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La justice produit naturellement l'instinct de l'égalité entre les

hommes devant Dieu et devant la société morale; c'est-à-dire que la

conscience dit à l'homme: L'homme, ton semblable, a les mêmes droits

moraux que toi devant le même père, qui est Dieu, et devant la même

mère, qui est la société génératrice et conservatrice de l'humanité tout

entière. Dieu lui doit la même part de sa providence, puisqu'il l'a créé

avec la même part de son amour; la société lui doit la même part de sa

justice, puisqu'elle lui impose, proportionnellement à son intelligence

et à ses forces, la même part de ses charges, de ses sacrifices, de ses

lois dans l'ordre moral.

De là l'égalité de protection des lois humaines comme des lois divines

entre tous les hommes qui ont invocation à faire à la providence par

l'appel à Dieu, ou à la société sociale par l'appel à la force de la

légalité de l'État.

C'est ce qu'on a appelé avec parfaite raison l'égalité devant Dieu et

devant la loi. Point de privilége contre la révélation divine manifestée

par l'instinct universel: la conscience. Quand bien même l'homme

voudrait en créer, de ces priviléges contre Dieu, il ne le pourrait pas:

c'est plus fort que lui, ce serait vengé par lui, il trouverait

l'insurrection en lui, sa conscience, à _lui_, se révolterait contre

_lui_: c'est fatal. Qu'est-ce donc que le remords?

La législation, en cela, est conforme à l'instinct. La révolution

française a proclamé cette justice dans la proclamation de cette égalité

abstraite et divine _devant la loi_; ce qui veut dire et ce qui dit: «Il

n'y a pas deux Dieux, il n'y a pas deux instincts, il n'y a pas deux

consciences, il n'y a pas deux humanités; Dieu, l'instinct, l'équité, la

loi morale, l'humanité, voient des égaux dans tous les hommes venant en

ce monde!»

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 204 / 209 题