Ce supplice est actuellement en usage en Espagne pour les exécutions
publiques.
Le patient est assis sur un échafaud, le derrière de la tête appuyé sur
un poteau, un collier de fer lui tient le cou. Le bourreau se tenant
derrière le poteau, tourne vivement un tourniquet qui serre le collier,
et le patient est étranglé.
* * * * *
Dès que l'exécuteur des hautes oeuvres a rempli son triste mandat, il
est entouré par les gendarmes, qui lui posent les menottes et le
conduisent dans un des cachots de la prison. Quelques heures après, se
présente un greffier ou _escribano_, accompagné de l'alguazil.
Le bourreau est appelé à comparaître, et aussitôt s'entame le dialogue
suivant:
--Vous êtes accusé d'avoir tué un homme, dit l'_escribano_.
--Oui, c'est la vérité, répond le bourreau.
--Pourquoi avez-vous accompli ce meurtre?
--Pour obéir à la loi et remplir le mandat que m'a confié la justice.
Procès-verbal est dressé séance tenante, signé par le bourreau, et le
lendemain soumis à l'examen du juge. Celui-ci prononce alors une
sentence d'acquittement en faveur du bourreau, qui est mis en liberté
après avoir été traité, durant vingt-quatre heures, comme un criminel.
C'est un agrément de plus à ajouter à tous ceux du joli métier
d'exécuteur des hautes-oeuvres.