XXV

Mais au moment où Cicéron se préparait à mourir, pour se punir lui-même

du crime de ses ennemis, de la lâcheté de ses amis et de sa propre

infortune, l'excès de la tyrannie populaire rappelait la pensée de Rome

vers celui qui l'avait sauvée, par son éloquence et par son courage, de

la nécessité des dictateurs ou de la honte des anarchies.

Clodius, sans contre-poids, obligé d'enchérir chaque jour sur les

démences et sur les excès de la veille, afin de rester à la tête de la

populace, à laquelle on ne peut complaire qu'en lui cédant, commençait à

fatiguer la licence elle-même et à inquiéter Pompée, non-seulement sur

sa puissance, mais sur sa vie: il menaçait également César jusqu'au sein

de son armée des Gaules. César, Pompée, le sénat, les patriciens

opprimés, les plébéiens vertueux, se liguèrent sourdement pour inspirer

au peuple l'horreur de Clodius et le rappel de Cicéron, le seul homme

qu'ils pussent opposer, à la tribune aux harangues, à la popularité

perverse du tribun.

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 56 / 209 题