rassemblée. Je n'eus pas besoin de demander l'explication de ce
rassemblement: elle ne se fit pas attendre. J'entendis au loin des cris
déchirants, et aussitôt je vis sortir de la cour du palais de Justice
cette fatale charrette que Barrère, dans un de ces accès de gaieté qui
lui étaient si familiers, avait appelée _la bière des vivants_. Une
femme était sur cette charrette, qui approcha lentement de l'endroit où
je m'étais arrêté. Sa figure, son attitude, ses gestes exprimaient le
désespoir arrivé au plus haut paroxysme. Alternativement d'un rouge
foncé et d'une pâleur effrayante, se débattant au milieu de l'exécuteur
et de ses deux aides, qui avaient peine à la maintenir sur son banc, et
poussant de ces cris affreux que je disais tout à l'heure, elle
invoquait tour à tour leur pitié et celle des assistants. C'était madame
du Barry que l'on conduisait au supplice. Revenue de Londres cinq ou
six jours auparavant pour retirer de son château de Louveciennes des
bijoux de prix qu'elle y avait cachés en partant pour l'émigration, elle
avait été dénoncée le soir même de son arrivée, par son nègre favori,
Zamor, gardien du château en son absence, et traduite au tribunal
révolutionnaire[167]. Agée alors de quarante-deux à quarante-trois ans
seulement, sa figure, malgré la terreur profonde qui en altérait les
traits, était encore remarquablement belle[168]. Entièrement vêtue de
blanc, comme Marie-Antoinette qui l'avait quelques semaines auparavant
précédée sur la même route, ses cheveux du plus beau noir formaient un
contraste pareil à celui que présente le drap funéraire jeté sur un
cercueil. Coupés sur la nuque, ainsi que cela se pratique en pareil cas,
ceux de devant étaient ramenés à chaque instant sur le front par ses
mouvements désordonnés, et lui cachaient une partie du visage. «Au nom
du ciel, mes amis, s'écriait-elle au milieu des sanglots et des larmes,
au nom du ciel, sauvez-moi, je n'ai jamais fait de mal à personne;
sauvez-moi.»
La frayeur délirante de cette malheureuse femme produisait une telle
impression parmi le peuple, qu'aucun de ceux qui étaient venus là pour
insulter à ses derniers moments ne se sentit le courage de lui adresser
une parole d'injure. Autour d'elle tout semblait stupéfié, et l'on
n'entendait d'autres cris que les siens; mais ces cris étaient si
perçants qu'ils auraient, je n'en doute pas; dominé ceux de la
multitude, si elle en eût proféré. J'ai dit tout à l'heure, je crois,
que personne ne s'était senti le courage de l'injurier. Si fait. Un
homme, un seul, vêtu avec une certaine recherche, éleva la voix au
moment où la charrette passant vis-a-vis de moi, la patiente, toujours
s'adressant au peuple, s'écriait: «La vie! la vie! qu'on me laisse la
vie, et je donne tous mes biens à la nation.»--«Tu ne donnes à la nation
que ce qui lui appartient, dit cet homme, puisque le tribunal vient de
les confisquer, tes biens.» Un charbonnier, qui était placé devant lui,
se retourne et lui donne un soufflet. J'en éprouvai un sentiment de
plaisir.
On sait que pendant toute la route elle continua à pousser les mêmes
cris, et à s'agiter dans des convulsions frénétiques pour fuir la mort
qui déjà l'avait saisie; aussi, on sait qu'arrivée à l'échafaud il
fallut user de violence pour l'attacher à la fatale planche, et que ses
derniers mots furent ceux-ci: «Grâce! grâce! monsieur le bourreau!
Encore une minute, monsieur le bourreau! encore... et tout fut dit.»
Jamais la terreur ne fut portée à une si haute expression, et madame du
Barry est la seule femme qui ait offert un spectacle aussi déchirant.
Toutes les autres femmes victimes de nos discordes civiles ont montré a
ce moment suprême autant de calme que de courage, et plus d'une a
raffermi le courage de ses compagnons d'infortune.
Nº 5.--_Bibliothèque de madame du Barry_.
La bibliothèque de la ville de Versailles renferme cent quarante-deux
ouvrages ayant appartenu à madame du Barry, et formant trois cent
quatre-vingts volumes. Presque tous ces volumes sont reliés en maroquin
rouge, dorés sur tranches et portent sur le plat des deux côtés les
armes de la comtesse avec la fameuse devise _Boutez en avant_, qui donna
lieu dans le temps à tant de commentaires ironiques. La date de leur
impression ne dépasse pas l'année 1774. Plusieurs sont reliés en
maroquin vert et portent les mêmes ornements que les rouges. Ils
paraissent provenir de cadeaux. Il est bien probable que ces livres
faisaient partie de la bibliothèque des appartements de madame du Barry
au château de Versailles, où ils sont sans doute restés jusqu'à la
révolution. D'autres volumes, beaucoup moins bien reliés que les
précédents et portant les armes de la comtesse sur le dos, font aussi
partie de cette collection; mais la date de leur impression est
postérieure à l'année 1774, et ils proviennent de son habitation de
Louveciennes.
Beaucoup de ces ouvrages sont des oeuvres littéraires; mais en
parcourant leurs titres et en y retrouvant la plupart des productions
futiles et licencieuses d'une partie de la littérature du dix-huitième
siècle, on pourra juger, sans en être surpris, du goût qui a présidé à
la composition de cette bibliothèque.
Presque tous les exemplaires venant de la bibliothèque de madame du
Barry, outre leurs jolies reliures, sont surtout remarquables par la
beauté de l'exécution typographique. On peut citer sous ce rapport les
_Baisers_, de Dorat, charmant exemplaire orné de figures exécutées par
Eisen, d'un fini extrême, mais d'une très-grande indécence. Au reste,
plusieurs des ouvrages de cette collection, et particulièrement les
romans de Crébillon fils, sont accompagnés de gravures fort
licencieuses.
Parmi les divers ouvrages dont nous donnons la liste, on en doit
particulièrement signaler quatre comme se rapportant à la personne même
de madame du Barry, par les dédicaces adulatrices qui lui sont
adressées.
Le premier porte pour titre: _le Royalisme, ou Mémoires de du Barry de
Saint-Aunet et de Constance de Cézelli, sa femme. Anecdotes héroïques
sous Henri IV_, par M. de Limairac.--La plupart des exemplaires de cet
ouvrage ne portent aucun nom d'auteur. Dans celui-ci, le nom de l'auteur
se trouve non seulement à la suite du titre, mais encore au bas de
l'épître dédicatoire. Cet exemplaire a certainement été offert par
l'auteur à la comtesse; le choix de l'exemplaire et sa magnifique
reliure en maroquin rouge, toute couverte de dorures, en sont la preuve.
Au-dessus de l'épître dédicatoire sont gravées les armes de madame du
Barry, et de chaque côté deux levrettes enchaînées. Voici cette épître:
_A madame la comtesse du Barry._
Madame,
Daignez accueillir avec bonté un hommage public de sentiment et de
reconnaissance. Le zèle seul m'a dicté ce petit ouvrage; seul il ose
vous l'offrir. Je sens qu'il est capable d'égarer dans une carrière qui
demande des talents, mais j'espère, madame, que vos suffrages
suppléeront à la médiocrité des miens. Les traits que je développe dans
cet essai le rendent digne de paraître sous vos auspices. Ils sont tous
puisés _dans votre maison_; ils retracent la fidélité la plus héroïque
de deux sujets pour le roi. Trop heureux si vous voulez bien me
pardonner une entreprise au-dessus de mes forces, en faveur du motif qui
me l'a inspirée.
Je suis avec un profond respect, madame, votre très-humble et
très-obéissant serviteur.
DE LIMAIRAC.
Le second est un _Almanach de Flore_, pour 1774. C'est un recueil de
quarante-huit fleurs gravées et coloriées. Au-dessous de chaque fleur se
trouve une devise et derrière un horoscope. Ces devises et ces
horoscopes sont divisés en séries de numéros, applicables à une
demoiselle, à un garçon, à une femme mariée, à un homme marié, à une
veuve et à un veuf. L'auteur était un capitaine d'infanterie nommé
Douin, né à Versailles.
La beauté des dorures de ce petit volume, relié en maroquin rouge, fait
présumer que c'est encore un cadeau offert à madame du Barry. Après le
titre sont placées deux gravures en rouge. L'une représente un tournesol
regardant le soleil avec cette devise.
L'astre est constant,
La fleur fidèle;
allégorie se rapportant aux amours du roi et de la comtesse. L'autre
offre le portrait de madame du Barry. Au-dessous sont deux flèches
croisées avec un coeur et les vers suivants:
_A la plus belle_.
Je dormais; le Maître des dieux
Me dit: «Je sais ce que tu veux;
Choisis ou déesse, ou mortelle,
Pour lui consacrer tes couplets.»
Quoi, lui dis-je, une bagatelle!
«Ne crains rien: je te le permets.»
Je choisirai donc la plus belle.
Le troisième ouvrage est intitulé _Contes moraux et nouvelles idylles de
D... et Salomon Gessner_.--Les contes sont de Diderot, et la traduction
des idylles de Gessner est de Meister, qui fut secrétaire de Grimm.
Le traducteur dont le nom ne parut pas sur cette édition ne voulut
cependant pas le laisser ignorer de madame du Barry, et dans
l'exemplaire qu'il lui adressa, il ajouta une épître dédicatoire signée
de lui. Cette épître, écrite par un habile calligraphe, est ainsi
conçue:
De la beauté, les talents et les arts
Chérissent tous l'aimable empire.
Que l'églogue au naïf sourire
Arrête un instant vos regards!
Comme vous, belle sans parure,
Elle doit tout aux mains de la nature.
Comme vous elle a quelquefois,
Sous l'air d'une simple bergère,
Charmé les héros et les rois,
Même les dieux. Apollon, pour lui plaire,
Vint oublier l'Olympe à l'ombre de ces bois.
Quel dieu pour vous ne l'oublierait de même,
Si de l'amour la puissance suprême
Vous permettait encore un choix?
Je suis avec le plus profond respect, madame, votre très-humble et
très-obéissant serviteur.
MEISTER.
Enfin le quatrième est un recueil contenant deux opéras comiques: _les
Étrennes de l'Amour_ et _le Nouveau Marié_, dont les paroles sont de
Cailhava. En envoyant cet exemplaire à madame du Barry, l'auteur écrivit
sur la première page les vers suivants:
_A madame la comtesse du Barry._
Transporté par un songe au haut de l'Empyrée,
J'ai cru voir cette nuit la belle Cythérée,
L'aimable Hébé, le dieu qù'invoquent les amants.
La tendre Volupté, les Grâces, les Talents,
Qui d'un air satisfait parcouraient mon ouvrage.
Un sourire flatteur m'annonçait leur suffrage.
J'ai redouté leur fuite à l'instant du réveil;
Mais je les vois encor, ce n'est pas un mensonge:
Un seul de vos regards réalise mon songe,
Et j'étais moins heureux dans les bras du sommeil.
Voici maintenant la liste générale des ouvrages ayant appartenu à madame
du Barry, et possédés aujourd'hui par la bibliothèque de la ville de
Versailles:
_Grammaire générale et raisonnée_, par Cl. Lancelot et Ant. Arnaud, avec
des notes par Duclos. Paris, Prault, 1754, 1 vol. in-12.
_Abrégé du Dictionnaire universel français et latin, vulgairement appelé
Dictionnaire de Trévoux_, par Berthelin. Paris, les libraires associés,
1762, 3 vol. in-4º.
_Les OEuvres de Clément Marot_, de Cahors, valet de chambre du roi,
revues et augmentées de nouveau. La Haye, Moetgens, 1714, 2 vol. in-12.
_Les OEuvres de François Villon_, avec les notes de Clément Marot et les
poésies de Jean Marot et de Michel Marot. Paris, Constelier, 1723, 2
vol. petit in-8º.
_Les Métamorphoses d'Ovide_, traduites en français, avec des remarques
et des observations historiques, par l'abbé Banier, nouvelle édition, 2
tomes en 1 volume. Paris, Nyon, 1738, in-4º, avec figures, par Humblot.
_Satires et autres OEuvres de Regnier_, accompagnées de remarques
historiques de Cl. Brossette. Nouvelle édition considérablement
augmentée, par Lenglet du Fresnoy. Londres, Tonson, 1733, grand in-4º,
belle édition dont les pages sont entourées de cadres rouges.
_L'Arcadie de Sannazar_, traduite de l'italien, par Pecquet. Paris,
Nyon, 1737, 1 vol. in-12.
_Recueil de traductions_ en vers français, contenant le poëme de
Pétrone, deux épîtres d'Ovide et le _Pervigilium Veneris_, avec des
remarques par le président Bouhier. Paris, compagnie des libraires,
1738, 1 vol. in-12.
_Les Poésies du roi de Navarre_, avec des notes et un glossaire
français, précédées de l'histoire des révolutions de la langue française
depuis Charlemagne jusqu'à saint Louis, d'un discours sur l'ancienneté
des chansons françaises et de quelques autres pièces, par Levesque de la
Revallière. Paris, Guérin, 1742, 2 vol. in-12.
_OEuvres de madame et de mademoiselle Deshoulières_, nouvelle édition.
Paris, les libraires associés, 1754, 2 vol. in-12.
_La Colombiade, ou la Foi portée au nouveau monde_, poëme, par madame
Dubocage. Paris, Desaint, 1756, 1 vol. in-8º orné de jolies vignettes.
_L'Art d'aimer et le remède d'amour_, traduction d'Ovide, par l'abbé de
Marolles. Amsterdam, 1757, 1 vol. in-12 avec des figures, par Vanloo et
Eisen.
_OEuvres de l'abbé de Chaulieu_, nouvelle édition, par de Saint-Marc.
Paris, David, 1757, 2 vol. in-12.
_Le Conte du Tonneau_, par le fameux docteur Swift, traduit de
l'anglais. La Haye, H. Scheurleer, 1757, suivi du _Traité des
dissensions entre les nobles et le peuple dans les républiques d'Athènes
et de Rome_, etc. _L'Art de ramper en poésie et l'Art du mensonge
politique_, par le même, 3 vol. in-12.
_OEuvres de M. le marquis de Ximenez, ancien mestre de camp de
cavalerie_, nouvelle édition. Paris, 1772.--Ce volume contient encore:
_Amalazonte_, tragédie du même auteur. Paris, Jarry, 1758, 1 vol. in-8º,
relié en maroquin vert avec de nombreuses dorures; c'est probablement un
cadeau.
_L'Univers perdu et reconquis par l'Amour_, suivi d'_Iphis et Amarante,
ou l'Amour vengé_, par de Carné. Amsterdam, 1758, 1 vol. in-8º.
_Poésies de Haller_, traduites de l'allemand, par Tscharner, édition
retouchée et augmentée. Berne, soc. typog., 1760, 2 vol. in-12.
_Poésie du philosophe de Sans-Souci_, nouvelle édition. Sans-Souci,
1760, 2.vol. in-12.
_Le Trésor du Parnasse, ou le plus joli des recueils_, par Couret de
Villeneuve et Berenger. Londres, 1762, 6 vol. in-12.
_La Farce de maistre Pierre Pathelin, avec son Testament à quatre
personnages_. Paris, Durand, 1762, 1 vol. petit in-8º.
_OEuvres diverses de Desmahis_. Genève, 1763, 1 vol. in-12.
_Le Hasard du coin du feu_, dialogue moral par Crébillon fils. La Haye,
1763, 1 vol. in-12.
_L'Iliade d'Homère_, traduite en vers, avec des remarques, par de
Rochefort. Paris, Saillant, 1766, 2 vol. in-8º.
_La Pharsale de Lucain_, traduite en français par Marmontel. Paris,
Merlin, 1766, 2 vol. in-8º, avec des figures, par Gravelot.
_Roman comique_, par Scarron, nouvelle édition. Amsterdam, comp. des
libraires, 1766, 3 vol. in-12.
_Traité de la prosodie française_, par l'abbé d'Olivet. Paris, Barbou,
1767.--Dans le même volume se trouve: _Remarques sur Racine_, par l'abbé
d'Olivet. Paris, Barbou, 1766, 1 vol. in-8º.
_OEuvres complètes de M. le c. de B..._ (le cardinal de Bernis),
dernière édition. Londres, 1767, deux tomes dans 1 volume in-12.
_OEuvres de S. Gessner_, traduites de l'allemand, par Huber. Zurich,
Orel, 1768, 2 vol. in-12.
_Essais de Montaigne_, avec les notes de Coste, nouvelle édition.
Londres, Nourse, 1769, 10 vol. in-12.
_Le Messie_, poëme en dix chants, traduit de l'allemand, de Klopstock,
par d'Antelmy, Junker et autres. Paris, Vincent, 1769, 2 vol. in-12.
_Narcisse dans l'île de Vénus_, poëme en quatre chants, par Malfilâtre.
Paris, Lejay, 1769, 1 vol. in-8º orné d'un frontispice par Eisen, et de
figures par Saint-Aubin.
_La Peinture_, poëme en trois chants, par Lemierre. Paris, Jay, 1769, 1
vol. in-4º.--Au frontispice est un portrait du grand Corneille. Les
figures sont de Cochin.
_Les Nuits d'Young_, suivies des oeuvres diverses du même auteur,
traduites de l'anglais par Letourneur, deuxième édition. Paris, Lejay,
1769, 4 vol. in-8º avec figures par Eisen.
_Les Grâces_, précédées d'une dissertation par l'abbé Massieu, et
suivies d'un discours par le P. André; recueil publié par de Querlon.
Paris, Prault, 1769, 1 vol. in-8º avec figures, de Boucher et de Moreau
jeune.
_Les Quatre parties du jour_, poëme traduit de l'allemand de Zacharie,
par Millier. Paris, Musier, 1769, 1 vol. in-8º avec de charmantes
figures par Eisen.
_Les Éléments_, poëme par Delavergue. La Haye, Gosse, 1770, 1 vol.
in-8º.
_La Récréation des honnêtes gens, ou Opuscules en vers_, par M. de la
M... Amsterdam et Paris, Fétil, 1770, 1 vol. in-8º, relié en maroquin
vert.
_Les Baisers_, précédés du _Mois de mai_, poëme par Dorat. La Haye et
Paris, Lambert, 1770, 1 vol. in-8º.
_Jérusalem délivrée_, poëme héroïque du Tasse, traduit en français par
Mirabaud. Paris, Barrais, 1771, 2 vol. in-12.
_Le Bonheur_, poëme en six chants avec des fragments de quelques
épîtres, ouvrages posthumes d'Helvétius. Londres, 1772; précédé d'une
_Vie d'Helvétius_, par Saint-Lambert, 1 vol. in-8º, relié en maroquin
vert. Les armes de la comtesse sont sur le plat avec la devise _Boutez
en avant_ au-dessus.
_Contes moraux et Nouvelles idylles_ de D... (Diderot) et Salomon
Gessner, traduites par Meister. Zurich, 1773, 1 vol. in-4º.
_Almanach des trois règnes_, en huit parties: première partie, _Almanach
de Flore_, 1774, gravé et orné de plus de cinquante planches en
taille-douce, dessinées et coloriées d'après nature avec le plus grand
soin, contenant quarante-huit devises et autant d'horoscopes pour tous
les états et tous les âges. Les paroles sont de Douin, capitaine
d'infanterie; les fleurs dessinées et gravées par Chevalier, lieutenant
d'infanterie, le texte gravé par Drouet, ancien soldat d'infanterie.
Versailles, Blaizot, 1774, 1 vol. in-24.
_Les Comédies de M. Marivaux_, jouées sur le théâtre de l'hôtel de
Bourgogne par les comédiens ordinaires du roi. Paris, Briasson, 1732, 2
vol. in-12.
_Recherches, sur les théâtres de France depuis l'année_ 1161 _jusqu'à
présent_, par de Beauchamps. Paris, Prault, 1735, 3 vol. in-8º.
_Réflexions historiques et critiques sur les différents théâtres de
l'Europe, avec les pensées sur la déclamation_, par Louis Riccoboni.
Paris, Guérin, 1738, 1 vol. in-8º.
_Tragédies-opéras_ de l'abbé Metastasio, traduites en français par M.
C.-P. Richelet. Vienne, 1751, 12 vol. in-12.
_OEuvres de théâtre_ de MM. Brueys et Palaprat. Paris, Briasson, 1755, 5
vol. in-12.
_Choix de petites pièces du théâtre anglais_ par Dodsley et Gay,
traduites des originaux par Patu. Paris, Prault, 1756, 2 vol. in-12.
_OEuvres dramatiques_ de Néricault-Destouches, nouvelle édition. Paris,
Prault, 1758, 10 vol. in-12.
_OEuvres_ d'Alexis Piron, avec figures en taille douce d'après les
dessins de Cochin. Paris, Duchesne, 1758, 3 vol. in-12.
_Le Théâtre_ de Baron. Paris, les libraires associés, 1759, 3 vol.
in-12.
_Les OEuvres de théâtre_ de Dancourt, nouvelle édition. Paris, les
libraires associés, 1760, 12 vol. in-12.
_Le Prix de la beauté, ou les Couronnes_, pastorale en trois actes et un
prologue, avec des divertissements sur des airs choisis et nouveaux, par
Goudot. Paris, Delormel, 1760, vol. in-4º.
_OEuvres_ de M. Nivelle de la Chaussée, nouvelle édition, publiée par
Sablier. Paris, Prault, 1762, 2 vol. 12.
Recueil contenant: 1º _les Étrennes de l'Amour_, comédie-ballet en un
acte; 2º _le Nouveau Marié_, opéra-comique en un acte par Cailhava.
Paris, Lejay et Duchesne, 1769-1770, 1 vol. in-8º.
_Fables allemandes et contes français en vers_, avec un _Essai sur la
Fable_, par du Coudray. Paris, Jarry, 1770, 1 vol. in-8º.
_Les Chefs-d'oeuvre_ de Pierre et de Thomas Corneille, nouvelle édition,
avec _les Commentaires_ de Voltaire. Paris, libraires associés, 1771, 3
vol. in-12.
_Théâtre des Grecs_ par le P. Brumoy, nouvelle édition enrichie de
très-belles gravures et augmentée de la traduction entière des pièces
grecques dont il n'existe que des extraits dans toutes les éditions
précédentes, et de comparaisons, d'observations et de remarques
nouvelles, par MM. de Rochefort et Dutheil. Paris, Cussac, 1785, 13 vol.
in-4º, reliés en maroquin rouge, avec armes sur le dos.
_Les Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse_, par François de Salignac de
la Motte-Fénelon, nouvelle édition. Paris, Estienne, 1730, deux tomes en
1 volume in-4º, édition médiocre, ornée de figures par Coypel, Souville,
Cazes et Humblot.
_Le Marquis de Chavigny_, par Boursault. Paris, Nyon, 1739, 1 vol.
in-12.
_Le Prince de Condé_, par Boursault. Paris, Nyon, 1739. Dans le même
volume: _Ne pas croire ce qu'on voit_, histoire espagnole par Boursault.
Paris, Lebreton, 1739, 1 vol. in-12.
_OEuvres de Maître François Rabelais_, avec des remarques historiques et
critiques de le Duchat, nouvelle édition ornée de figures, par Picart.
Amsterdam, J. Bernard, 1741, 3 vol. in-4º.
_Tanzaï et Néadarné_, histoire japonaise, par Crébillon fils, Pékin,
1743, 2 vol. in-18, avec figures licencieuses.
_Amours de Théagène et de Chariclée_, histoire éthiopique. Londres, 2
vol. petit in-8º, avec figures, dont quelques-unes sont assez
licencieuses.
_Les Malheurs de l'Amour_, par la marquise de Tencin et Pont-de-Vesle.
Amsterdam et Paris, Prault, 1746, deux parties en 1 vol. in-12.
_Lettres de la marquise de M*** au comte de R***_, par Crébillon fils.
La Haye, Scheurser, 1746, 1 vol. in-12.
_Histoire amoureuse des Gaules_, par le comte de Bussi-Rabutin, 1754, 5
vol. in-12.
_Mémoires et OEuvres de madame Staal_. Londres, 1755, 4 vol. in-12.
_Histoire d'Emilie Montayne_, par l'auteur de _Julie Mondeville
(Mistriss Brooke)_, traduite de l'anglais, par Robinet, 4 tomes en 2
vol. in-12.
_Mémoires et Aventures d'un homme de qualité qui s'est retiré du monde_,
par l'abbé Prévost. Amsterdam, Arkstée, 1759, 3 vol. in-12.
_Mémoires du comte de Grammont_, par le comte A. Hamilton, 1760, 2 vol.
in-12.
_Les Amours d'Ismène et d'Isménius_, par M. de Beauchamps. La Haye,
1743.--Dans le même volume se trouve: _Acajou et Zirphile_, conte, par
Duclos, Minutie, 1761, 1 vol. in-12, avec figures.
_Amélie_, roman de Fiedling, traduit de l'anglais, par madame Riccoboni.
Paris, Brocas, 1762, 3 vol. in-12.
_Lettres de milady Julliette Catesby à milady Henriette Campley, son
amie_, par madame Riccoboni. Amsterdam, 1762, 1 vol. in-12.
_Histoire de miss Jenny_, écrite et envoyée par elle à milady comtesse
de Roscomond, par madame Riccoboni. Paris, Brocas, 1764, 2 vol. in-12.
_La Nouvelle Héloïse, ou Lettres de deux amants habitants d'une petite
ville au pied des Alpes_, recueillies et publiées par Jean-Jacques
Rousseau, nouvelle édition. Neufchâtel et Paris, Duchesne, 1764, 4 vol.
in-12 avec figures, par Gravelot.
_Contes moraux_, par Marmontel. Paris, Merlin, 1765, 3 vol. in-12, avec
le portrait de l'auteur, par Cochin, et ornés de figures par Gravelot.
_Histoire de M. le marquis de Cressy_, par madame Riccoboni. Paris,
Humblot, 1766, 1 vol. 12.
_Contes de Guillaume Vadé_, 1768, 1 vol. in-8º.
_Histoire d'Hippolyte, comte de Douglas_, par madame d'Aulnoy.
Amsterdam, Lhonoré, 1769, deux tomes en 1 vol. in-12.
_Télèphe_, en douze livres. Londres et Paris, Pissot, 1784, par
Pechméja, 1 vol. in-8º relié en maroquin rouge, les armes sur le dos.
_Voltariana, ou Éloges amphigouriques_ de F.-M. Arouet, sieur de
Voltaire, discutés et décidés pour sa réception à l'Académie française,
par Travenol et Mannory. Paris, 1748, 1 vol. in-8º.
_Lettres de Rousseau, sur différents sujets de littérature._ Genève,
Barillot, 1750, 5 vol. in-12.
_Essai historique et philosophique sur le goût_, par Cartaud de la
Vilale. Londres, 1751, 1 vol. in-12.
_Considérations sur les ouvrages d'esprit_, par Chicaneau de Neuville.
Amsterdam, 1758, 1 vol. in-12.
_Le Chef-d'oeuvre d'un inconnu_, poëme heureusement découvert et mis au
jour, avec des remarques savantes et recherchées, par le docteur
Chrysostome Matanasius, par Saint-Hyacinthe, aidé de S'gravesande,
Sallengre, Prosper Marchand et autres. On trouve de plus une
Dissertation sur Homère et sur Chapelain, par Van Effen; deux Lettres
sur des Antiques; la préface de Cervantes, sur l'histoire de don
Quichotte de la Manche; la déification d'Aristarchus Masso, et plusieurs
autres choses non moins agréables qu'instructives, neuvième édition.
Lausanne, Bousquet, 1758, 2 vol. in-12.
_Pensées de Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets._
Paris, Desprez, 1761, 1 vol. in-12.
_Recueil de Lettres_ de madame la marquise de Sévigné à madame la
comtesse de Grignan, sa fille. Paris, Compagnie des libraires, 1763, 8
vol. in-12.