CCXVII

Paris, 4 avril 1860.

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Nous avons eu hier la première idée de retour du printemps. Cela m'a

fait grand bien et je me suis senti renaître. Il me semblait que je

sentais l'air de Cannes. Aujourd'hui, il fait gris et sombre. J'aurais

grand besoin de vous pour prendre la vie en patience. Je trouve qu'elle

devient tous les jours plus ennuyeuse. Le monde est par trop bête. Ce

qui est plus inouï que tout, c'est l'ignorance générale dans ce siècle

de lumières, comme il s'appelle modestement lui-même. Il n'y a plus

personne qui sache un mot d'histoire.

Vous aurez lu le discours de Dupin, qui m'a fort amusé. . . . . . . . .

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Je n'ai jamais pu retrouver Gobineau et je sais bien pourquoi; vous

aussi. Je me suis donné mes étrennes à moi-même, il y a deux jours,

chez Poitiers. J'ai acheté quelques très-beaux livres vieux et d'autres

modernes très-bien reliés. Avez-vous lu les Mémoires de Hollande

attribués à madame de la Fayette? Cela m'a fort amusé. Je vous les

prêterai sur dépôt, à votre retour. Cela est relié par Bauzonnet.--Je

me suis fait faire un domino vénitien noir avec une buretta en dentelle

ou quelque chose d'approchant, comme le dessin que j'ai fait à Venise

et que je vous ai montré. Depuis mon retour, en cette malencontreuse

saison, je prends un intérêt extraordinaire au temps. . . . . .

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Lettres à une inconnue, Tome Deuxième Précédée d'une étude sur P. Mérimée par H. Taine · 第 56 / 183 题