II. LE SUPPLICE DU BRAHMINE.

Lorsqu'un Brahmine des bords du Gange a commis quelque faute, il tombe

au rang des parias; et sa famille est vouée à l'exécration. Il peut

racheter les siens, et s'assurer l'éternité de vie heureuse en se

soumettant à cet horrible supplice.

Au bout d'un mât semblable à ceux qui, dans nos fêtes publiques, servent

aux divertissements populaires, est placé un pivot de fer sur lequel se

trouve posée horizontalement, par le milieu, une longue pièce de bois

d'où pendent à chaque extrémité quatre cordes de la hauteur du mât. Sur

des côtés, au bout des cordes, sont fixés quatre forts crochets de fer

semblables à des hameçons. On fait approcher de cette bascule infernale

le brahmine qui veut racheter sa caste; deux de ces crochets aigus lui

sont fortement enfoncés dans les chairs de chaque côté des vertèbres

dorsales et les deux autres sont appliqués plus bas à la jonction des

lombes. Dans cet état ses parents eux-mêmes l'élèvent par les cordes de

l'autre extrémité jusqu'à la moitié du mât et s'élançant avec force dans

l'arène homicide, ils contemplent en l'air, avec calme, le malheureux

décrivant un vaste cercle que son sang reproduit sur la terre. Mais les

chairs se déchirent, des lambeaux s'en détachent; il tombe mourant aux

pieds de ses bourreaux, demande le pardon de sa faute, et attend la mort

sans se plaindre. On accourt cependant, on s'empresse, on l'entoure;

vous croyez sans doute qu'on va lui prodiguer des secours? Non, le

martyre n'est pas complet: on frotte ses plaies avec de la boue du

fleuve qui seule peut achever sa purification; on lui en met dans la

bouche, dans le nez, dans les oreilles, et dans cet état horrible,

vivant encore, le Gange entr'ouvre ses eaux pour recevoir son dernier

soupir!

Peines, tortures et supplices · 第 43 / 104 题