Paris, 4 avril 1860.
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Nous avons eu hier la première idée de retour du printemps. Cela m'a
fait grand bien et je me suis senti renaître. Il me semblait que je
sentais l'air de Cannes. Aujourd'hui, il fait gris et sombre. J'aurais
grand besoin de vous pour prendre la vie en patience. Je trouve qu'elle
devient tous les jours plus ennuyeuse. Le monde est par trop bête. Ce
qui est plus inouï que tout, c'est l'ignorance générale dans ce siècle
de lumières, comme il s'appelle modestement lui-même. Il n'y a plus
personne qui sache un mot d'histoire.
Vous aurez lu le discours de Dupin, qui m'a fort amusé. . . . . . . . .
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Je n'ai jamais pu retrouver Gobineau et je sais bien pourquoi; vous
aussi. Je me suis donné mes étrennes à moi-même, il y a deux jours,
chez Poitiers. J'ai acheté quelques très-beaux livres vieux et d'autres
modernes très-bien reliés. Avez-vous lu les Mémoires de Hollande
attribués à madame de la Fayette? Cela m'a fort amusé. Je vous les
prêterai sur dépôt, à votre retour. Cela est relié par Bauzonnet.--Je
me suis fait faire un domino vénitien noir avec une buretta en dentelle
ou quelque chose d'approchant, comme le dessin que j'ai fait à Venise
et que je vous ai montré. Depuis mon retour, en cette malencontreuse
saison, je prends un intérêt extraordinaire au temps. . . . . .
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