J'ai reçu aujourd'hui la lettre que votre excellence m'a fait l'honneur
de m'adresser de Lunéville le 6 de ce mois.
Le retard qu'éprouve la communication que le gouvernement français
attendait, en suite de mon office du 10 décembre, résulte de la marche
que devaient tenir entre elles les puissances alliées. Les explications
confidentielles avec M. le baron de Saint-Aignan ayant conduit à des
ouvertures officielles de la part de la France, LL. MM. II. et RR. ont
jugé que la réponse de votre excellence, du 2 décembre, était de nature
à devoir être portée à la connaissance de leurs alliés. Les suppositions
que votre excellence admet, que ce soit lord Aberdeen qui ait proposé
des bases, et qu'il ait été muni de pleins pouvoirs à cet effet, ne sont
nullement fondées.
La cour de Londres vient de faire partir pour le continent le secrétaire
d'état ayant le département des affaires étrangères. S. M. I. de toutes
les Russies se trouvant momentanément éloignée d'ici, et lord
Castlereagh étant attendu d'un moment à l'autre, l'empereur, mon auguste
maître, et S. M. le roi de Prusse me chargent de prévenir votre
excellence qu'elle recevra le plus tôt possible une réponse à sa
proposition de se rendre au quartier général des souverains alliés.
Je prie votre excellence, etc.
_Signé_ le prince DE METTERNICH.
Hier, 18 janvier, c'est-à-dire dix jours après la réponse de M. le
prince de Metternich, M. le duc de Vicence était encore aux
avant-postes.
* * * * *
(Nº 11.) _Lettre de M. de la Besnardière_
_A M. le duc de Vicence._
Paris, le 13 janvier 1814.