CHEMINS DE FER.

[Illustration.]

Cette représentation de la médaille que M. le ministre des travaux

publics fit frapper à l'occasion de la loi du 11 juin 1842, ne paraîtra

pas sans doute déplacée en tête du récit des deux inaugurations des

chemins de fer d'Orléans et de Rouen: c'est l'avenir à côté du présent,

l'espoir près de la réalisation. On se rappelle toutes les vicissitudes

des différentes entreprises de chemins de fer, le sort des lois

présentées par le Gouvernement à l'approbation des Chambres.

L'administration se défiait de l'industrie, et l'industrie osait accuser

l'administration d'impuissance. Cependant toutes les compagnies avaient

recours au crédit de l'État, qui, à l'une faisait un prêt, à l'autre une

prise d'actions, à une troisième garantissait un minimum d'intérêt;

d'autres même, comme la compagnie des Plateaux, se retiraient sans même

avoir mis la main à l'oeuvre. Tel était le déplorable spectacle que

donnait au pays la lutte de l'industrie contre l'administration. Et

cependant de tous les côtés les chemins sillonnaient le sol de nos

voisins; le cercle fatal allait toujours se resserrant, et il y avait

danger commercial et danger politique à rester plus longtemps inactif.

L'exemple de l'action était donné par les localités, qui offraient

généreusement leurs terrains, qui ouvraient des souscriptions dont le

montant s'est élevé à un chiffre extraordinaire. L'État ne pouvait

rester en arrière de ce mouvement. Il adopta un _mezzo termine_ que nous

ne prétendons ni louer ni blâmer, mais qui appelait l'industrie privée à

prendre part aux bénéfices que ce nouvel état de choses allait créer.

Tel est le but de la loi du 11 juin 1842, dont nous avons exposé le

principe dans notre avant-dernier numéro.

C'est le commencement d'une grande oeuvre nationale; espérons que ce ne

sera pas un fruit avorté dans sa fleur, et que d'ici à peu d'années nous

aurons à faire assister nos lecteurs à de nouvelles inaugurations de

chemins créés par cette loi.

Inauguration du Chemin de Fer de Paris à Orléans.

L'Illustration, No. 0010, 6 Mai 1843 · 第 5 / 8 题