abord, sont tirés du grec: ils ont le grand avantage de résumer en un
seul mot toute une phrase.
Ainsi =Hyménomycètes= veut dire champignons pourvus d'un hyménium
quelconque.
=Discomycètes= signifie que les champignons qui rentrent dans ce groupe
ont plus ou moins la forme d'un disque.
Les =Gastéromycètes= comprennent des champignons généralement globuleux,
ventrus, pourrions-nous dire, puisque gaster veut dire ventre.
Enfin =Tubéracées= s'applique aux champignons souterrains.
Beaucoup d'autres mots tirés également soit du grec, soit du latin, sont
employés comme nous le verrons dans la classification des champignons,
on s'y habitue très facilement.
Les =Hyménomycètes= renferment la plupart des grosses espèces ou
champignons proprement dits. Dans toutes les espèces de ce groupe, les
spores se trouvent toujours placées à l'extérieur du champignon, ou tout
au moins sur une surface en communication naturelle avec l'air
extérieur. Cette surface qui porte les spores a reçu le nom
d'_hyménium_, d'où l'on a fait _Hyménomycètes_.
Tous les Agarics, les Bolets, les Clavaires, etc., font partie de ce
groupe.
Ces champignons poussent sur la terre ou plus rarement sur le bois; ils
sont membraneux (c'est-à-dire minces et transparents), coriaces, ou
charnus et même ligneux.
Les =Gastéromycètes= diffèrent des Hyménomycètes en ce que leur
fructification se développe à l'intérieur même du champignon; elle est
interne et non externe.
Ce sont des champignons terrestres, poussant plus rarement sur le bois;
ils sont membraneux, coriaces ou charnus, mais non véritablement
ligneux. Nous citerons comme exemple les _Lycoperdons_, vulgairement
appelés _Vesse-loup_. (On dit aussi Vesse-de-loup.)
Dans les deux groupes dont nous venons de parler, les spores se forment
librement à l'extrémité de cellules spéciales auxquelles on a donné le
nom de _basides_, et jamais elles ne se produisent à l'intérieur de
grandes cellules, comme nous le verrons dans les deux groupes dont nous
allons parler.
Les =Discomycètes= comprennent des champignons charnus ou coriaces, de
formes très différentes. Tous sont caractérisés par leur appareil de
fructification qui diffère essentiellement de ce que nous venons de
voir.
L'hyménium des Discomycètes est formé de grandes cellules allongées,
accolées les unes aux autres, comme le sont des sacs de blé, par
exemple, dressés les uns contre les autres. Ces grandes cellules,
appelées _thèques_ ou _asques_, sont le plus souvent entremêlées
d'autres, très longues et très ténues, que l'on nomme _paraphyses_.
C'est dans l'intérieur de ces grandes cellules (asques ou thèques) que
se forment les spores, variables suivant les espèces, et toujours
libres, c'est-à-dire non soudées entre elles, mais, chose remarquable,
généralement au nombre de huit.
Les _Morilles_, les _Helvelles_, les _Pézizes_, etc., sont des
Discomycètes.
Lorsque les spores sont mûres, elles s'échappent des thèques avec une
force de projection souvent très grande, et dans certaines pézizes et
helvelles, il est facile de constater ce phénomène, car l'expulsion des
spores en masse donne lieu comme à une production très apparente de
poussière. C'est surtout lorsqu'une helvelle et une pézize sont soumises
à un mouvement brusque, qu'a lieu cette émission de spores; l'expérience
peut se répéter plusieurs fois de suite sur le même individu.
On n'est pas encore bien fixé sur les causes de cette projection; il est
fort possible que les paraphyses qui accompagnent les thèques
interviennent dans le phénomène de l'émission des spores.
En effet, c'est surtout sous l'influence d'un choc ou d'un attouchement
quelconque qu'elle se produit. On pourrait alors penser que les
paraphyses, animées d'un mouvement vibratoire, pressent sur les thèques
d'une façon suffisante pour en expulser les spores.
Nous pourrions ajouter que l'extrémité des paraphyses est le plus
souvent remplie de granulations colorées et douées d'un mouvement
vibratoire très rapide; ne serait-il pas possible de voir dans ces
granulations des organes utiles à la fécondation? Or, ne l'oublions pas,
on connaît jusqu'alors fort peu de chose sur ce sujet. Y a-t-il chez les
champignons, comme chez les plantes plus élevées en organisation, une
véritable fécondation, c'est-à-dire l'action d'une cellule mâle sur une
cellule femelle? A vrai dire nous le pensons, et peut-être ne serait-il
pas impossible que dans les Discomycètes en particulier, la ou les
cellules mâles soient contenues dans les paraphyses, d'où elles
s'échapperaient au passage des spores issues des thèques. Il y a lieu de
remarquer en effet que les paraphyses dépassent sensiblement ces
dernières, et que les spores doivent en s'échappant passer au contact
des paraphyses où elles peuvent s'imprégner des cellules fécondantes
mâles.
Dans les Hyménomycètes et particulièrement dans les Agaricinées, on
trouve sur l'hyménium des cellules spéciales, grandes, dépassant
sensiblement les spores, et que nous serions tentés d'assimiler aux
paraphyses des Discomycètes. Ces _cystides_, comme on les nomme, sont le
plus souvent remplies de fines granulations, analogues à celles d'un
pollen fécondant. A un moment donné, ces cystides s'ouvrent à leur
extrémité et laissent échapper leur contenu qui pourrait fort bien
féconder les spores.
Tout ceci, bien entendu, n'est qu'une opinion personnelle, bien loin
d'être démontrée.
Les =Tubéracées= qui sont représentées dans notre livre par la _truffe_
que tout le monde connaît, sont des champignons globuleux, qui poussent
généralement à une petite profondeur dans la terre. Ces champignons sont
charnus, coriaces, et ils renferment dans leur intérieur des _thèques_
munies de spores au nombre de 1 à 8.
Les groupes dont nous venons de parler se subdivisent à leur tour en
_familles_, les familles en _genres_, et les genres en _espèces_.
Le groupe des =Hyménomycètes= comprend les _familles_ suivantes:
Les =Agaricinées=, caractérisées par la présence d'un hyménium disposé
sous forme de lames ou feuillets rayonnants, supportant les spores.
Exemple: le Champignon de couche (fig. 1).
Les =Polyporées=, caractérisées par la présence de tubes renfermant les
spores. Exemple: le Cèpe (fig. 2).
Les =Hydnées=, caractérisées par la présence de pointes coniques ou
aplaties, garnies à leur surface de spores. Exemple: l'Hydne.
Les =Auriculariées=, comprenant les champignons dont l'hyménium est lisse
ou ridé, et non lamellaire, poreux ou en pointe. Exemple: la Craterelle.
Les =Clavariées=, comprenant des champignons charnus, dressés, rameux le
plus souvent, et garnis de spores sur toute leur surface qui est lisse.
Exemple: les Clavaires.
Les =Trémellacées=, comprenant des champignons à réceptacles minces ou
gélatineux, ordinairement recouverts à leur surface par l'hyménium
sporifère. Exemple: les Tremelles.
[Illustration: Fig. 1.--Agaric coupé en travers pour montrer les lames
couvertes de spores. Au-dessous, lame d'Agaric (au milieu) très grossie,
montrant d'abord les basides, puis les stérigmates et enfin les spores
au nombre de quatre.]
Dans ces quatre dernières familles les spores se trouvent placées
simplement à la surface du champignon; alors l'hyménium se trouve moins
localisé que dans les Agaricinées et les Polyporées, sauf peut-être dans
les Hydnées où il se trouve exclusivement sur les piquants ou pointes,
qui garnissent la partie inférieure du chapeau.
Les =Agaricinées= renferment un nombre considérable d'espèces, qui se
répartissent en séries, classées d'après la coloration de leurs spores.
C'est ainsi que nous avons:
1º =Les champignons à spores blanches= (Leucosporées), qui comprennent
toutes les espèces à spores blanches ou blanchâtres, parfois un peu
jaunâtres.
2º =Les champignons à spores roses= (Rhodosporées), dont les spores sont
roses ou de couleur saumon.
3º =Les champignons à spores ochracées= ou plus ou moins couleur de
rouille (Ochrosporées), mais jamais noires.
4º =Les champignons à spores brunes ou noires= (Mélanosporées).
Les mots Leucosporées, Rhodosporées, Ochrosporées, Mélanosporées,
signifient, le lecteur l'a compris, champignons à spores blanches,
roses, couleur d'ocre ou de rouille, et noires; ils sont plus concis,
plus brefs, voilà tout. Il faut du reste remarquer que dans bien des cas
un mot approprié spécialement pour désigner une chose ou un ensemble
quelconque, se retient mieux, quand bien même il ne qualifierait
qu'imparfaitement l'objet auquel il s'adresse, il semble que ce soit un
numéro d'ordre et on ne l'oublie pas.
Rappelons que, pour obtenir les spores d'un champignon, il suffit de
placer celui-ci sur un verre ou un papier blanc, en ayant soin que son
hyménium se trouve tourné du côté du verre ou du papier. Au bout de
quelques heures et souvent moins, les spores se sont déposées en masse
et l'on peut se rendre compte de leur couleur.
SÉRIE I.--Champignons à spores blanches (_Leucosporées_).
Les Leucosporées renferment, comme genres principaux:
1.--Les =Amanites= (Amanita) qui seules de la série ont une enveloppe
(appelée volve), généralement enfouie sous terre, et entourant
complètement le champignon dans son jeune âge, comme la coquille de
l'oeuf renferme le poulet avant son éclosion. Il arrive souvent que le
champignon conserve sur son chapeau des parties de la volve sous forme
de plaques plus ou moins larges et plus ou moins nombreuses, qui
s'enlèvent facilement sans léser l'épiderme.
Les Amanites ont le pied central muni d'un collier qui rarement fait
défaut.
_Le genre Amanite, dont les couleurs sont souvent très vives, comprend
les champignons les plus dangereux, les seuls qui soient mortels._
Voir planches et pages 1 à 8.
2.--Les =Lépiotes= (Lepiota) sont des champignons très voisins des
Amanites, mais ils n'ont pas de volve, et leurs couleurs sont beaucoup
moins vives. Ils ont le pied central et tous portent un collier plus ou
moins persistant et souvent mobile. Le chapeau est peu charnu et souvent
parsemé d'écailles qui proviennent de l'épiderme déchiré du chapeau.
Voir planches et pages 9 et 10.
3.--Les =Tricholomes= (Tricholoma) sont des champignons généralement assez
charnus, à pied central, sans collier, et non cartilagineux. Les
feuillets sont minces, inégaux; ils touchent le pied en laissant à son
pourtour une petite échancrure.
Voir planches et pages 12 à 17.
4.--Les =Clitocybes= (Clitocybe) sont des champignons assez charnus se
creusant plus ou moins en entonnoir. Pied central souvent droit comme
une colonne, un peu élargi à la base. Feuillets inégaux amincis aux
extrémités, et descendant plus ou moins sur le pied, ce qui les
distingue des Tricholomes. Chair fine non granuleuse.
Voir planches et pages 19 et 20.
5.--Les =Lactaires= (Lactarius) sont caractérisés par la présence d'un
liquide laiteux, diversement coloré, qui s'écoule parfois très
abondamment lorsqu'on brise le champignon; le chapeau est charnu et
souvent enroulé sur les bords. Feuillets inégaux, minces, se prolongeant
sur le pied qui est central. Les spores sont généralement verruqueuses
et non lisses, comme dans les genres précédents. Chair granuleuse.
Voir planches et pages 24 à 28.
6.--Les =Russules= (Russula) sont des champignons plus ou moins charnus, à
pied central droit, presque égal, ferme mais cassant ainsi que le
chapeau. Feuillets presque tous égaux, épais, souvent réunis entre eux
par des veines; chair granuleuse; couleurs souvent très vives, rouges ou
roses dans beaucoup d'espèces, c'est même pour cela qu'on les a appelées
Russules.
Voir planches et pages 30 à 33.
7.--Les =Collybies= (Collybia) sont des champignons généralement un peu
coriaces, à chair peu épaisse. Pied central élastique, creux ou presque.
Les feuillets sont inégaux, minces; ils touchent le pied sans présenter
d'échancrure. Ces champignons poussent souvent sur le bois ou les
feuilles.
Voir planche et page 18.
8.--Les =Pleurotes= (Pleurotus) ont un pied excentrique, latéral ou nul,
rarement presque central. Ce sont des champignons charnus, coriaces,
poussant sur le bois ou les plantes herbacées, rarement sur la terre.
Les feuillets sont inégaux, nombreux, et presque toujours ils se
prolongent longuement sur le pied.
Voir planches et pages 21 et 22.
9.--Les =Chanterelles= (Cantharellus) sont des champignons minces ou
charnus, dont le chapeau se creuse souvent en entonnoir, tout en se
confondant avec le pied. Feuillets épais ressemblant plutôt à des
bourrelets qu'à des lames; ils sont rameux et descendent longuement sur
le pied.
Voir page et planche 23.
10.--Les =Marasmes= (Marasmius) sont des champignons généralement de
petite taille ou moyens, peu charnus ou minces, coriaces. Feuillets
relativement larges, inégaux, peu nombreux. Pied central très coriace,
flexible. Ces champignons, dont plusieurs ont une odeur forte, poussent
sur le bois ou sur les feuilles pourrissantes et se dessèchent
facilement sans pourrir.
Voir planche et page 34.
Comme genres moins importants, nous citerons:
Les =Armillaires= (Armillaria) qui sont des champignons de consistance
charnue, sans volve, mais pourvus d'un collier comme les Lépiotes dont
ils se distinguent surtout par les feuillets qui touchent largement le
pied, ou même descendent le long de ce dernier; de plus, la chair du
chapeau se continue avec celle du pied, ce qui rend plus difficile la
séparation de ces deux parties. Au contraire, dans les Lépiotes, le
chapeau se sépare facilement du pied.
Voir planche et page 11.
Les =Omphales= (Omphalia) sont des champignons de petite dimension, à
chapeau presque transparent, et à feuillets se prolongeant sur le pied.
En raison de leur petite taille, on ne mange généralement pas les
Omphales.
Les =Mycènes= (Mycena), qui diffèrent des Collybies par leur petite taille
et leurs feuillets qui ne touchent pas au pied.
Les =Lentinus=, =Panus=, =Schyzophyllum=, =Lenzites=, qui, à l'inverse des
genres précédents, ne renferment que des espèces non putrescentes, très
coriaces et souvent ligneuses, poussant presque toujours sur le bois.
SÉRIE II.--Champignons à spores roses (_Rhodosporées_).
Cette série comprend les genres suivants:
Les =Volvaires= (Volvaria). Ce sont des champignons qui se rapprochent
beaucoup des Amanites par leur aspect général, et la présence d'une
volve. Le collier n'existe que dans une espèce, la _Volvaire royale_.
Comme les Amanites, les Volvaires renferment des champignons très
dangereux, ils sont heureusement assez rares.
Les =Entolomes= (Entoloma) comprennent des champignons ayant quelque
analogie de port avec les Tricholoma. Chapeau charnu se continuant avec
le pied qui est généralement ferme, charnu, fibreux et dépourvu de
collier. Les feuillets sont inégaux, adhérents au pied, sur lequel ils
ne descendent pas; les spores sont généralement anguleuses et non
lisses.
Voir planche et page 35.
Les =Pluteus= (Pluteus) sont voisins des Entoloma, mais ils ont le chapeau
distinct du pied et les feuillets non adhérents à celui-ci.
Les =Clitopiles= (Clitopilus) sont des champignons à chapeau charnu se
continuant avec le pied, pas de collier, feuillets minces inégaux, se
prolongeant très longuement sur le pied. Ces champignons ont une
analogie avec les Clitocybes, qui eux ont les spores blanches.
Voir planche et page 36.
SÉRIE III.--Champignons à spores couleur de rouille (_Ochrosporées_).
Dans cette série les genres sont plus nombreux.
Nous citerons:
Les =Pholiotes= (Pholiota) qui ont le pied central orné d'un collier mince
généralement persistant.
Dans ces champignons le chapeau est le plus souvent charnu et continu
avec le pied. Les Pholiotes naissent presque toujours sur les souches et
le bois pourri. Quelques-unes sont comestibles.
Les =Cortinaires= (Cortinarius) ainsi appelés parce qu'ils présentent,
lorsqu'ils sont jeunes, un anneau filamenteux plus ou moins soyeux
appelé _cortine_.
Ce sont des champignons charnus, fermes, assez réguliers, au moins
lorsqu'ils sont jeunes, à pied central plus ou moins muni à la base d'un
renflement ou bourrelet saillant, et conservant sur le haut quelques
filaments de la cortine.
Feuillets inégaux, nombreux, pâles dans le jeune âge, mais devenant par
la suite couleur de rouille par les spores qui les recouvrent. Les
Cortinaires, bien que très nombreux comme espèces, sont peu recherchés
comme comestibles.
Voir planche et page 37.
Les =Inocybes= (Inocybe) diffèrent des Pholiotes et des Cortinaires, en ce
qu'ils n'ont pas de collier, de plus la surface du chapeau est comme
cotonneuse ou soyeuse.
Les =Hébélomes= (Hebeloma) n'ont pas de collier, et la surface du chapeau
est lisse et non cotonneuse comme dans les Inocybes et souvent un peu
gluante. Les feuillets touchent le pied, rarement ils sont descendants.
Ces champignons ont parfois une odeur forte et désagréable.
Les =Paxilles= (Paxillus), dont nous donnons avec sa description une
figure (planche et page 38), renferment des champignons dont les
feuillets souvent se prolongent sur le pied. Le bord du chapeau est
fortement enroulé dans le jeune âge, et le pied est épais, sans collier,
s'amincissant vers la base. Les feuillets se séparent facilement en bloc
du chapeau.
SÉRIE IV.--Champignons à spores noires (_Mélanosporées_).
Comme genres spéciaux nous mentionnerons:
Les =Pratelles= (Pratella) que l'on nomme aussi _Psalliotes_ (Psalliota).
Ce sont des champignons analogues au Champignon de couche, connu de tout
le monde. Ils sont en général globuleux étant jeunes, assez charnus, de
couleur blanche ou blanchâtre, parfois jaunâtre ou roussâtre, à chair
blanche se teintant quelquefois de rouge ou de brun. Les feuillets sont
inégaux, nombreux, minces, de couleur blanche ou pâle dans la jeunesse,
mais devenant bientôt rose plus ou moins foncé puis noir. Pied central
ferme de la couleur du chapeau et muni d'un collier mince. Toutes les
Pratelles sont comestibles.
Voir planches et pages 39 à 41.
Les =Coprins= (Coprinus) sont des champignons peu charnus, d'une durée
très éphémère, dont les feuillets nombreux, larges, minces et inégaux,
sont réunis entre eux par leur bord dans le jeune âge.
Ils sont d'abord de couleur claire, puis ils deviennent roses, puis
noirs et enfin ils se fondent en une eau noire, ce qui n'a pas lieu dans
les Pratelles. Pied creux muni ou non d'un collier fugace. Ces
champignons poussent de préférence sur le fumier ou les terres bien
fumées. Plusieurs coprins sont comestibles.
Voir planche et page 46.
Polyporées.
Les Polyporées, avons-nous dit, sont des champignons dans lesquels on
constate la présence de tubes très fins et non de lames comme dans les
Agarics. C'est dans ces tubes que se trouvent les spores (Voir fig. 2);
on peut, de même que dans les Agarics, obtenir les spores des
Polyporées; il suffit de placer le champignon sur un papier très blanc
en ayant soin de supprimer le pied, pour que les tubes se trouvent
presque en contact avec le papier.
Notons que dans les Polyporées la couleur des spores n'a pas une grande
importance au point de vue du classement des genres.
Nous décrirons parmi les nombreux genres de cette famille:
[Illustration: Fig. 2.--Bolet coupé en travers pour montrer les tubes
qui renferment les spores à leur intérieur.--Au-dessous, tube de Bolet
très grossi montrant son intérieur: les basides, les stérigmates, les
spores.]
Les =Bolets= (Boletus) qui ont un chapeau charnu, convexe, garni à sa
partie inférieure de tubes nombreux soudés les uns aux autres, mais
pouvant se séparer facilement du chapeau et aussi entre eux. Pied
central généralement dépourvu de collier. Ces champignons poussant sur
la terre.
Voir planches et pages 43 et 47 à 50.
Le genre =Fistuline= (Fistulina) qui ne comprend qu'une espèce et qui se
distingue des Bolets en ce que les tubes, bien que séparables entre eux,
s'enlèvent moins facilement du chapeau. Pied oblique, quelquefois très
court; pousse sur les vieux chênes malades.
Voir planche et page 51.
Les =Polypores= (Polyporus) qui peuvent être charnus ou avoir la
consistance du liège, ou même être ligneux, pourvus ou non d'un pied.
Ils se distinguent des genres précédents, en ce que les tubes sont
difficilement séparables entre eux et font corps avec la chair du
chapeau. Ils n'offrent qu'une couche de tubes, tandis qu'on en trouve
plusieurs chez les _Fomes_.
Voir planche et page 44.
Les =Fomes= (Fomes) se distinguent surtout des Polypores, par la présence
de plusieurs couches de tubes sporifères. Comme ces champignons, qui
sont généralement de consistance ligneuse, vivent plusieurs années, il
s'ajoute à chaque période de végétation une nouvelle couche de tubes;
les couches sont alors superposées (stratifiées).
Les =Mérismes= (Merisma) sont des Polypores rameux, à chapeaux nombreux
munis ou non de pieds partant d'un même tronc. Les tubes, dont il
n'existe qu'une couche, sont adhérents entre eux et non séparables du
chapeau.
Nous citerons encore les =Mérules= (Merulius) qui se présentent sous
l'apparence de plaques s'étalant sur les bois qu'ils désagrègent
rapidement. Le _Mérule pleureur_ (Merulius lacrymans) est un fléau pour
les bois de construction employés dans les endroits humides, tels que
sous-sols, caves, écuries, etc.
Hydnées.
Les Hydnées n'ont ni lames rayonnantes comme les Agaricinées, ni tubes
comme les Polyporées, mais bien des dents en pointes rondes ou aplaties,
non soudées entre elles et sur lesquelles se trouvent les spores.
Le genre Hydnum est le plus important au point de vue alimentaire.
Les =Hydnes= (Hydnum) sont des champignons charnus ou coriaces, munis d'un
pied central ou non, quelquefois même sans pied. La partie qui porte les
spores est en forme de pointes ou de lames isolées.
Voir planche et page 52.
Auriculariées.
Les Auriculariées ont leurs spores disposées sur une surface lisse ou
ridée, mais non lamellaire, poreuse ou garnie de pointes.
Nous donnons les caractères du genre Craterellus dont nous décrivons une
espèce. Voir planche et page 54.
Les =Craterelles= (Craterellus) sont des champignons peu charnus, en forme
de cornet ou de trompette, et ayant une grande analogie avec les
chanterelles n'offrant toutefois pas comme ces dernières des côtes ou
bourrelets saillants, mais simplement des rides sinueuses sur lesquelles
se trouvent les spores. Le chapeau se prolonge insensiblement en pied.
Clavariées.
Dans les Clavariées, les spores, au lieu de se trouver sur une partie
déterminée du champignon, occupent toute la surface de ce dernier, sauf
le pied lorsqu'il en existe un.
Les deux genres les plus importants sont:
Les =Clavaires= (Clavaria). Ce sont des champignons charnus, à réceptacle
vertical, arrondi, simple ou rameux et généralement fragiles. Toutes les
Clavaires sont comestibles.
Voir planche et page 53.
Les =Sparassis= (Sparassis) ont beaucoup d'analogie avec les Clavaires. Ce
sont des champignons charnus, fragiles, très rameux et dont les rameaux
sont aplatis et non arrondis comme dans les Clavaires. Ce sont des
champignons assez rares et ayant quelque peu l'aspect d'une éponge.
Trémellacées.
Les Trémellacées sont des champignons mous, gélatineux, un peu
transparents, de formes variables, et susceptibles de se racornir par la
sécheresse, puis de reprendre par l'humidité leur forme première.
L'hyménium recouvre la surface du champignon. Ces champignons vivent sur
le bois pourri.
Gastéromycètes.
Les Gastéromycètes, avons-nous dit, ont des spores analogues à celles
des Hyménomycètes, mais ils s'en distinguent en ce que, dans les
Gastéromycètes, elles se trouvent réparties à l'intérieur du réceptacle,
tandis que dans les Hyménomycètes les spores se trouvent toujours à
l'extérieur, ou en communication libre avec l'extérieur.
Cette famille comprend de nombreux genres, mais nous parlerons seulement
du genre Lycoperdon.