XVII

Varron s'excuse sur la difficulté de se faire comprendre des esprits

vulgaires en traitant en termes de l'école des sujets grecs dont les

termes mêmes sont étrangers à la plupart des Romains. «Les épicuriens,

dit-il, pensent tout simplement que le sort de l'homme et de la brute,

c'est tout un.

«Mais vous, qui êtes comme moi sectateur des principes plus

spiritualistes et plus sublimes des disciples de Socrate et de Platon,

avec quelle délicatesse ne faudra-t-il pas en développer la philosophie

pour être compris? Il vaut mieux renvoyer les esprits, qui parmi nous

s'occupent de ces matières, aux écrivains grecs eux-mêmes.»

«Vous avez raison, Varron,» répond Cicéron en rappelant avec la

complaisance de l'amitié les beaux ouvrages poétiques et historiques

composés par cet ami. «Pour moi, ajoute-t-il (je vais vous confesser les

choses telles qu'elles sont), pendant le temps où l'ambition, les

honneurs, le barreau, la politique et plus encore ma participation au

gouvernement de la république m'entravaient dans un réseau d'affaires et

de devoirs, je renfermais en moi mes connaissances philosophiques, et,

pour que le temps ne les altérât pas, je les renouvelais dans mes heures

de loisir par la lecture.

«Mais aujourd'hui que la fortune m'a frappé d'un coup terrible et que

le fardeau du gouvernement ne pèse plus sur moi, je demande à la

philosophie l'adoucissement de ma douleur, et je la regarde comme

l'occupation de mes loisirs la plus douce et la plus noble à la fois.

Cette occupation sied parfaitement à mon âge; elle est plus que toute

autre chose en harmonie avec ce que je puis avoir fait de louable dans

ma vie publique; rien de plus utile pour l'instruction de mon pays.»

Après cette introduction, les amis s'asseyent pour écouter Cicéron, qui

commence ainsi:

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 85 / 209 题