_Comètes_.-L'apparition de la grande comète a été l'événement
astronomique le plus important du dernier trimestre. Nous avons déjà
parlé de cet astre, et nous en avons donné la figure (p. 64). Il nous
suffira donc d'ajouter que la détermination de l'orbite de cet astre a
fait reconnaître diverses particularités très-curieuses qui le placent
au nombre des plus remarquables que l'on ait jamais observés. Ainsi,
d'abord, notre comète s'est plus approcher du soleil qu'aucune autre,
même que celle de 1680. Lorsqu'elle était à son _périhélie_,
c'est-à-dire à sa moindre distance au soleil, elle se mouvait avec une
vitesse égale à huit cent trente-deux fois celle d'un boulet au sortir
du canon. Elle est venue s'interposer, le 27 février, entre le soleil et
la terre, et elle avait passé derrière le soleil le même jour. La
longueur de sa queue était d'environ 236 millions de kilomètres, et si
cette queue avait été seulement deux fois plus large, elle aurait
infailliblement rencontré notre globe.--La comète a été visible en plein
midi, dans quelques villes d'Italie, au commencement de mars.--On a
quelque raison de croire qu'elle a déjà été vue antérieurement, mais il
n'y a rien de certain à ce sujet.
M. Laugier a communiqué les éphémérides de la comète qu'il a découverte
à Paris le 28 octobre 1842. Cette comète qui, vers la fin du mois de
novembre, a quitté la région du ciel visible à Paris, y est revenue dans
la première semaine de février; mais les circonstances ont été trop
défavorables pour qu'elle ait pu être aperçue.
_Mouvement du soleil dans l'espace._--Une des questions les plus propres
à captiver l'attention des savants et des gens du monde eux-mêmes, est
celle de la position relative de notre système planétaire dans l'espace,
et du mouvement propre dont il est doué. Ce mouvement, à raison du
prodigieux éloignement des étoiles ne devient sensible qu'au bout d'un
grand nombre d'années; mais il ne peut plus être mis en doute
aujourd'hui. Mettant à profit les données que les observations ont
accumulées. M. Bravais, professeur d'astronomie à la Faculté des
Sciences de Lyon, a soumis un calcul la recherche de la direction et de
la vitesse de ce mouvement dans l'espace. Ce calcul, un des plus
intéressants qui puissent se présenter dans la mécanique céleste, l'a
conduit à un résultat qui diffèrent très-peu de celui auquel M.
Argelander, habile astronome allemand, était arrivé par une méthode
entièrement différente. Et comme les hypothèses que l'un et l'autre
avaient été obligés de faire pour suppléer à l'insuffisance de certaines
données, pèchent en sens contraire, il est extrêmement probable que la
vérité doit être comprise entre ces deux résultats.
M. Bravais est déjà connu du monde savant par les résultats remarquables
auxquels il est parvenu sur le mode d'insertion des feuilles autour des
tiges; par la riche moisson d'observations astronomiques géologiques,
météorologiques et magnétiques qu'il a recueillies comme membre de la
commission du Nord; par ses recherches sur la géométrie pure et sur le
calcul des probabilités,--Le nouveau travail dont nous venons de donner
un aperçu justifie les paroles par lesquelles feu M. Savary
caractérisait M. Bravais dès 1838, lorsqu'il le désignait à l'Académie
«comme aussi capable de bien discuter ses observations mie de les bien
faire,» qualités dont la réunion a toujours été fort rare.
_L'Atlas des phénomènes célestes_ pour 1843, par M. Dien, mérite d'être
signalé aux amateurs d'astronomie, qui y trouveront la marche des
planètes au travers du ciel étoilé et tous les phénomènes célestes de
quelque importance.