Il y était! Et maman savait que nous devions l’y rencontrer, et elle ne
m’en avait pas parlé!...
Aussi, j’ai passé une soirée délicieuse.
Tous les Chambert, excepté l’aide de camp, étaient présents, M. Raoul et
sa femme, _notre_ M. Chambert et le vieux père savant.
C’est un grand vieillard maigre, avec un profil découpé comme celui
d’une médaille; des cheveux blancs qui découvrent un front large,
lumineux; et des yeux tout à la fois vifs et profonds pareils à ceux de
M. Michel...
Ce bon vieux monsieur a été très aimable pour moi. Il avait salué maman
et causait avec elle. Tandis que j’embrassais Jeanne et Suzanne, que je
serrais la main de Thérèse, je l’entends dire à papa:
--Je serais très heureux de connaître mademoiselle votre fille, car je
la connais beaucoup de réputation.
Je pense tout de suite que M. Chambert lui a raconté la scène du cours
et je me sens devenir rouge.
Papa s’avance:
--Voici ma fille, commence-t-il.
Mais M. Chambert l’interrompt.
--Du tout, du tout... C’est moi qui désire être présenté à mademoiselle.
--Un bien grand honneur pour cette fillette, répond papa.
Et, se tournant vers moi:
--Paule, je te présente M. le docteur Chambert, qui, par ses découvertes
scientifiques...