XXII

Que les États du souverain pontife modifient leur gouvernement par leur

libre et propre volonté; que les Romains se donnent un gouvernement

politique romain, au lieu d'un gouvernement étranger; que Rome veuille

être une patrie, au lieu d'être un concile; que la souveraineté

traditionnelle du pontife se combine avec la souveraineté civile de la

nation romaine par des institutions représentatives et par des

administrations laïques, ou même que Rome concilie, comme le voulaient

_Pétrarque_, _Rienzi_, _Dante_, les souvenirs de sa république avec le

séjour d'un pontife roi d'un empire spirituel, qu'avons-nous à nous

immiscer dans les transactions du peuple et des princes? Laissons la

puissance à l'un, la liberté à l'autre, la transaction éventuelle entre

les deux. L'inviolabilité des régimes intérieurs des peuples chez eux

est le droit commun: le droit des peuples, le droit des républiques, le

droit des théocraties, je dirai plus, le droit du destin. Ne mettons pas

la main entre la Providence et son oeuvre. L'oeuvre que vous voudrez

faire sera précaire; l'oeuvre qu'elle accomplira elle-même par la main

des peuples et par la main de son premier ministre, le temps, sera

durable. Qui a donné au Piémont le droit de juger ou de préjuger de la

volonté des Toscans, des Romains, des Napolitains, des Siciliens, et de

préjuger de la volonté vraie de ces peuples à son profit? Le jugement

des intéressés exprimé par des armées et rédigé par des conquêtes est

suspect à tout le monde.

Cours familier de Littérature - Volume 11 · 第 24 / 209 题