Genève, 1765, 1 vol. in-8º.
_Pensées de milord Bolingbroke_, sur différents sujets d'histoire, de
philosophie, de morale, etc., recueillies par Prault. Paris, Prault,
1771, 1 vol. in-12.
_Les Loisirs d'un ministre, ou Essais dans le goût de ceux de Montagne_,
composés en 1736, par le marquis d'Argenson. Liége, Plomteux, 1787, 2
vol. in-8º, reliés en veau vert avec armes sur le dos.
_OEuvres du Philosophe de Sans-Souci_, au Donjon du Château, 1750, 3
vol. in-8º.
_OEuvres de Saint-Évremont_, avec la vie de l'auteur, par des Maileaux,
1753, 11 vol. in-12.
_OEuvres de madame la marquise de Lambert._ Paris, Ganeau, 1761, 2 vol.
in-12.
_OEuvres diverses de J. J. Rousseau._ Neufchâtel, 1764, 8 vol. in-12. Le
premier volume est orné d'un frontispice par Gravelot, et d'un portrait
de J. J. Rousseau par Delatour.
_Plaidoyer_ pour et contre J. J. Rousseau et le docteur D. Hume,
l'historien anglais, avec des anecdotes intéressantes relatives au
sujet; ouvrage moral et critique, pour servir de suite aux oeuvres de
ces deux grands hommes, par Bergerat. Paris, Dufour, 1768, 1 vol. in-12.
_Les OEuvres de l'abbé de Saint-Réal_, nouvelle édition. Libraires
associés, 8 vol. in-12.
_OEuvres posthumes de Frédéric II_, roi de Prusse. Berlin, Woss et
Decker, 1788, 15 vol. in-8º, reliés en maroquin fauve avec armes sur le
dos.
_Divers Éloges_, par Thomas. Paris, Regnard, 1763-1773, 1 vol. in-8º.
_La Muse historique, ou Recueil de Lettres en vers_, contenant les
nouvelles du temps, écrites à S. A. marquise de Longueville, par le
sieur Loret. Paris, Ch. Chenault, de 1650 à 1664, 5 vol. in-fol.--Les
lettres du 1er janvier 1665 au 28 mars de la même année sont
manuscrites, et copiées par de la Rue, en 1771.
_Anecdotes ecclésiastiques_, tirées de l'_Histoire du royaume de
Naples_, de Giannone, par Jacques Vernet. Amsterdam, Catuffe, 1753, 1
vol. petit in-8º.
_Abrégé chronologique de l'Histoire des Juifs_, par Charbuy. Paris,
Chaubert, 1 vol. in-8º.
_Lettres sur l'Egypte_, par Savary. Paris, Onfroy, 1785, 3 vol. in-8º,
avec armes sur le dos.
_Histoire ancienne des peuples de l'Europe_, par le comte de Buat.
Paris, Desaint, 1772, 12 vol. in-12, avec armes sur le dos.
_Mémoires de la cour de France_, pour les années 1688 et 1689, par
madame la comtesse de la Fayette. Amsterdam, Bernard, 1731, 1 vol.
in-12.
_Histoire de la vie et du règne de Louis XIV_, par Bruzen de la
Martinière. La Haye, Venduren, 1740, 2 vol. in-4º.
_Histoire de madame de Luz_, anecdote du règne de Henri IV, par Duclos.
La Haye, de Hondt, 1744, deux parties en 1 vol. in-12. Histoire plus que
galante.
_Histoire politique du siècle_, par Maubert de Gouvest. Londres, 1754, 2
vol. in-12.
_Histoire du règne de Louis XIII_, par le P. Griffet. Paris, Libraires
associés, 1758, 2 vol. in-4º.
_Les Amours de Henri IV, roi de France_, avec ses lettres galantes à la
duchesse de Beaufort et à la marquise de Verneuil. Amsterdam, 1765, deux
parties en 1 vol. in-12.
_Dictionnaire géographique et portatif de la France_, par le P.
Dominique Magnan. Paris, Desaint, 1765, 4 vol. in-8º.
_Les Soirées helvétiennes, alsaciennes et francomtoises_, par le marquis
de Pezay. Amsterdam, Paris, Delalain, 1771, 1 vol. in-8º.
_Usages et Moeurs des Français_, par Poullin de Lumina. Lyon, Berthaud,
1769, 1 vol. in-12.
_Le Royalisme, ou Mémoires de du Barry de Saint-Aunez et de Constance de
Cézelli, sa femme_, anecdotes héroïques sous Henri IV, par de Limairac.
Paris, Valade, 1770, 1 vol. in-8º.
_Histoire de la vie privée des Français, depuis l'origine de la nation
jusqu'à nos jours_, par Legrand d'Aussy. Paris, Pierres, 1782, 3 vol.
in-8º, reliés en maroquin rouge, armes sur le dos.
_Lettres du baron de Busbec_, ambassadeur de Ferdinand 1er, roi des
Romains, auprès de Soliman II, empereur des Turcs, etc., traduites en
français, avec des notes historiques et géographiques, par l'abbé Defoy.
Paris, Bauche, 1748, 3 vol. in-12.
_Histoire abrégée de la vie d'Éléonore-Marie, archiduchesse d'Autriche_,
etc., par N. Frizon. Nancy, Cusson, 1725, 1 vol. in-8º.
_Les Fastes du royaume de Pologne et de l'empire de Russie_, par
Constant Dorville. Paris, Costard, 1769, 2 vol. in-8º.
_Histoire de l'Afrique et de l'Espagne sous la domination des Arabes_,
par Cardonne. Paris, Saillant, 1765, 3 vol. in-12.
_Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce
des Européens dans les deux Indes_, par Guillaume-Thomas Raynal.
Neufchâtel, Libraires associés, 1783, 10 vol. in-8º, reliés en maroquin
vert, armes sur le dos.
_Monuments de la mythologie et de la poésie des Celtes, et
particulièrement des anciens Scandinaves_, pour servir de supplément et
de preuves à l'introduction à l'histoire du Danemark, par Mallet.
Copenhague, Philibert, 1756, 1 vol. in-4º.
_Histoire de l'Académie française_, par Pellisson et d'Olivet, troisième
édition. Paris, Coignard, 1743, 2 vol. in-12.
_Tablettes dramatiques_, contenant l'abrégé de l'histoire du théâtre
français, l'établissement des théâtres à Paris, un dictionnaire des
pièces et l'abrégé de l'histoire des auteurs et des acteurs, par le
chevalier de Mouy. Paris, Jarry, 1752, 1 vol. petit in-8º.
_Histoire et commerce des Antilles anglaises_, par Butel-Dumont, 1 vol.
in-12.
_Correspondance secrète, politique et littéraire, ou Mémoires pour
servir à l'Histoire des cours, des sociétés et de la littérature en
France, depuis la mort de Louis XV_, 1789, 1790, par Métra et autres, 14
vol. in-12, reliés en veau vert, les armes sur le dos. On est d'autant
plus étonné de trouver cet ouvvage parmi les livres de madame du Barry,
qu'elle y est fort maltraitée.
_Dictionnaire de littérature_, par l'abbé Sabatier de Castres. Paris,
Vincent, 1770, 3 vol. in-8º.
_Recueil d'anecdotes_, par madame de Laisse. Amsterdam, 1773, 1 vol.
in-12.
_Principes du droit politique_, par Burlamaqui. Amsterdam, Châtelain,
1751, deux tomes en 1 vol. petit in-8º.
_Le Droit public de France éclairci par les monuments de l'antiquité_,
par Bousquet. Paris, Desaint et Saillant, 1756, 1 vol. in-4º.
_De l'autorité du clergé et du pouvoir du magistrat politique sur
l'exercice des fonctions du ministère ecclésiastique_, par Richer.
Amsterdam, Arkstée, 1767, 2 vol. in-12.
_Constitution de l'Angleterre, ou État du gouvernement anglais_, comparé
avec la forme républicaine et avec les autres monarchies de l'Europe,
par Delolme. Genève, Barde, 1787, 2 vol. in-8º, reliés en veau marbré
vert, avec armes sur le dos.
L'_Alcoran de Mahomet_, traduit de l'arabe par André du Ryer, sieur de
la Garde Malézair, nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée des
observations historiques et critiques sur le mahométisme, ou traduction
du discours préliminaire mis à la tête de la version anglaise de
l'Alcoran, publiée par Georges Sale. Amsterdam, Arkstée, 1770, 2 vol.
in-12.
_Réflexions, sentences et maximes morales_, mises en nouvel ordre, avec
des notes pratiques et historiques, par Amelot de la Houssaye, nouvelle
édition, augmentée de maximes chrétiennes. Paris, Ganeau, 1754, 1 vol.
in-12.
_Émile, ou de l'Éducation_, par J. J. Rousseau. Amsterdam, Néaulme,
1762, 4 vol. in-12.
_Réflexions politiques sur les finances et le commerce_, par Dutot. La
Haye, Vaillant, 1754, 2 vol. in-12.
_Essai politique sur le commerce_, par Melon, nouvelle édition, 1761, 1
vol. in-12.
_Annales politiques_ de feu M. Charles-Irénée Castel, abbé de
Saint-Pierre, nouvelle édition. Lyon, Duplais, 1767, 2 vol. in-12.
_Essai philosophique_, concernant l'entendement humain, par Locke,
traduit de l'anglais par Coste. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie,
1758, 4 vol. in-12.
_De la recherche de la vérité_, par Mallebranche. Paris. 1762, 4 vol. in
12.
_Histoire du ciel_ considéré selon les idées des poëtes, des philosophes
et de Moïse, par Noël Planche. Paris, Estienne, 1739, 2 vol. in-12.
_Considérations sur la constitution de la marine militaire de France_,
par de Secondat. Londres, 1756, 1 vol. in-12.
_Rouge végétal à l'usage des dames_, avec une lettre à M***, sur les
maladies des yeux causées par l'usage du rouge et du blanc, par le
docteur Deshais-Gendron. Paris, 1760, 1 vol. in-12.
* * * * *
Nº 6.--_Liste des dossiers, concernant madame du Barry, déposés à la
bibliothèque publique de la ville de Versailles:_
1º Dossier renfermant toutes les pièces regardant particulièrement
madame _du Barry_.
2º Procès entre les héritiers _du Barry_, dans lequel est établie la
preuve que madame _du Barry_ est fille naturelle d'_Anne Bécu_.
3º Autre dossier, dans lequel on trouve une foule de renseignements sur
tout ce qui regarde madame _du Barry_.
4º Dossier concernant le vol des diamants de madame _du Barry_, et les
dépôts d'argent faits par elle en Angleterre.
5º Dossier _Cossé-Brissac_.
6º Dossier de _Rançon de Montrabe_, beau-père de madame _du Barry_.
7º Dossier contenant les états des dettes, oppositions et significations
existant au trésor public, sur la comtesse _du Barry_.
8º Procès des héritiers de madame _du Barry_.--Mémoires imprimés.
9º, 10º, 11º, 12º. Dossiers des divers procès intentés par les héritiers
de madame _du Barry_, contre MM. _Rohan-Chabot_, _de Chabrillan_, _de
Mondragon_.
13º Dossier concernant le comte _Guillaume du Barry_, mari de la
comtesse.--Son second mariage avec _Madeleine Lemoine_.--Sa mort.
14º et 15º Papiers concernant les parents de madame _du Barry_.
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
INTRODUCTION I
I.--Le château de Versailles sous Louis XIII et la
journée des Dupes (1627-1630) 1
II.--La naissance du duc de Bourgogne (1682) 30
III.--Récit de la grande opération faite au roi
Louis XIV (1686) 57
IV.--Mort de Louvois (1691) 74
V.--L'appartement de madame de Maintenon
(1686-1715) 85
VI.--L'ancienne machine de Marly ou de Ville et
Rennequin 115
Pièces justificatives 138
VII.--Détails inédits sur la mort de Louis XIV (1715) 200
VIII.--Relevé des dépenses de madame de Pompadour 209
IX.--Le Parc aux cerfs sous Louis XV (1755-1771) 229
X.--Madame du Barry (1768-1793) 243
Notes 249
NOTES:
[1] _Curiosités historiques_, p. 86.
[2] Les Almanachs de Versailles avant 1789.--Le Cicerone de Versailles
(avril 1804, etc.)
[3] Mémoires de Saint-Simon.
[4] Mémoires de Saint-Simon.
[5] Jusqu'en 1836, dit cet auteur, époque de la publication du livre de
M. Eckard, on avait cru et répété que Jean de Soisy était le seigneur de
Versailles. En 1833, lorsque nous écrivîmes pour la première fois cet
ouvrage, nous avancions sous la forme du doute, que Jean de Soisy
n'avait dû vendre que le _Pavillon royal_, puisque le château
appartenait aux Gondi. Toutefois, les dates nous embarrassaient. Grâce à
M. Eckard, la lumière a été jetée sur l'ordre des acquisitions, et nous
n'y ajouterons que ce que nous croirons indispensable de faire
connaître.
[6] _Mémoires du maréchal de Bassompierre_, contenant l'histoire de sa
vie et de ce qui s'est fait de plus remarquable à la cour de France
pendant quelques années. Cologne, 1665, t. III, p. 53.
[7] Le palais des Tuileries. L'assemblée se tenait dans la grande salle
de ce palais.
[8] En 1631, pendant qu'il était enfermé à la Bastille.
[9] _Architecture française_, par Blondel, t. IV, p. 93.
[10] _Histoire du roi Louis XIII_, par Ch. Bernard, 1646, I. XII, p.
223.
[11] Anecdotes du ministère du cardinal de Richelieu.
[12] Ch. Bernard (_Histoire de Louis XIII_) dit que ce qui sauva le roi
fut l'ouverture d'un abcès qu'il avait intérieurement, ce qui le mit
aussitôt hors de fièvre.
[13] _Histoire de Louis XIII_, liv. XIV, p. 226.
[14] Voici ce que dit à ce sujet Bassompierre: «Le lundi 11, jour de la
Saint-Martin, je vins de bonne heure chez le roi, qui me dit qu'il s'en
retournoit à Versailles; je ne sçay point quel dessein j'en avois fait
d'aller dîner chez M. le cardinal, que je n'avois pû voir chez luy
depuis son arrivée, et m'en alloyt vers midi en son logis. On me dit
qu'il n'y estoit pas, et qu'il partoit ce jour-là pour aller à Pontoise.
Encore jusques-là je ne pensoy à rien, ni moins encore, quand étant
entré au Luxembourg, M. le cardinal y arrivant, je le conduisis jusques
à la porte de la reine, et qu'il me dit: Vous ne ferez plus de cas d'un
défavorisé comme moy. Je m'imaginai qu'il vouloit parler du mauvais
visage qu'il avoit reçu de Monsieur. Sur cela, je voulus attendre pour
aller dîner avec lui; mais M. de Longueville me débaucha pour aller
dîner chez M. de Créqui avec Monsieur, comme il m'en avoit prié.»
(_Mémoires du maréchal de Bassompierre_, t. III, p. 273.)
[15] Comme grand-maître de la maison du roi.
[16] L'ordonnance royale par laquelle Louis XIII ôte les sceaux à
Marillac pour les donner à Charles de Laubespin, sieur de Chasteau-Neuf,
est datée de Versailles, au mois de novembre 1630, et l'on y voit que
Chasteau-Neuf y prêta serment entre les mains du roi, le 14 du même
mois.
[17] Cette année 1630, Louis XIII retira au seigneur de Glatigny les
droits d'aides de Versailles, qui avaient été aliénés en 1619, et les
fit recevoir par le concierge de son château. (Rapport de M. Coste,
1790.)
Le concierge du château et le jardinier avaient chacun six cents livres
de gages. (Manuscrits de Narbonne, premier commissaire de Versailles.)
[18] Voir _Histoire amoureuse des Gaules_, par Bussi Rabutin.
[19] Son mari était chirurgien à Paris.
[20] Le premier médecin du roi.
[21] Premier chirurgien de la Dauphine.
[22] C'est ce qui a fait dire à plusieurs historiens, et entre autres à
M. Vatout, dans son livre du _Palais de Versailles_, que la Dauphine
était accouchée à la surintendance. La surintendance était complétement
séparée du château, et l'on a évidemment confondu le pavillon de la
surintendante avec ce bâtiment. Sous Louis XVI ce pavillon portait le
nom de _Pavillon de Monsieur_.
[23] Il était composé de deux matelas, sans lit de plumes, placés sur un
lit de repos, large de trois pieds. Une planche était placée entre les
deux matelas, afin que le siége ne fût pas dans un creux. On étendait
dessus deux draps et une couverture. Un double traversin était placé
sous les épaules et la tête. Enfin il était complété par deux chevilles
d'un pied de long, placées l'une à droite et l'autre à gauche, que la
princesse devait saisir pendant les douleurs, et par une barre au pied,
pour servir d'appui à ses pieds pendant le travail.
[24] Qu'on a traduit plus tard en _palettes_.
[25] Ce rossolis était composé de graines aromatiques macérées dans
l'alcool.
[26] L'usage de la plupart des accoucheurs de cette époque, ainsi que
l'enseigne _Mauriceau_ dans son _Traité des accouchements_, était de
délivrer la femme aussitôt la sortie de l'enfant, et de ne couper le
cordon que lorsque l'arrière-faix tout entier était dehors. Clément
était d'un avis tout opposé. Il voulait que l'on commençât par la
ligature du cordon. Il donnait pour raison qu'on ne peut trop tôt ôter
l'enfant d'auprès de sa mère, et l'en débarrasser pour le mettre entre
les mains de celles qui doivent l'accommoder. Il ajoutait que plus on
différait à lier le cordon, plus la circulation de l'enfant avec le
placenta se continuait, et plus par conséquent le placenta se détachait
difficilement de l'utérus; et de plus, qu'en laissant crier l'enfant
près de sa mère, on lui faisait de la peine, et que cet éveil à la
tendresse maternelle pouvait être encore une cause de retard à la sortie
du délivre.
Il lia donc le cordon, le coupa, et remit l'enfant entre les mains des
femmes qui devaient l'arranger. On l'enveloppa dans un linge et on le
porta dans un cabinet voisin, et près du feu. On le lava avec une éponge
trempée dans du vin légèrement chauffé, dans lequel on avait fait fondre
une certaine quantité de beurre. Clément vint lui mettre le cordon dans
un linge huilé, plaça la bande de corps, et l'on emmaillotta l'enfant.
Il s'occupa ensuite de délivrer la princesse. L'arrière-faix, à sa
sortie, fut placé sur un plat d'argent et présenté à l'examen des
médecins pour s'assurer de son intégrité.
[27] Les curés de paroisses royales avaient le droit non-seulement
d'assister en étole aux baptêmes, mariages et autres sacrements qui
s'administraient à la cour, mais encore de faire mention de leur
présence dans les actes les constatant. Voici comment cet usage s'était
introduit.
Le cardinal de Richelieu connaissait le grand nombre de ses ennemis et
la faiblesse de Louis XIII. Craignant qu'après sa mort sa famille ne fût
inquiétée, il chercha pour elle un appui dans la puissante maison de
Condé, et fit épouser à sa nièce, Claire-Clémence de Maillé-Brézé, Louis
de Bourbon, duc d'Enghien, si connu sous le nom de grand Condé!
Ce mariage se fit le 11 février 1645, dans la chapelle du Louvre, et le
frère de Richelieu, le cardinal de Lyon, leur donna la bénédiction
nuptiale. Le prince de Condé, père de Louis, et Louis lui-même, ayant
montré de la répugnance pour cette alliance, le cardinal ne parvint à la
conclure qu'à l'aide des grands avantages qu'il assura à sa nièce; et
comme il craignait que plus tard on ne cherchât quelques prétextes pour
la rompre, il voulut que le curé de Saint-Germain l'Auxerrois fût
présent à la célébration avec son étole, et qu'il apportât ses registres
afin d'y faire inscrire l'acte. Telle est l'origine de l'usage où
étaient les curés des résidences royales d'assister en étole à tous les
sacrements s'administrant à la cour. Cet usage s'est renouvelé de nos
jours, car on a vu, il y a quelques années, le curé de l'église de
Notre-Dame de Versailles, depuis évêque de Dijon, venir au château de
Trianon et y assister en étole à la cérémonie du mariage de la princesse
Marie, fille du roi Louis-Philippe, avec le prince de Wurtemberg.
[28] Après que les femmes de la Dauphine eurent procédé à sa toilette,
elle fut placée dans son lit, préalablement chauffé. Comme l'enfant
était resté assez longtemps au passage, les parties externes de la
génération étaient contusionnées et douloureuses; Clément y fit
appliquer un cataplasme ainsi fait: On prit deux onces d'huile d'amandes
douces et deux oeufs dont on mit le blanc et le jaune, qu'on fit cuire
dans un petit vase, comme des oeufs brouillés; on les étendit ensuite
sur de l'étoupe, et on les appliqua médiocrement chauds sur la partie.
Comme le ventre était un peu sensible, Clément se servit, pour prévenir
l'inflammation de cette partie, d'un singulier moyen, auquel il renonça
cependant pour les autres accouchements de la Dauphine, quoiqu'ils aient
été aussi laborieux*. Il fit appliquer la peau encore chaude d'un mouton
noir nouvellement écorché. Pour cela on avait fait venir un boucher qui
écorcha le mouton dans une pièce voisine. Le boucher, voulant ne pas
laisser refroidir la peau, s'empressa d'entrer dans la chambre de la
princesse, en ayant pris cette peau ployée dans son tablier, et laissa
la porte ouverte; de sorte que le mouton écorché et tout sanglant le
suivit et entra jusqu'auprès du lit, ce qui fit une peur effroyable à
toutes les dames présentes à ce spectacle. Les seins furent ensuite
recouverts de deux petits matelas de laine. Ces soins terminés, la
Dauphine prit une potion qu'on était dans l'usage d'administrer pour
éviter aux femmes les tranchées, consistant dans un mélange d'huile
d'amandes douces, de sirop de capillaire et de jus d'orange.
A la couche de la Dauphine, Clément se conforma encore à un usage
observé chez les reines, mais qu'il supprima plus tard, c'était
d'empêcher la femme de dormir aussitôt après l'accouchement. Dionis
resta trois heures auprès du lit de la Dauphine, ainsi qu'il avait fait
à la reine, pour causer avec elle et l'empêcher de se livrer au sommeil.
Après que tout le monde se fut retiré de la chambre de la Dauphine, on
ferma tous les volets des fenêtres, et une seule bougie éclaira sa
chambre jour et nuit pendant les neuf premiers jours. Excepté
l'accoucheur, les médecins et les femmes nécessaires au service,
personne ne s'approcha non plus de la Dauphine pendant tout ce temps.
Les trois premiers jours, sa nourriture se composa de bouillons, d'oeufs
frais et de gelée; et sa boisson de tisane d'orge, de chiendent et de
réglisse chaude. Lorsque la fièvre de lait fut passée, on donna des
potages et du poulet, et elle but un peu de vin trempé.
Une précaution regardée comme très-importante était de ne laisser entrer
dans la chambre de l'accouchée aucune personne ayant sur elle quelque
odeur. Aussi un huissier était-il placé à la porte de l'appartement de
la princesse, avec ordre de sentir toutes les dames, et de renvoyer
celles ayant quelque parfum ou quelque fleur, non-seulement pendant les
neuf premiers jours, mais même pendant les six semaines qui suivirent
l'accouchement.
* Dionis.
[29] Dans son livre du _Palais de Versailles_, M. Vatout dit qu'après la
naissance du duc de Bourgogne, Louis XIV s'étant montré en public, le
peuple le porta depuis la surintendance, où la Dauphine était accouchée,
jusqu'à ses appartements. On voit, par ce récit, que cette scène
d'effusion entre Louis XIV et ses courtisans eut lieu dans l'intérieur
du palais, et que _le peuple_ n'y prit aucune part. L'erreur de M.
Vatout vient, on l'a déjà fait remarquer, de ce qu'il a confondu la
surintendance avec le pavillon de la surintendante.
[30] Il y avait alors la grande cour, appelée aussi première cour,
fermée par la grille que l'on voit encore aujourd'hui; la deuxième cour,
ou cour royale, séparée de la première par une grille aujourd'hui
détruite, et la troisième cour, ou cour de marbre.
[31] L'Étape était une espèce de halle aux vins, dans laquelle les
marchands de vins en gros de la ville déposaient leurs pièces pour les
vendre aux habitants. Elle était située derrière l'ancienne geôle.
[32] La pompe, située rue des Réservoirs, sur l'emplacement du
restaurant Duboux, était un instrument hydraulique servant à élever
l'eau de l'étang de Clagny dans les réservoirs du château, pour de là
les distribuer dans les bassins du parc. Plus tard, madame de Pompadour
fit bâtir son hôtel sur le même emplacement.
[33] Tous les ornements de plomb de la toiture du château et des ailes
des ministres étaient dorés.
[34] Sauf les grands seigneurs, les habitants de Versailles étaient
alors composés de paysans, d'ouvriers, et de gens de bas étage, attirés
par les travaux que faisait faire le roi, et par les privilèges qu'il
accorda aux premiers propriétaires de la ville. Les marguilliers de la
paroisse, se considérant comme les représentants des bourgeois de la
ville, ne voulurent pas laisser passer une occasion si favorable de se
distinguer, ce qui amena une scène assez plaisante.
Ils allèrent trouver Bontemps, premier valet de chambre du roi et alors
gouverneur de Versailles; ils lui représentèrent que, dans une
circonstance aussi solennelle, ils ne pouvaient se dispenser de porter
au roi les félicitations des habitants de Versailles, et le prièrent de
les présenter à Louis XIV. Bontemps en parla au roi, qui voulut bien les
recevoir et leur assigna une heure le lendemain.
A l'heure indiquée, Bontemps, comme gouverneur de Versailles, avait cru
devoir se mettre à la tête de la députation. Il les introduisit dans le
salon où se trouvait le roi; mais, à peine y furent-ils entrés, que,
sans donner à Bontemps le temps de prononcer la formule d'usage: «Sire,
voici les bourgeois de Versailles que je présente à Votre Majesté», l'un
des marguilliers, nommé Colette, épicier de profession, chargé de faire
le compliment, enthousiasmé sans doute par la présence du roi, se mit à
chanter à pleine gorge: _Domine salvum fac regem_, auquel les
marguilliers, électrisés à leur tour par la voix de lutrin de leur
orateur, répondirent: _Et exaudi nos in die, qua invocaverimus
te_.--Louis XIV ne s'attendait pas à un pareil discours. Il ne put
conserver sa gravité et se mit à rire, ainsi que tous les seigneurs qui
l'entouraient. Mais Bontemps, peu flatté du rôle que venaient de lui
faire jouer les marguilliers, leur fit de vifs reproches et les poussa
hors du salon, d'où ils se retirèrent un peu confus de leur réception.