la poudre, va à la comédie italienne, s'amuse à lire l'art militaire
d'Élian[421].
[421] «_Cl. Œliani et Leonis imperatoris Tactica, gr.-lat., cum
notis Sixti Arcerii et J. Meursii_; Leyde, Elzevir, 1613, in-4º.»
_Le 27, samedi, au Plessis._—Il mange d'un déjeuner donné par M. de
Huxelles, maître de la maison[422]. Il part après le déjeuner; il soupe
à Saint-Germain, soudain monte à cheval, et part sur les mêmes chevaux
qui l'avoient porté et va à Ruel voir la Reine sa mère. Il revient de
même à neuf heures.
[422] Jacques du Blé, marquis d'Uxelles, chevalier des ordres,
lieutenant général en Bourgogne, maréchal de camp, tué au siége de
Privas en 1629; il avait épousé, en 1627, Claude Phélypeaux, fille de
Raymond, seigneur d'Herbaut, secrétaire d'État.
_Le 28, dimanche._—Il va au conseil, à vêpres, puis à quatre heures
et demie va en carrosse au coin de l'île, du côté bas de la garenne,
commence à apprendre à nager par M. Galeteau, premier valet de chambre
du Roi et le sieur Descluseaux, porte-manteau du Roi, et y demeure une
heure.
_Le 29, lundi._—Il entre en carrosse, et va baigner à la rivière,
comme le jour précédent.
_Le 30, mardi._—Il part de Saint-Germain, va à Joyenval dîner à
l'assemblée.
_Le 31, mercredi._—Levé en robe, il va chez la Reine.
_Le 1er août, jeudi._—Il se fait raser la barbe pour la première
fois (il ne y avoit que du poil presque imperceptible), par François
Despaux, barbier de la chambre du Roi; il lui rase le menton et les
joues.
_Le 2, vendredi._—Après souper il monte à cheval, part de
Saint-Germain; va au déçu de chacun à Versailles, où il arrive à huit
heures et demie, s'amuse à voir toutes les sortes d'ameublements que
le sieur de Blainville, premier gentilhomme de la chambre, avoit fait
acheter, jusques à la batterie de cuisine[423]. L'on l'a fait coucher
tout vêtu sur son lit, lui disant qu'il seroit plus tôt prêt pour aller
détourner le cerf.
[423] Dans un Inventaire général des titres du domaine de Versailles,
manuscrit conservé aux Archives de l'empire (O, 12795, folio 307) on
trouve l'indication d'un «État des héritages que le sieur Martin vend
au Roi, situés dans le terroir de Versailles et ès environs, et datés
du 5 et autres jours suivants du mois d'août 1624.»
_Le 3, samedi, à Versailles._—Éveillé à trois heures, il prend son
limier et va au bois pour détourner le cerf, y est deux ou trois
heures, et revient tout mouillé à Marly. Il se jette sur un méchant lit
sans dormir, et après dîner va courir son cerf, qu'il avoit détourné.
Il ne le prend point, et revient à Saint-Germain.
_Le 7, mercredi._—Après souper il va en son cabinet, prend son habit
de drap, monte à cheval à sept heures et part de Saint-Germain pour
Versailles, où il arrive à neuf heures.
_Le 8, jeudi, à Versailles._—Éveillé à trois heures et demie, il prend
son limier, va à quatre heures au bois détourner le cerf, revient à
Vaucresson, dîne à huit heures, se va coucher sur de la paille, puis
monte à cheval et va courir le cerf.
_Le 10, samedi, à Saint-Germain._—Il est vêtu de noir pour le décès de
M. de Lorraine.
_Le 12, lundi, à Saint-Germain._—Il va à la chapelle des terrasses à
la messe; va à pied à son écurie, monte à cheval, va dans la forêt,
à la mare aux canes, où il dîne sur les paniers, sous un chêne, tout
de viande froide. Comme il fut remonté à cheval, le cheval du sieur
Soupite, premier valet de chambre, se cabra, qui faillit à lui tomber
sur les épaules, n'étoit qu'il s'en garantit d'un soudain coup d'éperon.
_Le 13, mardi._—Il envoie querir M. le marquis de la Vieuville,
surintendant des finances, démis de sa charge par la bouche du Roi, qui
commande à M. de Tresmes, capitaine des gardes du corps, de le faire
entrer dans le petit carrosse de Sa Majesté accompagné d'un certain
nombre d'archers, et de le faire conduire à Amboise[424].
[424] Il avait été nommé en 1623; le cardinal de Richelieu le rappela
à la surintendance peu de temps après. Il mourut le 2 janvier 1653.
_Le 15, jeudi, à Saint-Germain._—Il communie, touche les malades, va
chez la Reine, au sermon et à vêpres. A quatre heures, pour ne savoir
que faire, il est dévêtu, mis au lit et s'endort jusques à six heures
et demie. Après souper il va chez la Reine.
_Le 16, vendredi._—Il va courir le cerf, revient à cinq heures, fort
hâlé et mauvais visage; va chez la Reine, puis en sa chambre, où il
reçut les serments du prévôt des marchands et échevins de Paris; goûte
sur le pied du lit et s'endort soudain.
_Le 18, dimanche._—La Reine sa mère étoit chez la Reine; il va au
conseil, y établit M. de Schomberg. Le soir il retourne chez la Reine.
_Le 19, lundi._—Le soir chez la Reine.
_Le 20, mardi._—Il va chez la Reine, revient en sa chambre, me dit
avoir froid, sur les onze heures, et en avoir eu de même le dimanche
matin. Dévêtu, mis au lit; puis levé, il va chez la Reine en son
cabinet, joue aux cartes et fait jouer aussi les princes et seigneurs.
Après son souper il retourne chez la Reine, se plaint de lassitude par
tout le corps, provenant du grand travail de la chasse du cerf; fait
faire de la musique jusques à onze heures, et s'endort jusques à deux
heures après minuit.
_Le 21, mercredi._—Rendormi jusques à neuf heures, amusé jusques à
dix, il entend la messe. A onze heures levé, dîné à l'antichambre, il
va après en sa chambre; mis au lit sans dormir, à cinq heures il se met
au pied de son lit, y fait mettre la table, et fait jouer les jeunes
seigneurs avec lui. A six heures levé en robe, soupé à l'antichambre.
Remis au lit après; la Reine le vient voir.
_Le 22, jeudi._—Il va au conseil, puis entre en carrosse et va à
la rivière, à la volerie; il faisoit une épouvantable et effroyable
chaleur, se met sous un arbre à l'ombre sans se travailler. Mis au lit,
relevé, il va chez la Reine.
_Le 24, samedi._—Il mange des muscats frais de Montpellier, cueillis
dans la vigne de M. Mariotte, mon beau-frère. Le soir il se promène par
la chambre à cause de la grande chaleur, avant de se coucher, se met au
lit avec inquiétude.
_Le 27, mardi._—Il part de Saint-Germain-en-Laye, va voir la Reine
sa mère, à Rueil, y mange d'une tarte aux prunes de la façon du sieur
François, écuyer de bouche de la Reine. De là il va au galop jusques à
Versailles, où il monte sur un cheval de pas, et va à Châteaufort, où
il a dîné.
_Le 29, jeudi._—A deux heures il va en son écurie, où il saigne un peu
du nez pour y avoir frotté avec le bout des doigts. A deux heures il
monte à cheval et va à la chasse, revient souper à six heures.
_Le 31, samedi._—Il va en sa garde-robe, botté, va à la chasse.
Courant à toute bride, à son accoutumée, son cheval tombe sur le
devant, à chute redoublée, et tourne sur le côté; il ne se fait aucun
mal, remonte sur le même cheval, quelque prière qu'on lui en fasse
faire, et court comme auparavant; revient à sept heures souper.
_Le 29 septembre, dimanche._—Le soir il va chez la Reine sa mère, puis
en face le portail, pour voir jouer les artifices de Morel, l'artiller,
monté sur un cheval tout entouré de fusils, qui se promenoit.
_Le 4, vendredi._—Il revient à sa chambre, où il reçoit M. d'Aligre,
garde des sceaux à serment de chancelier par le décès de M. Brulart,
sieur de Sillery, qui décéda le jour précédent[425]. Puis il monte à
cheval, et va à Châteaufort, où il a dîné.
[425] Étienne d'Aligre avait les sceaux depuis le 6 janvier
précédent. Disgracié en 1626, on lui retira les sceaux, et il passa
deux ans au château de la Rivière dans le Perche; il y mourut, le 11
décembre 1635.
_Le 7, lundi._—A onze heures il monte à cheval, part de Dourdan avec
la pluie, va courir le cerf, court tout le jour ainsi jusques à la
nuit, qu'il se trouve dans les bois de Rambouillet; il ne savoit où
il étoit, à cause de l'obscurité de la nuit, ce qui le fait résoudre,
me dit-il, d'aller tout droit pour pousser à l'aventure. Il trouve
quelques maisons, se y arrête, arrive à Rambouillet tout mouillé,
environ les huit heures, à l'hôtellerie.
_Le 8, mardi._—Le matin il part de Rambouillet, arrive à Versailles à
huit heures, se met au lit, sans dormir, se lève à dix heures; part
de Versailles, court et prend deux lièvres en chemin, et arrive à
Saint-Germain. Il va chez la Reine, puis à sa chambre.
_Le 9, mercredi._—Le soir il va chez la Reine.
_Le 12, samedi, à Versailles._—Il détourne le cerf, rentre tout
mouillé, change de linge, de chausses et de chaussures, et après dîner
court le cerf jusques à Porchefontaine; il le laisse dans l'étang et
revient à Saint-Germain.
_Le 14, lundi._—Le soir il va chez la Reine.
_Le 19, samedi, à Saint-Germain._—Il détourne le cerf le matin, le
court l'après-dîner; la Reine y étoit.
_Le 31, jeudi._—Il n'a point voulu déjeuner, à cause du jeûne du jour;
va à la chapelle des terrasses, revient en sa chambre, puis au conseil,
chez la Reine sa mère. Il dîne, puis se va botter en sa garde-robe,
monte à cheval à midi, et va à la chasse au renard; revient à cinq
heures chez la Reine sa mère, après va en son cabinet, où il a fait
collation à cause du jeûne.
_Le 1er novembre, vendredi._—Confessé, communié, touché les malades;
il va chez la Reine le soir.
_Le 2, samedi._—Il va chez la Reine sa mère, puis chez la Reine, qui
lui donne à dîner à onze heures trois quarts; à une heure il monte à
cheval, part de Saint-Germain[426].
[426] Depuis quelque temps Héroard ne prend plus les notes que quand
le Roi reste chez lui; il ne le suit plus dans ses excursions, ou à
la chasse, aussi y a-t-il un certain désordre et des interruptions.
Héroard avait alors soixante-quinze ans, et devait n'avoir plus toute
la force nécessaire pour suivre le jeune Roi dans ses promenades.
_Le 10, mercredi._—Le soir il va chez la Reine.
_Le 17, dimanche._—Il va en sa chambre, où il reçoit la nouvelle
de l'entière résolution par le comte de Carlisle, ambassadeur
d'Angleterre, sur le mariage de Madame.
_Le 19, mardi._—Il va chez la Reine.
_Le 20, mercredi._—Il part de Paris, va à Crosne.
* * * * *
_Ici pareillement défaut de suite de ce journal jusqu'au mercredi 27
mai mil six cent vingt-six, qui sont dix-huit mois sept jours, qui ont
aussi malheureusement été dissipés par sa veuve et ses parents._
ANNÉE 1626.
Lacune des cinq premiers mois.—Voyage du Roi avec la
Reine.—Chartres.—Orléans.—Blois.—Arrestation des
princes de Vendôme.—Tours.—Saumur.—Nantes.—Les
États.—Manœuvres militaires.—Fiançailles du duc
d'Orléans.—Départ.—Vitri.—Laval.—Le Mans.—Chartres.—Retour
à Paris.—Lacune d'un mois.—Courses autour de Paris.—Lacune.
_Le 28 mai, jeudi._—[427] Il part de Paris pour aller à Versailles.
[427] Pendant l'intervalle de cette lacune, le Roi n'avait pas
quitté les environs de Paris. La guerre civile s'était réveillée
avec violence en Languedoc et en Aunis; la lutte commençait avec les
Rochellois, soutenus par MM. de Rohan. On avait célébré à Paris,
par procureur, le mariage d'Henriette de France avec le roi Charles
Ier d'Angleterre (11 mai 1625). Le 11 février 1625 le Roi donna
dans la salle du Louvre le ballet intitulé: _Les fées de la forêt
de Saint-Germain_, où figurait aussi le duc de Montmorency. C'est
une donnée des plus extraordinaires: Louis XIII y dansa habillé en
espagnol, puis il représenta un des assaillants de la fée Alizon.
Monsieur y dansa dans l'entrée des Demi-Feux.
En février 1626, édit de pacification pour les protestants; le 4 mai
on conduisit à la Bastille le maréchal d'Ornano, accusé d'avoir voulu
brouiller Monsieur avec le Roi, et la Cour eut quelques difficultés
pour l'enregistrement d'édits bursaux.—C'est à cette époque que
Monsieur prit le titre de duc d'Orléans et qu'on négocia son mariage
avec Mlle de Montpensier; l'on commença aussi alors à cabaler contre
Richelieu.
_Le 1er juin, lundi._—Il va au conseil, commande à M. de la
Ville-aux-Clercs d'aller chez M. le chancelier lui demander les sceaux
et les ayant rendus, les donne à M. de Marillac.
_Le 2, mardi._—Il part de Paris pour aller à Blois et va à Chartres,
où il dîne; il va au-devant de la Reine sa mère, logée à Chanteloup.
_Le 4, jeudi._—Il arrive à Toury, fort mouillé d'un grand orage qui ne
le peut empêcher de bêcher un renard qu'il prit.
_Le 5, vendredi, à Orléans._—Monsieur, son frère, arrive de Paris et
va voir le Roi. Il va chez la Reine.
_Le 6, samedi._—Il part d'Orléans par eau, dîne en bateau, arrive à
Blois à six heures; y soupe et se couche.
_Le 8, lundi._—Il va à la messe au donjon, puis chez la Reine sa mère,
et revient en sa chambre, les pieds tout mouillés; il avoit passé dans
l'eau jusqu'au jarret. Il va à la chasse au sanglier; le soir il va
chez la Reine.
_Le 13, samedi._—A trois heures il commande à M. du Hallier, capitaine
des gardes en quartier et à M. le marquis de Mouy[428], capitaine des
grandes gardes, d'aller de sa part arrêter M. le duc de Vendôme et M.
le grand prieur, son frère[429]. Il les fait prisonniers, on les mène
par eau à Amboise. Après le Roi va au conseil, et chez la Reine, sa
mère; à neuf heures il dîne, et va en sa chambre, s'endort jusques à
trois heures après midi; le pouls un peu hâté.
[428] Louis de la Marck, marquis de Mouy, frère du comte de Brenne,
capitaine des gardes, premier écuyer de la Reine; il mourut cette
même année.
[429] Ils furent arrêtés pour avoir pris part aux cabales de la Cour.
César y perdit le gouvernement de Bretagne; mis en liberté en 1630,
il alla servir en Hollande.—Son frère mourut à Vincennes, le 8 août
1629, et on le crut empoisonné.
_Le 25, jeudi._—A huit heures et demie, il entre en carrosse, va à
l'assemblée à la route de Beauregard, y a dîné dans la forêt, sous un
arbre.
_Le 27, samedi._—Le Roi part de Blois pour aller à Tours.
_Le 29, lundi._—Il va faire sa prière à Notre-Dame-des-Ardillers,
puis entre en bateau et va à Saumur; il ne veut point souper.
_Le 3 juillet, vendredi._—Il arrive à Nantes; Monsieur, son frère,
couche avec lui.
_Le 11, samedi._—Il va à la salle des Jacobins, où l'on tenoit les
États de la province, accompagné de la Reine sa mère, et de Monsieur,
son frère.
_Le 18, samedi._—Il va chez la Reine sa mère, puis au conseil.
_Le 19, dimanche._—Il va dans son cabinet seul, entend M. le cardinal
deux heures durant; après va à vêpres à Saint-Pierre.
_Le 21, mardi._—Le soir il va chez la Reine.
_Le 22, mercredi._—Il fait venir vingt compagnies du régiment des
gardes, qui étoient alors près de lui, et les régiments de trois mille
Suisses, avec les cent de la garde, les fait mettre en bataillon comme
pour se battre.
_Le 31, vendredi._—Il va à l'assemblée à Bourgon, où il dîne; va à la
chasse, puis chez la Reine sa mère.
_Le 5 août, mercredi._—Ce jour fut fiancé, par M. de Richelieu,
Monsieur Gaston de France, frère unique du Roi, avec Mlle de Bourbon,
fille de feu M. le duc de Montpensier[430].
[430] Marie de Bourbon, morte le 4 juin suivant. De ce mariage naquit
Anne Marie-Louise d'Orléans, le 29 mai 1627, souveraine de Dombes,
duchesse de Montpensier, morte sans alliance, le 5 avril 1693. Gaston
se remaria avec Marguerite de Lorraine, le 31 janvier 1632.
_Le 6, jeudi._—Il va chez la Reine, sa mère; à onze heures, Monsieur
épouse Mlle de Montpensier, par M. de Richelieu, aux Minimes.
_Le 13, jeudi._—A six heures et demie il va, dans la galiote de M. de
Thoiras, se promener sur la rivière.
_Le 15, samedi._—Confessé par le père Souffren[431]; il va à
Saint-Pierre et communie par M. le cardinal de Richelieu; touche dans
le chœur de l'église trente-cinq malades.
[431] _Voy._ la note [442] du 1er novembre 1627.
_Le 18, mardi._—Il va à La Haye, voir M. le cardinal de Richelieu
avant de se mettre au lit, se met en colère, ne se peut apaiser; en
soi-même, se plaint à moi qu'il avoit tort.
_Le 23, dimanche._—La Reine mère part de Nantes pour aller coucher à
Ancenis; il va l'accompagner.
_Le 24, lundi._—Il part de Nantes, et va[432] à Chevillière, maison de
M. de Crapadoc, y dîne.
[432] Héroard ne mentionne même pas l'exécution du comte de Chalais,
décapité à Nantes, le 19 août.—C'est alors que Richelieu, faisant
ressortir les dangers dont il était environné, se fit concéder une
compagnie de gardes.
_Le 25, mardi._—Il part de Chevillière, et va à Châteaubriand; y soupe.
_Le 27, jeudi._—Il part de Bain, et arrive à La Fontaine, maison de M.
le duc de Brissac[433], y dîne, s'y promène, y joue.
[433] François de Cossé, fils aîné du second maréchal de Brissac et
de Judith d'Acigné; grand pannetier de France, lieutenant-général en
Bretagne, mort le 3 décembre 1651, à soixante-dix ans.
_Le 31, lundi._—Mis sur son lit pour se reposer et ne savoir que
faire; il part de Fontaine, et arrive à Châteaubourg, puis va à Vitré.
_Le 1er septembre, mardi._—Il fait son entrée à Laval.
_Le 3, jeudi._—Il arrive au Mans.
_Le 7, lundi._—Il part de Champoud, et arrive à Chartres.
_Le 13, dimanche._—Il monte à cheval, va voir la Reine sa mère, à
Limours, revient au conseil.
_Le 14, lundi._—Il arrive à Rambouillet, où il a soupé et couché.
_Le 16, mercredi._—Il arrive à Versailles.
_Le 17, jeudi._—Il arrive à Paris pour souper, va chez la Reine sa
mère.
_Le 21 septembre, lundi._—Il retourne à Versailles, va à Saint-Germain.
_Le 24, jeudi._—Il va au bois dîner sur l'herbe, aux Loges; se met sur
son lit dans la journée. Le soir il va chez la Reine[434].
[434] Il y a dans le manuscrit une lacune du 25 septembre au 1er
novembre 1626. Pendant ce temps le connétable de Lesdiguières était
mort, le 28 septembre.
_Le 1er novembre, dimanche._—Confessé, touché les malades, joué au
palemail et à la longue paume. Il va chez la Reine sa mère.
_Le 2, lundi._—Il part de Saint-Germain, et va à Versailles.
_Le 3, mardi, à Versailles._—Il fait un excellent festin aux Reines
et princesses, où il porta le premier plat, puis s'assied auprès de la
Reine. Il y fit garder un ordre merveilleux, puis leur donna le plaisir
de la chasse. Un lièvre poursuivi se vint rendre dans leur troupe.
_Le 4, mercredi, à Versailles._—Il va à la chasse.
_Le 15, dimanche._—Après dîner il part de Versailles, et va, en
chassant aux chiens, à Saint-Germain, où il arrive à une heure, va chez
les Reines, au conseil, et à trois heures monte à cheval pour revenir à
Versailles[435].
[435] Il y a dans le manuscrit une autre lacune du 20 novembre
1626 au 1er janvier 1627. Le 19 décembre 1626, Malherbe écrivait à
Peyresc: «Vous avez su le congé donné à Barradas (premier écuyer
de la petite écurie). Nous avons un Saint-Simon, page de la même
écurie, qui a pris sa place. Le Roi, mercredi dernier, le présenta à
la Reine sa mère. C'est un jeune garçon de dix-huit ans ou environ.
La mauvaise conduite de l'autre lui sera une leçon.» Bassompierre
parlant aussi de la disgrâce de Barradas, dit «que l'on avoit mis en
sa place, proche du Roi, un jeune garçon d'assez piètre mine et pire
esprit, nommé Saint-Simon». C'est le père de l'auteur des _Mémoires_.
ANNÉE 1627.
Le Journal devient de plus en plus concis.—Voyages de plus
en plus fréquents à Versailles.—Mort de Madame.—Maladie du
Roi.—Départ pour la Rochelle.—Niort.—La Rochelle.—Le fort
Louis.—La digue.
_Le 1er janvier, vendredi_.—Confessé, touché les malades.
_Le 8, jeudi._—Il part de Versailles, arrive à Paris. Le soir, il va
chez la Reine[436].
[436] Nouvelle lacune jusqu'au lundi 8 mars. C'est à cette époque,
dans une assemblée de notables qui se tint pendant les mois de
janvier et février 1627, que Bassompierre, prenant la parole et
reprochant au Roi la suspension de l'achèvement des bâtiments royaux,
disait «que son inclination n'est point portée à bâtir, et que les
finances de la chambre ne seront point épuisées par ses somptueux
édifices, si ce n'est qu'on lui veuille reprocher le chétif château
de Versailles, de la construction duquel un simple gentilhomme ne
voudroit pas prendre vanité».
_Le 18 mars, jeudi, à Versailles._—A dîner il mange d'un pâté que M.
le cardinal de Richelieu avoit envoyé à ses mousquetaires.
_Le 7 avril, mercredi._—Il va chez la Reine[437].
[437] Cette mention significative et, comme nous l'avons dit,
accompagnée de chiffres, se reproduit le samedi 10 avril.
_Le 22, jeudi._—Il part de Versailles, vient à Paris, où M. le duc de
Lorraine le salue en son cabinet.
_Le 23, vendredi._—Il donne audience au cardinal de Spada, nonce[438].
[438] Bernard Spada, né d'une famille assez obscure de la Romagne, en
1592, mort le 10 novembre 1661.
_Le 24, samedi._—Il donne audience aux Grisons.
_Le 26, lundi._—Il va chez la Reine sa mère, la voit dîner.
_Le 27, mardi._—Il part de Paris, va à Sainte-Geneviève-des-Bois.
_Le 15 mai, samedi._—Il part de Paris, va à la chasse au bicorne à
Beaulieu, suivi de M. Flamen; après va à Morgemont.
_Le 27, jeudi._—Il va chez la Reine.
_Le 31, lundi._—A Auteuil, soupé; il va de Paris à Versailles.
_Le 4 juin, vendredi._—Il va au Louvre voir expirer Madame; après part
de Paris, et va à Versailles.
_Le 5, samedi, à Versailles._—Il monte à cheval pour aller voir
Monsieur, son frère, à Saint-Cloud, puis s'en retourne à Versailles.
_Le 16, mercredi._—Il va à Auteuil, où il dîne en la maison de M.
Coquet, commissaire général de la maison du Roi.
_Le 19, samedi._—Il va à Vaucresson, où il a dîné, où Monsieur est
venu le trouver, et ayant donné la serviette au Roi, s'en retourne à
Saint-Cloud.
_Le 23, mercredi._—Il va aux Tuileries, donne de l'eau bénite au corps
de Madame.
_Le 6 juillet, mardi._—Malade, on le fait suer; il se plaint, dit: _Je
suis pris_; il a la fièvre, claque des dents.
_Le 14, mercredi._—Toujours malade. M. Charles et M. Bonnart[439] sont
arrivés pour conseil.
[439] Médecins consultants.
_Le 20, mardi._—Toujours la fièvre, il se plaint de grandes lassitudes.
_Le 29, mardi._—Il est saigné par M. Boutin, l'un de ses chirurgiens.
Il va pourtant au conseil, se fait souvent faire de la musique.
_Le 1er août, dimanche._—Il est encore malade; il a la fièvre; il
fait dire la messe; il se lève à dix heures, se fait couvrir et mettre
des bouteilles aux pieds. Il eut froid et dura ainsi avec un peu de
frémissement jusques à douze heures et demie, et durant trois quarts
d'heure eut un peu de sueur, et eut un peu de vigueur; à une heure et
demie fort trempé de sueur, essuyé, prend de l'eau purgative, après mis
au petit lit, à trois heures goûté. Le soir soupé, puis changé et mis
au grand lit à sept heures.
_Le 15, dimanche._—Toujours la fièvre, il prend des demi-bains chaque
jour et des eaux purgatives; ne sort pas.
_Le 19, jeudi._—A trois heures levé, porté en chaise jusqu'au delà de
la chaussée, il part de Villeroy, entre dans la litière de la Reine sa
mère. En chemin il se plaint d'un point du côté gauche dans les fausses
côtes, d'appréhensions, envoie un valet de pied à Paris pour faire
venir M. Bontemps, qui l'a suivi à Olinville, où il soupe et couche.
_Le 21, samedi._—On le saigne au bras gauche, six onces.
_Le 23, lundi._—Il part d'Olinville en la chaise de M. Liancourt.
_Le 24, mardi._—Il entend la messe au lit, à neuf heures se met dans
la chaise, porté par des Suisses, part de Paloiseau; en haut de la
montagne d'Igny monte à pied, puis se met dans le carrosse jusqu'à
Versailles. A onze heures un quart il arrive, se met auprès du feu,
puis sur son lit, à midi dîné à table; puis va en sa chambre, se couche
sur son lit, se fait couvrir les jambes de sa robe fourrée, y est
environ une heure, s'amuse à peindre. A quatre et demie il sort à pied,
va à la porte entretenir les soldats du corps de garde, puis entre
dans son petit carrosse tiré par un cheval, et va se promener voir son
plant.
_Le 25, mercredi, à Versailles._—Il va à pied à la messe à l'église,
revient à dix heures et demie, se met sur le lit; dîné en son cabinet.
A une heure et demie il entre en carrosse, part de Versailles et chasse
le renard dans le parc de Roquencourt, puis va jusqu'à la montagne de
Marly, et à Marly se met dans sa chaise. Il est porté jusques au bas de
la montée, où il entre en carrosse, et sur les quatre heures arrive au
bâtiment neuf, à Saint-Germain.
_Le 28, samedi._—Il part dans son petit carrosse pour aller à la
chasse au sanglier.
_Le 31, mardi._—La fièvre disparoît. Il prend du lait clair. Il va à
la chasse et au conseil, conduit son carrosse lui-même.