Pour rétablir la discipline dans les troupes romaines, l'empereur
Aurélien ordonna des peines très-sévères contre les soldats qui
oseraient l'enfreindre.
À deux grosses branches d'arbre que l'on avait fait fléchir en les
attirant vers le sol, on attachait les pieds du soldat coupable; ces
branches qu'on abandonnait ensuite à leur impulsion reprenant vivement
leur élasticité se partageaient le corps de ce malheureux. On clouait
certains criminels à un arbre par les parties naturelles.
Voici une horrible histoire racontée par Saint-Edme:
L'orme qui existait autrefois proche la ville de Meaux et connu sous le
nom de l'arbre de Vauru, rappelle dans les annales françaises de cruels
souvenirs: Ce nom lui venant de deux gentilshommes qui, pendant les
guerres civiles du règne de Charles VI, commandaient dans cette ville
pour le parti des Armagnacs.
Le bâtard de Vauru arrêta dans les champs un jeune villageois qui
travaillait à la terre, le lia à la queue de son cheval, le traîna
jusqu'à Meaux et le mit si fort à la gêne que le jeune homme pour faire
cesser les tourments qu'il endurait, promit de payer la somme qu'on lui
demandait, et beaucoup au-dessus de ses moyens. Il manda à sa femme le
danger où il était et l'argent qu'il lui fallait pour le sauver du
supplice ou de la mort.
Sa femme jeune, belle, et désespérée du malheur de son époux, accourut
vers ses bourreaux, espérant les toucher par sa jeunesse, ses larmes et
ses prières, ou au moins, obtenir une diminution de la somme excessive
qui était exigée. Vauru déclara à la jeune épouse que si elle
n'apportait pas, à un jour qu'il lui indiqua, la somme demandée, son
mari serait pendu.
La jeune femme partit et mit tout en oeuvre pour se procurer de
l'argent; malgré ses efforts, elle ne put compter la somme exigée que
huit jours après le terme fixé. Elle accourt, apportant la rançon et
demande en pleurant à revoir son mari.
Les Vauru prennent l'argent et disent à la jeune femme qu'elle peut s'en
aller: son mari a été pendu.
La malheureuse insulte les bourreaux. Alors elle est saisie à son tour,
bâtonnée, attachée toute nue à un arbre, auquel pendaient des cadavres.
Elle était enceinte: la douleur provoque l'enfantement, elle est
abandonnée; et les loups, attirés par le sang, viennent la nuit les
dévorer elle et le nouveau-né.