PRINCE,

J'ai mis sous les yeux de S. M. la lettre que votre excellence adressait

le 25 novembre à M. le duc de Bassano.

En admettant sans restriction, comme base de la paix, l'indépendance de

toutes les nations, tant sous le rapport territorial que sous le rapport

maritime, la France a admis en principe ce que les alliés paraissent

désirer. S. M. a, par cela même, admis toutes les conséquences de ce

principe, dont le résultat final doit être une paix fondée sur

l'équilibre de l'Europe, sur la reconnaissance de l'intégrité de toutes

les nations dans leurs limites naturelles, et sur la reconnaissance de

l'indépendance absolue de tous les états, tellement qu'aucun ne puisse

s'arroger, sur un autre quelconque, ni suzeraineté, ni suprématie, sous

quelque forme que ce soit, ni sur terré ni sur mer.

Toutefois, c'est avec une vive satisfaction que j'annonce à votre

excellence que je suis autorisé par l'empereur, mon auguste maître, à

déclarer que S. M. adhère aux _bases générales et sommaires_ qui ont été

communiquées par M. de Saint-Aignan. Elles entraîneront de grands

sacrifices de la part de la France; mais S. M. les fera sans regret, si,

par des sacrifices semblables, l'Angleterre donne les moyens d'arriver à

une paix générale et honorable pour tous, que votre excellence assure

être le voeu, non seulement des puissances du continent, mais aussi de

l'Angleterre.

Agréez, prince, etc.

_Signe_ CAULAINCOURT, duc de Vicence.

* * * * *

(Nº 7.) _Réponse de M. le prince de Metternich_

_A M. le duc de Vicence_[22].

[Note 22: Extrait du Moniteur supprimé.]

Manuscrit de mil huit cent quatorze, trouvé dans les voitures impériales prises à Waterloo, contenant l'histoire des six derniers mois du règne de Napoléon · 第 33 / 126 题