De ce droit divin de vivre résulte pour lui le droit d'exercer, sous la
garantie de la société, tous les autres droits indispensables à son
existence.
Le second de ces droits, c'est le droit de s'approprier toutes les
choses nécessaires à son existence, sous la garantie de la société, qui
doit la même inviolabilité à tous ses membres. De là, les lois sociales
sur la propriété, lois sans lesquelles l'homme ne pourrait subsister que
de crimes. Or, comme le crime serait mutuel, l'homme cesserait
promptement d'exister.
La propriété, et la propriété individuelle, est un des décrets du droit
divin, sur lesquels la philosophie, si dérisoirement nommée socialiste,
de J.-J. Rousseau, a répandu dans ces derniers temps le plus de
ténèbres, le plus de paradoxes, le plus de sophismes destructeurs de
toute société, et par conséquent de toute humanité sur la terre. C'est
là que l'insurrection de l'ignorance et de la démence contre la
souveraineté de la nature a été et est encore le plus blasphématoire de
la société politique. On dirait que l'excès même d'évidence du droit de
propriété a aveuglé, en les éblouissant, ces insurgés contre la nature
qu'on appelle _socialistes_, sans doute comme on appelait à Rome les
destructeurs d'empires du nom des nations qu'ils avaient anéanties.
Remettons sous les yeux des hommes de bon sens, riches, pauvres,
indigents même, la vérité sur ce mystère sacré des lois de la propriété.
Jamais la souveraineté de la nature n'a parlé plus clairement que dans
cette révélation instinctive qui dit à l'homme par tous ses besoins: Tu
posséderas, ou tu mourras.