IX. LE SUPPLICE DU CANON.

On a parlé, lors de la révolution dans l'Inde, du supplice que les

Anglais infligeaient aux rebelles. Ils étaient attachés à la gueule d'un

canon, et le boulet dispersait les membres du malheureux condamné. En

Perse, le même supplice est en usage, et nous empruntons à un récit de

voyage une description détaillée de cette horrible exécution:

«Pendant mon séjour à Téhéran, je fus témoin d'un spectacle horrible.

Une femme du harem avait été condamnée à mort.

«Une curiosité bien excusable chez un voyageur triompha de mes

sentiments d'humanité et me porta à assister au supplice de cette

malheureuse. La foule des spectateurs était si grande, que j'eus

beaucoup de difficulté à me procurer une place d'où je pus bien voir.

«Devant le harem, sur un tertre élevé à cet effet, on avait établi un

gros mortier en bronze, auprès duquel était un boute-feu avec la mèche

allumée. Bientôt je vis les officiers de justice percer la foule en se

faisant place à grands coups de bâton.

«Derrière eux s'avançait la victime entourée de gardes; elle était

enveloppée de la tête aux pieds d'une pièce d'étoffe noire qui lui

cachait le visage; elle marchait d'un pas ferme, et son port était

majestueux. De temps à autre elle adressait quelques mots à un eunuque

qui l'accompagnait; mais le bruit que faisait le peuple m'empêcha

d'entendre ce qu'elle disait. À mesure qu'elle approchait le bruit

diminua, et quand elle fut arrivée près de la fatale machine, il cessa

tout à fait.

«Profitant du silence, elle se mit à haranguer le peuple avec un calme

qui surprit tout le monde, et d'une voix si nettement articulée, qu'on

ne perdait pas une seule de ses paroles.

«Les officiers de justice voyant que son discours faisait impression sur

la multitude, l'interrompirent. Elle ne chercha pas à continuer, et elle

se remit entre leurs mains. Ils la conduisirent devant le mortier.

«Arrivée là, elle demeura ferme et calme, n'adressa à ses bourreaux

aucune supplication et ne versa pas même une larme. On lui dit de

s'agenouiller et de placer sa poitrine contre la bouche du mortier, et

elle le fit sans hésiter. On lui étendit les bras, et on lia ses

poignets à deux poteaux qui avaient été plantés à droite et à gauche du

mortier, et elle ne donna aucun signe d'émotion.

«Elle posa la tête sur le mortier et demeura quelques instants dans

cette position, attendant son sort avec un héroïsme digne du guerrier le

plus intrépide.

«Enfin le signal fut donné, et le boute-feu, élevé en l'air, descendit

lentement vers la lumière du mortier.

«Au moment où la mèche embrasée allait toucher la poudre, un

frémissement général éclata dans l'assemblée. L'amorce s'enflamma mais

ne communiqua pas le feu à la charge, et la victime leva la tête pour

voir ce qui était arrivé.

«Une lueur d'espérance entra dans mon âme; je pensai que les choses

n'iraient pas plus loin, et qu'on avait résolu d'épargner cette

malheureuse. Je ne fus pas longtemps dans cette douce erreur.

«On renouvela l'amorce, et le boute-feu fut levé encore. La victime

avait replacé sa tête sur le mortier, et cette fois en poussant un

gémissement sourd. Au même instant l'explosion eut lieu, et la fumée

déroba tout à mes regards.

«Quand elle se dissipa, on aperçut les deux bras noirs et grillés qui

pendaient aux poteaux où on les avait attachés; à quelque distance en

avant du mortier, gîsaient épars un pied, une jambe et quelques lambeaux

du voile noir qui avait couvert la victime; tout le reste avait disparu.

«Au bruit de l'explosion, deux femmes s'élancèrent du portail du harem,

vinrent détacher les bras, les cachèrent sous leurs voiles et rentrèrent

précipitamment au harem avec ces épouvantables preuves que la justice

avait eu son cours.»

* * * * *

Dans une peuplade indienne, on punit les débauchés par un supplice

effrayant, qui consiste à leur enfoncer _in urethro_ un petit bâton

hérissé d'épines. On l'y tourne longtemps et à plusieurs reprises.

* * * * *

Les Anglais condamnaient autrefois les empoisonneurs à être bouillis.

En 1347, deux faux monnayeurs furent bouillis à Paris, au marché aux

pourceaux.

On bouillait les criminels dans de l'eau ou de l'huile.

* * * * *

En Chine, la femme adultère est écrasée sous les pieds des éléphants.

Les Égyptiens coupaient le nez des femmes adultères.

En Mingrélie, quand un homme surprend sa femme en adultère, il a le

droit de contraindre le galant à payer un cochon: d'ordinaire, il ne

prend pas d'autre vengeance, et tous trois mangent ensemble le cochon.

Les Mogols fendent une femme infidèle en deux.

Peines, tortures et supplices · 第 50 / 104 题