La lettre que votre excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 10 du
mois dernier m'est parvenue.
L'empereur ne veut rien préjuger sur les motifs qui ont fait que son
adhésion pleine et entière aux bases que votre excellence a proposées
d'un commun accord avec les ministres de Russie et d'Angleterre, et de
l'aveu de la Prusse, ait eu besoin d'être communiquée aux alliés avant
l'ouverture du congrès. Il est difficile de penser que lord Aberdeen ait
eu des pouvoirs pour proposer des bases, sans en avoir pour négocier. S.
M. ne fait point aux alliés l'injure de croire qu'ils aient été
incertains et qu'ils délibèrent encore; ils savent trop bien que toute
offre conditionnelle devient un engagement absolu pour celui qui l'a
faite, dès que la condition qu'il y a mise est remplie. Dans tous les
cas, nous devions nous attendre à avoir, le 6 janvier, la réponse que
votre excellence nous annonçait le 10 décembre. Sa correspondance et les
déclarations réitérées des puissances alliées ne nous laissent point
prévoir de difficultés, et les rapports de M. de Talleyrand, à son
retour de Suisse, confirment que leurs intentions sont toujours les
mêmes.
D'où peuvent donc provenir les retards? S. M., n'ayant rien plus à coeur
que le prompt rétablissement de la paix générale, a pensé qu'elle ne
pouvait donner une plus forte preuve de la sincérité de ses sentiments à
cet égard, qu'en envoyant auprès des souverains alliés son ministre des
relations extérieures, muni de pleins pouvoirs. Je m'empresse donc,
prince, de vous prévenir que j'attendrai à nos avant-postes les
passe-ports nécessaires pour traverser ceux des armées alliées, et me
rendre auprès de votre excellence.
Agréez, etc.
_Signé_ CAULAINCOURT, duc de Vicence.
* * * * *
(Nº 10.) _Réponse du prince de Metternich_
_A M. le duc de Vicence_[24].
[Note 24: Extrait du Moniteur supprimé.]
Fribourg, en Brisgau, le 8 janvier 1814.