VIII. SUPPLICE DES AUGES.

On creusait deux auges de la grandeur de l'homme, depuis le cou jusqu'à

la cheville des pieds, de manière qu'elles joignaient fort bien et

s'emboîtaient ensemble. On couchait le criminel sur le dos dans l'une de

ces auges; ensuite on mettait l'autre auge par-dessus, en sorte que tout

le corps était bien couvert et bien enfermé, et qu'il ne sortait que la

tête par un bout, et les pieds par l'autre. En cet état, on lui donnait

à manger, et, s'il refusait d'en prendre, on l'y forçait en lui

enfonçant des aiguilles dans les yeux. Quand il avait mangé, on lui

faisait boire du miel délayé dans du lait, qu'on lui entonnait dans la

bouche. On lui en versait aussi partout sur le visage, et on le tournait

toujours au soleil, afin qu'il l'eût incessamment dans les yeux, de

sorte que son visage était toujours couvert de mouches que ce lait et ce

miel y attiraient. Il s'engendrait en outre de la corruption et de la

pourriture de ses excréments, quantité de vers qui lui rongeaient les

chairs. Quand on croyait qu'il était mort, on ôtait l'auge de dessus: on

trouvait toute sa chair mangée par ces vers, et l'on découvrait partout

sur ses entrailles, des essaims de cette vermine, qui y étaient attachés

et qui les rongeaient encore.

Ce supplice était usité en Orient.

Peines, tortures et supplices · 第 49 / 104 题