J'ai reçu le 30 la lettre par laquelle vous m'annonciez que Châtillon
serait le lieu des conférences. J'ai écrit tout de suite à Paris pour
faire venir ma maison et tout ce qui m'était nécessaire. Tout est arrivé
le 5 à vos avant-postes. Quoique muni d'un passe-port visé par le
général Herzenberg, on les a renvoyés, et je suis ici comme un courrier,
avec ce que j'ai porté pendant mon long voyage. Mes courriers, détournés
de leur route, font soixante lieues au lieu de vingt, sont maltraités,
retardés trois à quatre heures à chaque poste de Cosaques; et tout cela
depuis quatre jours. Cette manière d'être est si éloignée des procédés
et du noble respect de votre armée pour le droit des gens; elle est
d'ailleurs si contraire aux principes connus du prince de
Schwartzenberg, que je m'adresse avec toute confiance à V. Exc. pour que
mes courriers puissent être expédiés plus directement et plus sûrement.
Qu'on leur bande les yeux, qu'on les accompagne, je l'ai toujours
proposé. Quant à mes gens, effets et chevaux, ils viendront quand on
voudra faire prévenir à nos avant-postes de la route de Nogent, qu'ils
peuvent passer.