La ialousie est la plus vaine et tempesteuse maladie qui afflige les
ames humaines, =III=, 222.
Lors que la ialousie saisit ces pauures ames, foibles, et sans
resistance, c’est pitié, comme elle les tirasse et tyrannise
cruellement. Elle s’y insinue sous titre d’amitié: mais depuis
qu’elle les possede, les mesmes causes qui seruoient de fondement à
la bien-vueillance, seruent de fondement de hayne capitale: c’est des
maladies d’esprit celle, à qui plus de choses seruent d’aliment, et
moins de choses de remede. La vertu, la santé, le merite, la reputation
du mary, sont les boutefeux de leur maltalent et de leur rage. Cette
fiéure laidit et corrompt tout ce qu’elles ont de bel et de bon
d’ailleurs. Et d’vne femme ialouse, quelque chaste qu’elle soit, et
mesnagere, il n’est action qui ne sente l’aigre et l’importun,
=III=, 224.
A dire vray, ie ne sçay si on peut souffrir d’elles pis que la
ialousie. C’est la plus dangereuse de leurs conditions, comme de leurs
membres, la teste, =III=, 236.