La France ne fera certainement pas la partie si belle à ses dangereux
alliés de Turin, et à ses adversaires naturels de Londres.
Que fera-t-elle, si elle est bien inspirée par l'évidence des dangers
futurs que l'unité monarchique de la maison de Savoie, et la nouvelle
situation que cette unité monarchique piémontaise donne contre nous en
permanence à l'Angleterre, nous prépare?
Elle se dira, dans sa sagesse, ceci:
Le mouvement libéral, national, né de lui-même, de son sol et de sa
pensée en Italie, est beau de souvenir et d'espérance.
L'aspiration d'une grande race éclairée, courageuse, à rentrer en
possession d'elle-même, est un droit; c'est la légitimité de l'âme des
nations.
Nous devons, dans la limite du droit public, respecter, honorer, au
besoin favoriser ce droit, s'il était nié ou attaqué dans son exercice
par des puissances étrangères à l'Italie.