M. le baron de Saint-Aignan est arrivé hier lundi, et nous a rapporté,
d'après les communications qui lui ont été faites par votre excellence,
que l'Angleterre a adhéré à la proposition de l'ouverture d'un congrès
pour la paix générale, et que les puissances sont disposées à
neutraliser, sur la rive droite du Rhin, une ville pour la réunion des
plénipotentiaires. S. M. désire que cette ville soit celle de Manheim.
M. le duc de Vicence, qu'elle a désigné pour son plénipotentiaire, s'y
rendra aussitôt que votre excellence m'aura fait connaître le jour que
les puissances auront indiqué pour l'ouverture du congrès. Il nous
paraît convenable, monsieur, et d'ailleurs conforme à l'usage, qu'il n'y
ait aucune troupe à Manheim, et que le service soit fait par la
bourgeoisie, en même temps que la police y serait confiée à un bailli
nommé par le grand duc de Bade. Si l'on jugeait à propos qu'il y eût des
piquets de cavalerie, leur force devrait être égale de part et d'autre.
Quant aux communications du plénipotentiaire anglais avec son
gouvernement, elles pourraient avoir lieu par la France et par Calais.
Une paix sur la base de l'indépendance de toutes les nations, tant sous
le point de vue continental que sous le point de vue maritime, a été
l'objet constant des désirs et de la politique de l'empereur.
S. M. conçoit un heureux augure du rapport qu'a fait M. de Saint-Aignan
de ce qui a été dit par le ministre d'Angleterre.
J'ai l'honneur d'offrir à votre excellence l'assurance de ma haute
considération.
_Signé_ le duc de BASSANO.
* * * * *
(Nº 4.) _Réponse de M. le prince de Metternich_
_A M. le duc de Bassano_[19].
[Note 19: Extrait du Moniteur supprimé.]