=Des boiteux=, =III=, 527.--Critique des changements opérés dans le
calendrier par la réforme grégorienne; depuis tant de siècles que le
monde existe, nous ne sommes pas encore arrivés à nous entendre sur
la forme à donner à l’année, 527.--Vanité des recherches de l’esprit
humain; on veut découvrir les causes d’un fait, avant d’être assuré que
ce fait est certain, 527.--Comment de prétendus miracles s’accréditent
par notre propension à vouloir persuader les autres de ce que nous
croyons nous-mêmes, et par l’autorité que prend sur nous toute
croyance qui a de nombreux adeptes et est éclose depuis un certain
temps déjà; que ne va-t-on au fond des choses (un PRINCE GOUTTEUX
et un PRÊTRE)? 529.--La plupart d’entre eux reposent sur des riens,
et on se perd à leur chercher des causes sérieuses; le seul miracle
que Montaigne ait constaté, c’est lui-même: il a beau s’étudier, il
ne parvient pas à s’expliquer, 533.--Histoire d’un miracle bien près
d’être accrédité, qui ne reposait que sur de simples plaisanteries,
533.--Tous les préjugés de ce monde viennent de notre présomption et
de notre ignorance, nous ne voulons pas douter; pourtant il est une
ignorance qu’il ne faudrait jamais craindre d’avouer (IRIS [l’arc en
ciel] et THAUMANTIS, CORRAS, l’ARÉOPAGE), 535.--De ce que les livres
sacrés relatent des miracles, il ne faut pas en conclure qu’il doive
s’en opérer de nouveaux de notre temps, 537.--Montaigne n’admet pas
qu’on maltraite ceux d’opinions contraires aux nôtres, 537.--Oter
la vie aux sorciers pour se défendre contre leurs prétendus actes
surnaturels, c’est faire peu de cas de l’existence humaine; la plupart
du temps les accusations portées contre eux sont sans fondement; et
puis, on n’est pas obligé de croire à un miracle qui se peut démasquer
ou expliquer, 539.--Montaigne est très porté à croire que ces gens, et
il en a observé plusieurs, ont l’imagination malade et sont fous plutôt
que criminels; il ne prétend pas d’ailleurs qu’on se range de son avis
(PRESTANTIUS), 539.--Réflexions sur un proverbe italien qui attribue
aux boiteux des deux sexes plus d’ardeur aux plaisirs de l’amour, et
explications qu’on en donne (la REINE DES AMAZONES, les BOITEUX, les
TISSERANDES), 543.--L’esprit humain admet comme raisons les choses
les plus chimériques, et souvent on explique un même effet par des
causes opposées (LE TASSE, les FRANÇAIS et les ITALIENS, ANTIGONE et
un PHILOSOPHE CYNIQUE), 543.--C’est ce qui a amené les Académiciens à
poser en principe de douter de tout, ne tenant rien pour absolument
vrai, non plus que pour absolument faux (CLITOMAQUE, CARNÉADE, ÉSOPE),
545.