ÉCONOMIE.

Ie vis du iour à la iournée, et me contente d’auoir dequoy suffire

aux besoings presens et ordinaires: aux extraordinaires toutes les

prouisions du monde n’y sçauroyent suffire. Et est follie de s’attendre

que fortune elle mesmes nous arme iamais suffisamment contre soy. C’est

de noz armes qu’il la faut combattre. Les fortuites nous trahiront au

bon du faict, =I=, 472.

Tout compté, il y a plus de peine à garder l’argent qu’à l’acquerir,

=I=, 470.

Mal aysément peut-on establir bornes certaines au desir d’amasser et

arrester vn poinct à l’espargne: on va tousiours grossissant cet amas,

iusques à se priuer vilainement de la iouyssance de ses propres biens:

et l’establir toute en la garde, et n’en vser point, =I=, 470.

Tout homme pecunieux est auaricieux à mon gré, =I=, 470.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 212 / 504 题