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Le seul caractère de ce lyrisme dans toutes les nations, et surtout

dans les nations jeunes, que leur jeunesse même enivre de poésie, est

précisément ce délire, ce balbutiement confus des lèvres de cette

femme et des hymnes du berger de Judée. Ils répandent leur âme l'une

en larmes, l'autre en cantiques; on les croit dans l'ivresse, et ils

ne sont ivres que de leurs pensées, de leurs pleurs, de leur Dieu.

On sent tout de suite qu'à une pareille poésie il n'y a d'autres

règles que l'inspiration, le délire et le génie; le plus grand poëte

lyrique sera précisément celui qui sera possédé de plus d'ivresse. Si

cette ivresse est simulée et profane, il sera _Pindare_; si cette

ivresse est sincère et sacrée, il sera David.

Cours familier de Littérature - Volume 05 · 第 119 / 177 题