Pendant que cela se passait à Bethléem, à l'insu de Saül et de
l'armée, le roi est saisi d'un de ces accès de démence que la musique
seule, ce remède de l'âme, a le don de calmer. On cherche un musicien,
on n'en trouve pas dans le camp.
Quelqu'un dit: «J'ai entendu un petit berger des montagnes de
Bethléem, fils d'Isaï, qui joue merveilleusement de la harpe en
gardant ses brebis.»
On fait venir le jeune musicien.
Il endort en effet par les sons de sa harpe les convulsions du roi.
Saül s'attache à cet enfant, comme le malade à celui qui le soulage;
il le garde quelques jours au camp; puis l'enfant retourne à son
troupeau, vers Bethléem.