Béranger, _pitoyable auteur et femmelin_;
Jean-Jacques, non seulement le prince des _femmelins_, mais _le plus
grand ennemi du peuple et de la révolution_, lui qui est évidemment le
principal auteur de notre révolution française.
N'est-il pas permis de vous demander, Monsieur, si vous êtes pour ou
contre la révolution.
M. Proudhon, vous avez perdu vos droits à tout ménagement, puisque vous
ne ménagez pas ceux qui ne vous ont ni offensé, ni provoqué, ceux qui
n'ont point prétendu vous asservir: les hommes ont manqué de courage; ils
auraient dû vous arrêter lorsque vous vous engagiez sur la pente des
personnalités blessantes; ce qu'ils n'ont pas fait, je le fais, moi
femme, qui ne crains ni rien ni personne que ma conscience.
M. Proudhon, le plus grand ennemi du peuple, est l'écrivain qui, foulant
aux pieds la raison et la conscience, la science et les faits, appelle à
son aide toutes les ignorances, tous les despotismes du passé pour égarer
l'esprit du peuple sur les droits de la moitié de l'espèce humaine.
M. Proudhon, le plus grand ennemi de la révolution, est celui qui la
montre aux femmes comme un épouvantail; qui les détache de sa sainte
cause en la confondant avec la négation de leurs droits; qui attaque et
vilipende les gens de progrès; qui ose enfin, au nom des principes
d'émancipation générale, proclamer l'annihilation sociale et la servitude
conjugale de toute une moitié de l'humanité.
Voilà, Monsieur, l'_ennemi_ du peuple et de la révolution.