1, +Isocrates+.--_Discours à Nicoclès._

2, +Party+.--Le passage qui suit, «car qui... _sequor_ (lig. 2 à

30)», ne figure pas sur la majeure partie des exemplaires de l’édition

originale de 1595; il a été ajouté seulement sur les derniers tirés,

Mlle de Gournay s’étant probablement aperçue de l’omission en cours de

tirage.

=184=,

13, +Inequalité+.--Il est certain qu’un homme placé dans une

circonstance critique se trouve dans le cas du chien de LA FONTAINE qui

porte à son cou le dîner de son maître, qui après l’avoir défendu de

son mieux, trop faible contre ceux qui l’attaquaient, voulut au moins

en avoir sa part et fut le premier à prendre un morceau; du reste c’est

toujours l’homme que peint notre fabuliste, quand il fait parler ou

agir ses animaux.

24, +Remuer+.--Tiberius Gracchus proposait aux Patriciens de se

dessaisir en faveur des citoyens pauvres, et moyennant indemnité, de

terres qu’ils détenaient contrairement à la loi; Octavius son collègue

au tribunat, usant de son droit, mit opposition à cette proposition,

ce qui conduisit T. Gracchus à en formuler de plus dures, accentua

la division entre l’oligarchie et le peuple et amena les désordres

qui conduisirent à la guerre civile entre Marius et Sylla et à la

dictature de ce dernier.--Caton le Jeune, par son opposition à la

loi qui rappelait à Rome Pompée et son armée, et cela par crainte de

l’influence que celui-ci en retirerait, le porta à s’unir à César, ce

qui les rendit tout-puissants, puis rivaux, et engendra entre eux la

guerre civile qui mit fin à la République romaine.--De nos jours, en

France, la résistance du Pape Pie X à la constitution des associations

cultuelles de la loi de séparation de 1905 de l’Église et de l’État,

que beaucoup de bons esprits et excellents catholiques de France,

y compris nombre de membres de tous rangs du clergé, estimaient

acceptable, donna lieu en 1906 à une nouvelle loi qui enleva au clergé

les immeubles dont la jouissance lui avait été conservée et lui fit

une situation beaucoup plus précaire, dont en ces temps d’indifférence

religieuse il est plus difficile de prévoir l’issue.

28, +Veulent+.--«Il faut vouloir ce qu’on ne peut empêcher», dit le

proverbe.

29, +Heures+.--Après la bataille de Leuctres, =371=, qui enleva à

tout jamais aux Spartiates la prééminence en Grèce, le nombre des

fuyards fut considérable, et les lois de Lacédémone les notaient

d’infamie; devant l’inconvénient d’avoir un aussi grand nombre de

citoyens frappés d’incapacité, alors qu’on avait tant besoin de

soldats, Agésilas proposa et fit adopter de laisser dormir les lois ce

jour-là, et de leur rendre toute leur autorité le lendemain. PLUTARQUE,

_Agésilas et Apophth. des Lacédémoniens_. C’était en fait l’amnistie

que nous appliquons si fréquemment à tout propos et souvent hors de

propos, accommodée suivant les convenances du parti au pouvoir.

30, +Calendrier+.--Alexandre assiégeait Tyr, =332=. Le devin

Aristandre lui annonça à la suite d’un sacrifice que, d’après l’examen

des entrailles des victimes, la ville tomberait, dans le mois, en

son pouvoir. On était au dernier jour du mois, et les assistants se

moquaient de cette impossibilité flagrante. Alexandre, ne voulant

pas que la science du devin, dont il usait fréquemment pour faire

accepter ses projets par son armée, se trouvât en défaut, ordonna que

ce jour, qui était le trentième du mois, fût compté comme seulement le

vingt-septième, et sur l’heure il fit sonner les trompettes et donner

l’assaut; la ville, assiégée depuis sept mois, fut emportée le jour

même. PLUTARQUE, _Alexandre_.

31, +May+.--Cet autre, c’est encore Alexandre. Les Grecs et les

Perses se trouvaient en présence sur les bords du Granique; on était

au mois de juin (en grec Daisios), et un ancien usage voulait que

les rois de Macédoine n’ouvrissent pas les hostilités ce mois-là.

Alexandre, pour n’être pas arrêté par cette superstition, déclara qu’à

l’avenir ce mois serait appelé «second mai» (en grec Artemisios), et,

passant outre, livra sa première grande bataille contre les Perses,

=334=. PLUTARQUE, _Alexandre_.--Une superstition analogue, qui ne leur

permettait pas de se mettre en marche avant la pleine lune, avait

empêché les Spartiates de prendre part à la bataille de Marathon,

=490=.

36, +Marine+.--Vers la fin de la guerre du Péloponnèse, =431= à

=404=, les alliés de Lacédémone redoutant de voir le commandement de

la flotte confédérée, alors exercé par Lysandre, en lequel ils avaient

toute confiance, passer en d’autres mains, députèrent à Sparte, pour

qu’il lui fût maintenu. Les lois ne permettant pas de lui continuer une

seconde année la charge d’amiral, les Lacédémoniens, pour satisfaire

aux désirs de leurs alliés, en investirent un certain Aracus, auquel

Lysandre fut adjoint à titre de lieutenant, mais ayant seul toute

l’autorité. PLUTARQUE, _Lysandre_, 4.

=186=,

2, +Deffendu+.--Ces ambassadeurs, en vue de rétablir la bonne

harmonie entre les Athéniens et les Mégariens, poursuivaient

l’annulation d’un décret rendu par les premiers contre les seconds;

malgré l’ingéniosité de la réplique, ils n’obtinrent pas satisfaction.

PLUTARQUE, _Périclès_, 18.

2, +Plutarque+.--_Parallèle de Flaminius avec Philopœmen_, vers la

fin.

5, +Requeroit+.--C’est presque toujours en se retranchant derrière la

légalité, devenue injuste ou oppressive, et ne la faisant pas fléchir

en temps opportun, que les gouvernements provoquent les émeutes, et

parfois les révolutions.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 380 / 504 题