Catilina, frappé d'effroi par la parole de Cicéron, s'enfuit jusqu'en
Toscane.
Cicéron prend sur lui d'achever le coup d'État contre la démagogie en
immolant les complices de Catilina.
Se croyant sûr de l'appui de Pompée, il poursuit les démagogues jusque
dans la personne de Clodius.
Clodius était ami du jeune César.
César, patricien corrompu, cherchait un appui dans la plèbe romaine; il
commençait la tyrannie, comme elle commence toujours, par la licence; il
soutenait, à ce titre, Clodius; il affectait de l'intérêt pour Catilina.
Clodius ameutait le peuple contre Cicéron.
Pompée s'isolait majestueusement à la campagne.
Cicéron, poursuivi et menacé jusque dans sa maison par les sicaires de
Clodius, invoquait en vain le peuple, qu'il avait sauvé: le peuple
l'abandonnait lâchement à ses ennemis. Les consuls, intimidés,
fermaient les yeux pour ne pas voir ce qu'ils n'avaient pas la force de
punir. Cicéron fut obligé de s'exiler. Un _plébiscite_ rédigé par
Clodius lui interdit le sol romain jusqu'à une distance de cinq cents
milles.
Le sauveur de Rome chercha asile en Grèce: c'était la patrie de son âme.
Pendant qu'il débarquait au Pirée, port d'Athènes, Clodius, suivi d'une
bande de populace, incendiait sa maison à Rome, ravageait ses maisons de
campagne et faisait vendre à l'encan jusqu'à ses livres. Mais le respect
pour Cicéron et la répugnance à s'enrichir de ses dépouilles étaient
tels que les livres et les jardins restèrent sans acheteurs.