Parmy noz autres disputes, celle du _fatum_, s’y est meslée: et pour
attacher les choses aduenir et nostre volonté mesme, à certaine et
ineuitable necessité, on est encore sur cet argument, du temps passé:
Puis que Dieu preuoit toutes choses deuoir ainsin aduenir, comme il
fait, sans doubte: il faut donc qu’elles aduiennent ainsin. A quoy noz
maistres respondent, que le voir que quelque chose aduienne, comme
nous faisons, et Dieu de mesmes (car tout luy estant present, il voit
plustost qu’il ne preuoit) ce n’est pas la forcer d’aduenir: voire nous
voyons, à cause que les choses aduiennent, et les choses n’aduiennent
pas, à cause que nous voyons. L’aduenement fait la science, non la
science l’aduenement. Ce que nous voyons aduenir, aduient: mais
il pouuoit autrement aduenir: et Dieu, au registre des causes des
aduenements qu’il a en sa prescience, y a aussi celles qu’on appelle
fortuites, et les volontaires, qui despendent de la liberté qu’il a
donné à nostre arbitrage, et sçait que nous faudrons, par ce que nous
auons voulu faillir, =II=, 598.