Cæsar disoit qu’il falloit executer, non pas consulter les hautes
entreprises, =II=, 654.
Il auoit accoustumé de dire, qu’il aimoit mieux la victoire qui se
conduisoit par conseil que par force: Et en la guerre contre Petreius
et Afranius, la Fortune luy presentant vne bien apparente occasion
d’aduantage; il la refusa, esperant auec vn peu plus de longueur, mais
moins de hazard, venir à bout de ses ennemis, =II=, 652.
Il estoit excellent mesnager du temps: car il redit maintes-fois,
que c’est la plus souueraine partie d’vn capitaine, que la science
de prendre au poinct les occasions, et la diligence, qui est en ses
exploicts, à la verité, inouye et incroyable, =II=, 648.
Il accoustumoit sur tout ses soldats à obeyr simplement, sans se mesler
de contreroller, ou parler des desseins de leur Capitaine; lesquels il
ne leur communiquoit que sur le poinct de l’execution, =II=, 648.
C’estoit sa coustume, de se tenir nuict et iour pres des ouuriers,
qu’il auoit en besoigne, =II=, 652.
En toutes entreprises de consequence, il faisoit tousiours la
descouuerte luy-mesme, et ne passa iamais son armée en lieu, qu’il
n’eust premierement recognu, =II=, 652.
Il faisoit grand cas de ses exhortations aux soldats auant le combat,
=II=, 650.
Où les occasions de la necessité se presentoyent, et où la chose
le requeroit, il ne fut iamais homme faisant meilleur marché de sa
personne, =II=, 654.
Il auoit cette opinion, que la science de nager estoit tres-vtile à la
guerre, et en tira plusieurs commoditez: s’il auoit à faire diligence,
il franchissoit ordinairement à nage les riuieres qu’il rencontroit,
=II=, 658.
Il tenoit la bride plus estroite à ses soldats, et les tenoit plus de
court estants pres des ennemis, =II=, 658.
Il ne requeroit en ses soldats autre vertu que la vaillance, ny ne
punissoit guere autres vices, que la mutination, et la desobeyssance,
=II=, 648.
A cette courtoisie, il mesloit toutefois vne grande seuerité, à les
reprimer. Il les rappaisoit plus par authorité et par audace, que par
douceur, =II=, 650.