acceptés tous les faits qu’elle relate.
16, +Histoires+.--Ce désir de voir leurs faits et gestes passer à
la postérité (toute altération de la vérité mise de côté) était bien
excusable chez ces deux personnages, en raison des services qu’ils
avaient conscience d’avoir rendus. Les en blâmer serait condamner un
des plus puissants stimulants, chez l’homme, du bien et du beau; et
l’humanité, s’il en était ainsi, sans y rien gagner, pourrait y perdre
beaucoup.
20, +Amis+.--Les lettres de Cicéron ne semblent pas, comme Montaigne
le donne à entendre, avoir été écrites pour le public; lui-même n’en
avait conservé que soixante-dix, les autres ont été recueillies par
Tiron après sa mort; il suffit de lire surtout les lettres à Atticus
pour être persuadé qu’elles ne s’adressaient qu’à lui. A l’égard de
Pline le Jeune, l’assertion est au moins douteuse.
24, +Monde+.--D’une république souveraine du monde.
=432=,
7, +Personnage+.--DIDEROT ne partage pas cette manière de voir:
«Le talent de s’immortaliser par les lettres n’est pas une qualité
malséante pour personne à quelque rang que ce soit: la guirlande
d’Apollon s’entrelace sans honte sur le même front que celle de Mars.»
9, +Afriquain+.--Térence, dont il est ici question, était d’origine
africaine; amené à Rome comme esclave, il avait été acheté par Scipion
Émilien et rendu par lui à la liberté.
11, +Luy mesme+.--Il ne l’avoue pas, et les passages du prologue de
sa comédie des _Adelphes_ où l’on a cru en voir indice ne sont autres
que des marques de déférence à l’égard de protecteurs, ne comportant
nullement l’idée de coopération; du reste, il était plus âgé que
Scipion et Lélius et sa notoriété avait précédé la leur. Cicéron, dont
on invoque aussi le témoignage sur ce point, ne le donne que comme un
on dit, qu’il ne garantit pas. PAYEN.
14, +Loüables+.--Montaigne reproduit la même idée, =I=, 556.
17, +Arquebusier+.--Cette pratique d’un art manuel était assez
fréquente chez les grands. Chez les Musulmans, elle est de règle, ce
qui ne veut pas dire qu’elle soit toujours observée; le Coran les y
incite: «Prends un rabot, c’est une arme qui te fera combattre cette
maladie de l’âme, cet affreux poison de la vie, qu’on appelle l’ennui.»
Haroun er-Raschid, un de leurs plus célèbres khalifes, excellait
dans la broderie sur cuir, dit la chronique de son temps, et dut à
ce talent de ne pas perdre la vie; il s’était aventuré, incognito,
chez un malfaiteur dont il avait surpris la criminelle industrie
et dont, sur le point de se défaire de lui, la cupidité se laissa
séduire par la proposition que le khalife lui fit de l’employer à des
travaux de cette nature qu’il trouverait à vendre avantageusement,
ce qui donna possibilité au prisonnier, par les arabesques dont il
composa ses dessins, de faire connaître sa situation au dehors et
d’être délivré.--Louis XVI, excellent géographe, s’adonnait aussi à la
serrurerie. Un jour qu’il faisait admirer à un de ses valets de chambre
une serrure qu’il venait d’achever, celui-ci lui fit cette réponse que
devaient confirmer si tragiquement les événements qui, déjà peut-être,
la lui inspiraient: «Quand les rois, Sire, s’occupent des ouvrages du
peuple, le peuple s’empare des fonctions des rois!»
17, +Bague+.--Jeu d’adresse, où, étant à cheval et au galop, ceux qui
y prennent part, tâchent d’enfiler et d’emporter avec le bout de leur
lance des anneaux suspendus de place en place sur la carrière où se
fait la course.
19, +Propres+.--Montaigne, dans tout ce chapitre, s’est montré fort
sévère à l’égard de Pline et de Cicéron qui étaient précisément dans le
cas qu’il admet: l’éloquence et la beauté du style n’étaient pas leurs
seules qualités, elles se trouvaient unies à d’autres talents sinon
plus rares et plus estimables, du moins d’une utilité plus générale
dans les situations qu’ils ont occupées, quoiqu’il n’y ait peut-être
pas eu de ville au monde où l’art de bien parler ait plus importé qu’à
Rome. NAIGEON.
28, +Philippus+.--PLUTARQUE, _Démosthène_. En =358=, avant les
hostilités entre Philippe d’une part et les Athéniens et les Thébains
de l’autre, qui aboutirent à la bataille de Chéronée.
38, +Sciat+.--Citation tirée de Virgile, mais où Montaigne introduit
des changements.
=434=,
7, +Bien+.--PLUTARQUE, _Périclès_, 1.
10, +Moy+.--PLUTARQUE, _Comment on peut discerner le flatteur d’avec
l’ami_, 25.
10, +Iphicrates+.--PLUTARQUE, _De la Fortune_.--Iphicrate est demeuré
fameux par la discipline qu’il exigeait des troupes. Faisant une ronde
au siège de Corinthe et trouvant une sentinelle endormie, il la perça
de son javelot; et, comme on le blâmait de l’avoir ainsi tuée: «Telle
je l’ai trouvée, dit-il, telle je l’ai laissée.» C’est lui qui créa les
Peltastes, soldats armés à la légère.
14, +Ceux-là+.--PLUTARQUE, _Traité de la Fortune_.--Au moins en
principe, il était admis jadis, dans les gouvernements démocratiques
comme dans tous autres, que gouverner c’est conduire et non être
conduit, mais ceux qui conduisent étant effectivement responsables de
la manière dont ils s’en acquittent.
Les choses ont bien changé, c’est même le principe contraire que
consacre cette institution, créée par crainte du despotisme, de rois
constitutionnels et autres chefs d’État aux dénominations diverses qui
sont irresponsables et dont le rôle, dans sa partie essentielle, se
borne à la représentation, à la constitution des ministères et à la
promulgation des lois et décrets à la rédaction desquels ils demeurent
étrangers. Réduite à ce qu’elle est, leur action pourrait encore être
de quelque efficacité; mais, pour cela, il faudrait qu’ils aient du
caractère. Il est bien loin d’en être toujours ainsi; n’avons-nous pas
vu l’un d’eux, durant les sept années qu’il a occupé ces fonctions,
désavouer en maintes occasions ce que, contre le gré de sa conscience,
il ratifiait de sa signature, sans jamais user du droit, peut-être
illusoire, mais dont il eût dû user néanmoins, que lui conférait la
constitution d’en appeler à une seconde délibération.
Malheureusement, en France, où, Dieu merci, aucune classe privilégiée
n’existe plus sur laquelle on puisse prendre appui pour gouverner
sauf à en abuser parfois pour opprimer les autres classes, mais où
les minorités ne sont pas représentées en proportion de ce qu’elles
sont, la passivité du chef de l’État, faute de contre-poids, conduit
insensiblement à la ruine. Tous les pouvoirs se trouvant entre les
mains des parlementaires qui, pour se faire nommer, ont promis à
qui mieux mieux tout ce qui pouvait appâter les électeurs; une fois
élus, irresponsables eux aussi, ils ne cherchent qu’à préparer leur
réélection en se faisant des partisans, et vont gaspillant à cet effet
la fortune publique dont ils n’ont cure.
Les causes de ces accroissements incessants de nos budgets,
auxquels, pour y suffire, pointe à l’horizon l’impôt sur le revenu
si inquisitorial, si dangereux par son élasticité et la possibilité
qu’il donne de dégrever les amis et surcharger les adversaires
politiques, sont multiples. En dehors des dépenses introduites pour
donner satisfaction aux intérêts électoraux particulièrement sous forme
d’amendements introduits au dernier moment lors du vote du budget et
qui foisonnent surtout en fin de législature, des gaspillages résultant
de la pléthore, également en progrès incessants, de fonctionnaires, des
gestions directes de l’État si onéreuses, si tyranniques et qui vont
aussi s’étendant de plus en plus, certains errements ajoutent encore
au mal dans de notables proportions: c’est la défaveur irréfléchie
attachée aux demandes de crédits supplémentaires qui, en effet fort
souvent sujets à caution, devraient être examinés sans idée préconçue
quand elles proviennent d’évaluations demeurées au-dessous des
prévisions, ce qui, en l’état actuel, porte à demander au delà du
nécessaire pour n’avoir pas à faire de nouvelles demandes; et en second
lieu, aux crédits demeurés sans emploi, ce qui, trop souvent, entraîne
des réductions non justifiées sur le budget suivant et fait qu’on
dépense quand même la totalité des allocations; ce sont là des abus
auxquels remédierait de pouvoir, sous certaines garanties, effectuer
des virements pour, à l’aide de fonds demeurés disponibles, solder les
dépenses insuffisamment dotées.
C’est à ces errements que nous devons d’avoir, pour l’année 1906, un
budget qui, en dehors des budgets des départements et des communes qui
le doublent, s’élève à trois milliards sept cents millions, dans lequel
même on n’a pas tenu compte des recettes qui feront défaut par suite
de la réforme postale, du rétablissement du privilège des bouilleurs
de cru, etc..., votés au dernier moment. En 1876, après les désastres
de 1870-71 et le paiement de l’indemnité de guerre à l’Allemagne, le
budget ne s’élevait qu’à deux milliards six cents millions, soit plus
d’un milliard en moins.--Et simultanément, notre dette, y compris les
dettes départementales (cinq cents millions) et les dettes communales
(quatre milliards), accrue de trois cent soixante-six millions
pendant la seule législature de 1902-1906, atteint quarante-quatre
milliards.--Nous avons mentionné la marée toujours croissante de
fonctionnaires; leur nombre (en dehors de l’armée et des fonctionnaires
coloniaux) s’élève toujours en cette même année 1906 à quatre cent
cinquante mille, alors qu’ils n’étaient que deux cent quarante mille en
1873! la moitié, payée moitié plus, suffirait; eux-mêmes, les services
auxquels ils sont attachés et aussi le budget y gagneraient.
Comment en serait-il autrement? Les ministres ne sont que des délégués,
choisis non d’après leurs aptitudes, mais en raison de leur verbiage
effronté et de leurs opinions du moment, faits et défaits au caprice
d’une chambre houleuse où chacun n’a en vue que son intérêt personnel,
préoccupation à laquelle eux-mêmes n’échappent pas. Ils sont par
suite absolument hors d’état de résister au mandat impératif de leurs
commettants, d’autant que leur responsabilité n’existe pas en fait et
se borne à faire place à d’autres, quand ils ont cessé de plaire.
Le remède à pareil état de choses désastreux pour le pays, ressort de
cet exposé même:
Il y aurait lieu de donner au Chef de l’État plus d’indépendance et
plus d’autorité sans cependant lui donner possibilité de renverser
la Constitution. On ne saurait en effet oublier les malheurs et la
misère qui marquèrent la fin du règne de Louis XIV, dont les débuts
avaient été si glorieux; la corruption et les hontes de celui de Louis
XV; la faiblesse de Louis XVI à laquelle sont dus en partie les excès
de la Révolution, faiblesse qu’il a payée de sa tête, et avec lui,
bien d’autres qui n’en pouvaient mais;--le despotisme et l’ambition
de Napoléon Ier qui, après avoir reconstitué la France, l’avoir parée
d’une gloire éternelle, l’a finalement, malgré tout son génie, laissée
amoindrie;--les journées de 1830, auxquelles conduisirent la réaction
et le fanatisme religieux sous Louis XVIII et Charles X; Louis-Philippe
fuyant comme son prédécesseur à la première manifestation
tumultueuse;--Napoléon III, pour parer à des agitations intérieures,
aboutissant à Sedan, après 25 années de prospérité.--Tout cela, qui
n’embrassa pas moins de deux siècles de malaises et de crises, ne
saurait être perdu de vue, non plus que les procédés employés en 1802
pour transformer le consulat en Consulat à vie, et deux ans après
convertir le titre de premier consul en celui d’empereur, escamotages
qui se renouvelèrent en 1848, 1851 et 1852, et il n’est que sage de se
méfier et de chercher à en prévenir le retour.
On donnera plus d’indépendance au Chef de l’État, en le faisant élire
non par la représentation nationale dont il demeure la créature et qui
le choisit à sa dévotion, non par le suffrage universel direct trop
irraisonné et trop facile à s’emballer et à être trompé, mais par ces
mêmes collèges électoraux qui élisent les sénateurs. Du même coup on
aura accru son autorité, ce mode d’élection ayant l’avantage de faire
arriver à ces fonctions des hommes non inféodés à un parti et qui ne
craindront pas d’user, en cas de divergence de vue avec les pouvoirs
législatifs, des droits qu’il détient actuellement, auxquels devrait
être ajouté celui d’ajourner à la législature suivante l’examen de tout
projet de loi adopté contre sa manière de voir, et n’ayant pas obtenu
une majorité de plus des deux tiers; et aussi de pouvoir retirer son
portefeuille à tout ministre dont tels ou tels actes n’auraient ni
son assentiment ni celui de la majorité de ses collègues et qui, en
pareille situation, persisterait à ne pas démissionner.
Mais cela serait encore insuffisant si on ne modifiait également
le mode d’élection des membres de la chambre des députés, de façon
à les rendre eux aussi plus indépendants de leurs électeurs et
moins dans l’obligation, pour assurer leur réélection, de sacrifier
l’intérêt général aux intérêts locaux et particuliers, ce qui conduit
à substituer le scrutin de liste au scrutin individuel, avec faculté
de répéter le même nom sur un même bulletin autant de fois qu’il y a
de candidats à élire. On assurerait de la sorte la représentation des
minorités, ce qui n’est que justice et serait souvent une ressource
précieuse pour le Gouvernement, contre les exagérations et les
exigences de la majorité. En outre, les sénateurs, élus pour neuf ans,
ne devraient pouvoir l’être à nouveau qu’après un intervalle de trois
ans, et les députés élus pour quatre ans, et rééligibles, ne pouvoir
après ces huit années être à nouveau réélus qu’après un intervalle de
quatre ans; de la sorte ils se retremperaient de temps à autre auprès
de leurs électeurs, et jugeraient mieux des abus.
Accessoirement, il serait désirable que le nombre des députés fût
réduit à un pour 150.000 habitants, au lieu de 100.000, et le nombre
des sénateurs diminué pareillement d’un tiers. Afin de permettre une
représentation des minorités, chaque circonscription électorale
devrait comporter au moins trois sénateurs et quatre députés et leur
remaniement être effectué en conséquence. Cette réduction dans le
nombre des députés et sénateurs compenserait en partie les 5.000.000
dont ils viennent de grever le budget déjà si lourd et en déficit, en
augmentant leur indemnité, bien que cela ne figurât sur la profession
de foi d’aucun d’eux, quand il était candidat.
Un projet de loi a été déposé en 1906, et même adopté par la Commission
de la chambre, ce qui ne présage malheureusement pas son adoption
prochaine et définitive, proposant la division de la France en dehors
de Paris en vingt-cinq régions, au lieu des 86 départements actuels,
ce que justifient pleinement les immenses progrès réalisés dans les
facilités et la promptitude des communications. Ces régions seraient
désignées par le nom de leurs capitales: Lille, Amiens, Rouen, Caen,
Orléans, Versailles, Reims, Troyes, Nancy, Besançon, Dijon, Bourges,
Tours, Nantes, Rennes, Poitiers, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble,
Marseille avec la Corse, Nîmes, Montpellier, Toulouse, Bordeaux et
Pau.--Les services publics actuellement organisés par départements, le
seraient par régions; préfectures et sous-préfectures disparaîtraient,
cantons et communes continueraient à subsister tels que. Il serait fort
à souhaiter que cela aboutît, et qu’on en profitât pour apporter au
nombre et au mode d’élection des sénateurs et députés des modifications
dans le sens sus-indiqué; mais si logique que ce soit, cela léserait
trop d’intérêts locaux, pour qu’on puisse avant bien longtemps en
espérer la réalisation.
Une cour suprême élective serait à créer, permettant d’en appeler des
abus de pouvoir des ministres et de leurs agents.
Contre nos mandataires eux-mêmes abusant de leur mandat, le référendum
devrait être admis contre tout acte d’un conseil municipal, d’un
conseil général ou du pouvoir législatif, lorsqu’il serait demandé par
un quantum d’électeurs déterminé, la moitié par exemple du nombre de
votes émis au renouvellement de ces corps électifs.
La loi des candidatures multiples est à maintenir.
Les hommes mariés ou veufs avec enfants mineurs devraient avoir double
vote, ils déposeraient dans l’urne deux bulletins au lieu d’un.--Les
abstentions devraient constituer un délit, entraînant amende et
affichage à la porte des mairies quand elles ne peuvent être justifiées
et témoignent parti pris ou négligence.
Tout projet de loi, émanant du Gouvernement ou de l’initiative
parlementaire, devrait avant discussion être soumis soit au Conseil
d’État, soit aux Conseils supérieurs existants dans les différents
ministères que la question intéresse et leur avis être joint; si
le projet entraîne des conséquences budgétaires, l’évaluation de
la dépense en résultant serait mentionnée et aussi les ressources
disponibles avec lesquelles on se propose d’y subvenir.
Toute loi devrait avoir obtenu, dans chaque chambre, les voix des
trois cinquièmes de ses membres.--L’indemnité allouée aux membres du
Parlement, décomptée à raison de 300 jours par année, devrait être
retenue aux absents, quel que soit le motif de l’absence, à raison de
1/300, soit cinquante francs par journée d’absence.
La loi de finance devrait comporter comme dépenses obligatoires toutes
celles résultant de lois antérieures non abrogées par de nouvelles
rendues dans les formes ordinaires; et aucune dépense n’y être admise
en cours de discussion, dont le service qu’elle a pour objet d’assurer
n’ait été au préalable l’objet d’une loi spéciale; on éviterait de la
sorte ces demandes éhontées et si nombreuses de crédits qui, présentées
au dernier moment, passent à la faveur de la surprise et de la hâte que
l’on a d’en finir et qui pullulent surtout en fin de législature.
Enfin que d’économies à réaliser, par exemple ces affichages de
discours qui seraient moins répétés s’ils avaient lieu aux frais de
ceux qui les votent; dépense d’une douzaine de mille francs chaque
fois, bien inutile, car personne ne les lit sur les murs, les feuilles
publiques renseignant amplement chaque intéressé.
Ces propositions ne sont pas nouvelles, voilà beau temps que l’opinion
publique les réclame, mais elles gêneraient ceux dont elles ont pour
objet d’enrayer les abus, et c’est à eux qu’il appartient de prononcer!
16, +Flustes+.--PLUTARQUE, _Périclès_.
24, +Volume+.--La dernière édition des Essais publiée du vivant de
l’auteur (celle de 1588) était en un seul volume; en 1598, ils parurent
en deux volumes in-8º; en 1608 en trois volumes in-12; en 1617 en
quatre volumes in-4º; en 1669 en dix volumes in-12; déjà y avaient
été ajoutés une notice sur l’auteur, la traduction des citations, des
sommaires, des notes et une table analytique; toutefois jusqu’en ces
derniers temps cette augmentation dans le nombre des volumes, qui
dans les éditions modernes varie de trois à six, n’avait pas tant eu
pour cause, comme actuellement, l’accroissement des commentaires que
l’intention de réduire le format de manière à le rendre plus portatif.
27, +Essais+.--C’est précisément en s’inspirant de cette indication,
«en espluchant vn peu plus curieusement les Essais», qu’est résultée
l’extension donnée aux notes qui accompagnent la présente édition.
33, +Air+.--En disant que son livre «porte la semence d’vne matiere
plus riche et plus hardie et souuent à gauche vn ton plus delicat»,
Montaigne veut probablement parler entre autres des questions
afférentes à la politique intérieure à laquelle il ne fait que des
allusions très indirectes, suffisantes toutefois pour indiquer qu’il
trouvait que tout de ce côté n’allait pas à son gré, et à la religion,
dont il parle à maintes reprises, mais avec des réticences continues
dénotant un antagonisme profond, sur ce point, entre ses croyances de
parti pris et sa raison.
=436=,
3, +Philosophes+.--Épicure et Sénèque.
12, +Publiques+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 21.
15, +Cadence+.--Par cette critique, Montaigne donne à penser que dans
les lettres écrites par Cicéron, la forme seule a de la valeur. Ce
n’était pas ce qu’en pensaient ses contemporains; CORNELIUS NEPOS entre
autres, dans sa _Vie d’Atticus_, les apprécie comme «pouvant en quelque
sorte remplacer l’histoire, et offrant tant de détails sur les hommes
célèbres du temps, sur leurs vertus et leurs vices, sur les révolutions
de Rome, qu’elles semblent en révéler tous les secrets».
27, +Chose+.--Il nous reste une trentaine de lettres de Montaigne,
dont deux seulement sont intéressantes: l’une, écrite à son père pour
lui raconter la mort de La Boétie; l’autre, très courte, adressée à
sa femme, où il lui déclare sans ambage que le temps est passé de
la courtiser et de la caresser (il y avait cinq ans qu’ils étaient
mariés), et, pour la consoler de la perte qu’elle vient de faire d’une
fille, seule enfant qu’ils avaient eue jusque-là, née et morte en son
absence, n’ayant vécu que deux mois, il lui envoie la traduction par La
Boétie d’une lettre de Plutarque se rapportant à semblable situation.
Toutes les autres sont dénuées d’intérêt, la plupart «cerimonieuses»,
s’accordant peu avec son caractère et son talent.
28, +Verues+.--Les Essais, qu’ailleurs leur auteur qualifie de
rapsodie (=I=, 84), et ailleurs encore de galimafrées.
=438=,
17, +Contenance+.--Var. de 1588: _Ceux que i’aime me mette en peine,
s’il faut que ie le leur die_, au lieu de: «l’honnore... contenance».
21, +Bienuienner+.--Complimenter, féliciter quelqu’un sur son
heureuse arrivée, l’assurer de sa bienvenue.
32, +Embabouinée+.--Niaisement possédée, adonnée à.
34, +Mal+.--Montaigne exagère lorsqu’il dit qu’il peignait (écrivait)
insupportablement mal; les spécimens qu’on a de lui sont d’une écriture
très lisible, bien rangée, qui révèle peu la vivacité de caractère
que certains lui attribuent; même ses annotations sur l’exemplaire de
Bordeaux et sur différents ouvrages lui ayant appartenu, sont assez
facilement déchiffrables.