Je vous ai expédié un courrier avec une lettre de S. M.[51] et le
nouveau plein-pouvoir[52] que vous avez demandé. Au moment où S. M. va
quitter cette ville, elle me charge de vous en expédier un second, et de
vous faire connaître en propres termes que S. M. vous donne carte
blanche pour conduire les négociations à une heureuse fin, sauver la
capitale, et éviter une bataille où sont les dernières espérances de la
nation. Les conférences doivent avoir commencé hier. S. M. n'a pas voulu
attendre que vous lui eussiez donné connaissance des premières
ouvertures, de crainte d'occasionner le moindre retard.
[Note 51: Celle du 4 février, ci-avant, nº 10.]
[Note 52: Ces pleins-pouvoirs étaient l'instrument de chancellerie ou
lettres de créance sur parchemin, nécessaires pour accréditer le
plénipotentiaire au congrès.]
Je suis donc chargé, M. le duc, de vous faire connaître que l'intention
de l'empereur est que vous vous regardiez comme investi de tous les
pouvoirs nécessaires dans ces circonstances importantes pour prendre le
parti le plus convenable, afin d'arrêter les progrès de l'ennemi et de
sauver la capitale.
S. M. désire que vous correspondiez le plus fréquemment possible avec
elle, afin qu'elle sache à quoi s'en tenir pour la direction de ses
opérations militaires.
J'ai l'honneur, etc.
_Signé_ le duc de BASSANO.
(Nº 13.) LETTRE DU DUC DE VICENCE
_A Napoléon._
Châtillon, le 6 février 1814.