Elle était aimante et fidèle cependant, par ce généreux abandon féminin
de l'amante à son profanateur même. Elle suivait sa bonne et sa mauvaise
fortune, elle lui gardait avec soumission et tendresse son ménage intime
au retour des palais et des fêtes élégantes qu'il fréquentait pour y
porter d'autres hommages et pour y chercher d'autres jouissances auprès
d'autres femmes de ville et de cour qui caressaient mieux sa sensualité
ou sa vanité. L'attachement de Thérèse pour Rousseau subsista jusqu'à sa
mort, sans fidélité du côté de Rousseau. L'amour n'était plus pour lui
qu'une domesticité commode plutôt qu'un attachement.