CCCXXXV

Paris, mardi 9 août 1870.

Chère amie, je pense que vous ferez bien de ne pas venir à Paris en ce

moment; je crains qu'il n'y ait sous peu de tristes scènes. On ne voit

que des gens abattus ou des ivrognes qui chantent _la Marseillaise._

Grand désordre partout! L'armée a été et est admirable; mais il paraît

que nous n'avons pas de généraux. Tout peut encore se réparer; mais,

pour cela, il faut presque un miracle.

Je ne suis pas plus mal, seulement accablé de cette situation. Je vous

écris du Luxembourg, ou nous ne faisons qu'échanger des espérances et

des craintes. Donnez-moi de vos nouvelles. Adieu.

Lettres à une inconnue, Tome Deuxième Précédée d'une étude sur P. Mérimée par H. Taine · 第 180 / 183 题