Si nous appelons monstres ou miracles, ce où nostre raison ne peut
aller, combien s’en presente il continuellement à nostre veuë, =I=, 290.
Les miracles sont, selon l’ignorance en quoy nous sommes de la nature,
non selon l’estre de la nature, =I=, 162.
Nous n’auons que faire d’aller trier des miracles et des difficultez
estrangeres: il me semble que parmy les choses que nous voyons
ordinairement, il y a des estrangetez si incomprehensibles, qu’elles
surpassent toute la difficulté des miracles, =III=, 40.
I’ay veu la naissance de plusieurs miracles de mon temps. Encore qu’ils
s’estouffent en naissant, nous ne laissons pas de preuoir le train
qu’ils eussent pris, s’ils eussent vescu leur aage. Car il n’est que
de trouuer le bout du fil, on en desuide tant qu’on veut. Et y a plus
loing, de rien, à la plus petite chose du monde, qu’il y a de celle là,
iusques à la plus grande, =III=, 528.
On est pardonnable, de mescroire vne merueille, autant au moins
qu’on peut en destourner et elider la verification, par voye non
merueilleuse: et il vaut mieux pancher vers le doute, que vers
l’asseurance, és choses de difficile preuue, et dangereuse creance,
=III=, 538.