Paris, vendredi 12 décembre 1863.
Chère amie, j'allais vous écrire quand j'ai reçu votre lettre. Vous
vous plaignez d'être enrhumée, mais vous ne savez pas ce que c'est que
de l'être. Il n'y a qu'une personne enrhumée, en ce moment, à Paris, et
cette personne, c'est moi. Je passe ma vie à tousser et à étouffer, et,
si cela dure, vous aurez bientôt à faire mon oraison funèbre. Je pense
fort à Cannes, et ce n'est que sous son soleil que je guérirai. Il faut
auparavant que je vote cette longue et filandreuse adresse que notre
président, si digne de son nom, nous a composée. . . . . . . .
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Connaissez-vous Aristophane? Cette nuit, ne pouvant dormir, j'ai pris
un volume que j'ai lu tout entier et qui m'a très-amusé. J'ai une
traduction pas trop bonne à vos ordres. Il y a des choses qui feront
beaucoup de peine à votre pruderie, mais qui vous intéresseront,
surtout maintenant que vous avez appris quelque chose des mÅurs
antiques dans Cicéron. Adieu. . . .
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