Samedi 14 avril 1860.
. . . . . . . . . J'ai mené depuis Pâques une vie fort dissipée: je
suis allé deux fois au bal et j'ai dîné en ville tous les jours. Ce
bal, où je devais étrenner ce domino avec une _baretta_ vénitienne, est
remis au 24, parce qu'on juge en ce moment en Espagne les complices
d'Ortega, parmi lesquels il y a deux parents de l'impératrice. S'ils
sont fusillés, ce qui est fort dans les façons de faire du pays, je
crois que le bal sera entièrement abandonné, et j'en serai pour mon
domino. J'ai beaucoup vu Ortega, qui est, par parenthèse, un charmant
garçon, la coqueluche des belles dames de Madrid. J'ai très-grand peur
qu'il ne s'en tire pas. Cependant, on dit qu'il y a toujours du remède
quand il s'agit de jolis garçons. . . . . . .