Paris, jeudi 4 avril 1867.
Chère amie, me voici enfin à Paris, mais plus mort que vif. Je ne vous
ai pas écrit, parce que j'étais trop triste et que je n'avais que des
choses douloureuses à vous dire de moi et de ce monde sublunaire. Vous
me trouverez bien souffrant, mais bien heureux de vous voir. Vendredi
matin, s'il faisait beau, nous pourrions faire ensemble une promenade
au musée du Louvre. Je n'ose guère sortir, tant j'ai peur du froid, et
on me recommande de marcher. Je vous envoie le huitième volume de M.
Guizot, qui vous divertira. Le temps noir et triste me fait grand mal.
J'espère que vous êtes toujours en grande prospérité. On raccommode ma
maison et je suis réduit à vivre dans mon salon, qui est triste comme
une prison. Venez me consoler. Vous emporterez tous les livres que vous
voudrez, et je ne vous demanderai pas de me laisser un gage.
Adieu. à bientôt, j'espère.