III. SUPPLICE DE L'ARBRE.

Pour rétablir la discipline dans les troupes romaines, l'empereur

Aurélien ordonna des peines très-sévères contre les soldats qui

oseraient l'enfreindre.

À deux grosses branches d'arbre que l'on avait fait fléchir en les

attirant vers le sol, on attachait les pieds du soldat coupable; ces

branches qu'on abandonnait ensuite à leur impulsion reprenant vivement

leur élasticité se partageaient le corps de ce malheureux. On clouait

certains criminels à un arbre par les parties naturelles.

Voici une horrible histoire racontée par Saint-Edme:

L'orme qui existait autrefois proche la ville de Meaux et connu sous le

nom de l'arbre de Vauru, rappelle dans les annales françaises de cruels

souvenirs: Ce nom lui venant de deux gentilshommes qui, pendant les

guerres civiles du règne de Charles VI, commandaient dans cette ville

pour le parti des Armagnacs.

Le bâtard de Vauru arrêta dans les champs un jeune villageois qui

travaillait à la terre, le lia à la queue de son cheval, le traîna

jusqu'à Meaux et le mit si fort à la gêne que le jeune homme pour faire

cesser les tourments qu'il endurait, promit de payer la somme qu'on lui

demandait, et beaucoup au-dessus de ses moyens. Il manda à sa femme le

danger où il était et l'argent qu'il lui fallait pour le sauver du

supplice ou de la mort.

Sa femme jeune, belle, et désespérée du malheur de son époux, accourut

vers ses bourreaux, espérant les toucher par sa jeunesse, ses larmes et

ses prières, ou au moins, obtenir une diminution de la somme excessive

qui était exigée. Vauru déclara à la jeune épouse que si elle

n'apportait pas, à un jour qu'il lui indiqua, la somme demandée, son

mari serait pendu.

La jeune femme partit et mit tout en oeuvre pour se procurer de

l'argent; malgré ses efforts, elle ne put compter la somme exigée que

huit jours après le terme fixé. Elle accourt, apportant la rançon et

demande en pleurant à revoir son mari.

Les Vauru prennent l'argent et disent à la jeune femme qu'elle peut s'en

aller: son mari a été pendu.

La malheureuse insulte les bourreaux. Alors elle est saisie à son tour,

bâtonnée, attachée toute nue à un arbre, auquel pendaient des cadavres.

Elle était enceinte: la douleur provoque l'enfantement, elle est

abandonnée; et les loups, attirés par le sang, viennent la nuit les

dévorer elle et le nouveau-né.

Peines, tortures et supplices · 第 44 / 104 题