Paris, 5 novembre 1862.
Chère amie, je suis invité à Compiègne jusqu'au 18. Le 10, je serai
à Paris jusqu'à trois heures, et j'espère vous voir. Ãcrivez-moi et
donnez-moi longuement de vos nouvelles. Je désapprouve fort votre
nouveau goût littéraire. Je lis actuellement un livre qui cependant
vous amusera peut-être; c'est l'histoire de la révolte des Pays-Bas,
par Motley. Je le mettrai à vos ordres, si vous voulez. Il n'y a pas
moins de cinq gros volumes; mais, quoique pas trop bien écrit, cela
se lit couramment et cela m'intéresse beaucoup. Il a beaucoup de
partialité anticatholique et antimonarchique; mais il a fait d'immenses
recherches et c'est un homme de talent, quoique Américain.
Je suis enrhumé et assez mal de mes poumons. Vous apprendrez un jour
que j'ai cessé de respirer, faute de ce viscère. Cela devrait vous
engager à être très-aimable pour moi avant que ce malheur m'arrive.
Adieu, chère amie. . . . . . .