C'est, suivant l'usage, le lendemain même de sa condamnation que Castex,
l'un des auteurs du crime commis à Saint-Denis, fut transféré à la
Roquette. Il y a été placé dans l'une des cellules,--il y en a
trois,--disposées pour recevoir les condamnés à mort. Contrairement à
une croyance faussement accréditée et à des descriptions imaginaires,
ces cellules n'ont rien de commun avec ce qu'on appelle un cabanon. Ce
sont de vastes chambres, parquetées, de quatre mètres de largeur sur
cinq environ de hauteur, où de grandes fenêtres, prenant jour sur le
préau, distribuent abondamment l'air et la lumière.
Le mobilier consiste en un poële en faïence, deux chaises en bois blanc
foncées de paille, une couchette en fer garnie de deux matelas et dont
le linge est renouvelé tous les vendredis, plus une planche étagère
fixée au-dessus du lit; les cellules sont lavées à l'eau de chaux chaque
fois qu'un nouvel hôte les occupe, ce qui relègue dans le domaine de la
fantaisie les diverses inscriptions dont on prétend que les murs de ces
réduits sont couverts. Le régime des détenus se compose à l'ordinaire de
soupe et de légumes, auxquels, deux fois par semaine, on ajoute de la
viande.
Pour les condamnés à la peine capitale, le règlement, s'ils le
demandent, permet de doubler la ration.